Éducation : "J'ai l'impression de vivre en territoire occupé"

Je reproduis sur mon blog, en partie, un article publié sur Le Point.fr dont le témoignage doit être lu. J'ai partagé de nombreux combats avec la collègue qui témoigne, Veronique Decker, mais je crois, plus encore, que cela laisse bien voir l'état dans lequel a été traité l'école ces dernières années. Les choix faits et à faire joueront le destin de notre école.

Je reproduis sur mon blog, en partie, un article publié sur Le Point.fr dont le témoignage doit être lu. J'ai partagé de nombreux combats avec la collègue qui témoigne, Veronique Decker, mais je crois, plus encore, que cela laisse bien voir l'état dans lequel a été traité l'école ces dernières années. Les choix faits et à faire joueront le destin de notre école.

Par Marie-Sandrine Sgherri

C'est un coup de téléphone arrivé un peu avant 18 heures à la rédaction du Point. Au bout du fil, d'une voix calme, une femme explique qu'elle occupe le bureau de la directrice de l'école Marie-Curie à Bobigny. Elle s'appelle Nathalie Le Balc'h et elle est déléguée des parents d'élèves de l'école où ses deux filles de 9 et 10 ans sont scolarisées. À Marie-Curie, la maîtresse d'un CM1-CM2 enceinte a été absente cinq semaines en raison de complications. Elle n'a pas été remplacée. Cinq semaines sans école pour les élèves. Puis elle est revenue. Depuis lundi, elle est de nouveau absente, jusqu'à son accouchement... en août.

Dans cette école de 13 classes, la directrice bénéficie d'une totale décharge de cours. Mais elle aussi va devoir s'absenter. Elle est atteinte d'un cancer et doit être opérée. Alors Nathalie Le Balc'h, de sa voix douce, nous explique qu'elle a l'intention de monter sur le toit de l'école, seule ou avec tous ceux qui voudront bien l'accompagner, et de n'en descendre que lorsqu'elle aura obtenu l'assurance qu'une solution sera trouvée.

5 classes sans maître jusqu'à la fin de l'année

La directrice de Marie-Curie s'appelle Véronique Decker. Nous lui avons parlé au téléphone. Voici son témoignage.

"Les parents d'élèves occupent mon bureau. Je ne peux plus y accéder. Mais ce n'est pas cela qui me gêne, ce sont les deux classes que j'ai sur les bras. Il y a encore deux semaines, je n'étais pas trop inquiète. Je comptais prendre le CM1-CM2. Et puis j'ai appris que j'étais malade. Ce n'est pas un rhume des foins. Voilà 30 ans que je travaille, et je n'ai pas pris trois mois de congé maladie en toutes ces années, mais là, je ne sais pas combien de temps cela peut durer. Cette école compte 13 classes, qui toutes se situent à l'étage. Il faut quelqu'un au rez-de-chaussée pour accueillir les parents et répondre à leur demandes administratives, trouver un traducteur pour les non-francophones, signer des certificats de scolarité... Cette école ne peut pas se passer de directrice.

Il n'y a plus de remplaçants. En ce moment, sur Bobigny...lire la suite.



Lire aussi le blog qu'elle tient avec Luc Cedelle journaliste éducation du Monde, Service Maximun.

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