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Billet de blog 21 mai 2015

La Macédoine sera-t-elle la nouvelle Ukraine? - par Giovanni Di Fronzo

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

21.05.15 - C'est l'alerte en Macédoine. Le pays, en effet, connaît des bouleversements qui semblent anticiper la catastrophe d'une soi-disant "révolution de couleur" semblable à celle qui a dévasté de nombreux pays dans l'aire ex-socialiste en Europe, dont la plus récente est l'Ukraine.

Contropiano.org

© 

par Giovanni Di Fronzo

Tout a commencé entre le 9 et le 10 mai, quand sont réapparus pour la première fois depuis 2001 lorsqu'on frôla la guerre civile, des groupes armés nationalistes albanais provenant du proche Kosovo, et vraisemblablement soutenus par l'UCK (soit le protagoniste armé de la séparation de la région de la Serbie, qui soutint aussi les tentatives de déstabilisation de la Macédoine en 2001 par la formation d'un groupe armé local). Les miliciens ont engagé dans la ville de Kumanovo d'intenses affrontements avec la police macédonienne qui a conduit à la mort de 22 personnes; à cet égard, il convient de rappeler que 25% des 2 millions d'habitants de ce petit pays des Balkans est représenté par des personnes d'ethnie albanaise et que l'intention de ces groupes armés est d'intégrer dans la "Grande Albanie" les zones à majorité albanaise, parmi lesquelles, justement, la ville de Kumanovo. 


Simultanément, a éclaté dans le pays un scandale majeur  en raison de la propagation, par le principal représentant de l'opposition Zoran Zaev (Parti social-démocrate, lié à l'Internationale socialiste), de nombreuses écoutes téléphoniques ayant comme protagonistes des responsables du gouvernement qui parlent tranquillement d'assassinats ensablés, de gestion corrompue des fonds publics et d'élections à "ajuster". 


L'opposition philo-européenne a exigé la démission du gouvernement, dirigé par Nikola Gruevski (Parti démocratique pour l'Unité Nationale Macédonienne, centre-droit) et le même Zaev le 18 mai a appelé, obtenant un grand retentissement, ses partisans à descendre dans les rues dans la capitale Skopje et à y rester jusqu'à ce que Gruevski n'aura pas renoncé. 


Évidemment, face à cet appel, l'esprit de beaucoup a fait immédiatement le rapprochement aux faits de la place Maïdan à Kiev à l'automne 2014; parmi eux, aussi le ministre des Affaires étrangères de la Russie Lavrov, lequel a parlé explicitement de protestations manoeuvrées depuis l'extérieur (donc par l'OTAN, par l'UE et les Etats-Unis) et a mis cela sur le compte de la politique "pas anti-russe" suivie par le gouvernement de Skopje, qui n'a pas adhéré aux sanctions contre Moscou après le coup d'Etat en Ukraine et a donné son consentement pour faire passer sur son propre territoire le pipeline Turkish Stream auquel Bruxelles et Washington s'opposent explicitement. Une infrastructure, cette dernière, voulue et conçue par le géant énergétique russe Gazprom


Le gouvernement macédonien, quant à lui, a réagi ces derniers jours en appelant dans la rue ses supporters qui ont répondu massivement par une manifestation encore plus suivie que celle mise en scène par le camp des oppositions.

 
La tension reste très élevée; la Macédoine a fait la demande d'adhésion à l'UE et à l'OTAN, mais pour l'instant son entrée dans ces deux organismes est gelé.
Pour l'instant, au moins formellement, l'UE met la pression sur tous les partis pour résoudre les problèmes par le dialogue, tandis que le Secrétaire Général de l'OTAN, M. Jens Stoltenberg a dit qu'il est "en train de suivre de près" tous les événements, ce qui est tout à fait inquiétant étant donné que l'Alliance Atlantique est un pacte militaire et ne devrait pas avoir des compétences de type politique.

 
Il faut dire que le pays est le théâtre d'une dispute décennale sur sa propre dénomination officielle avec la Grèce frontalière, laquelle  prétend que les territoires de l'actuelle République de Macédoine se situent sur une partie seulement d'une région géographique et historique plus large avec le même nom, comprise en majeure partie dans le territoire du pays hellénique; c'est la raison pour laquelle elle estime nécessaire que le petit pays des Balkans ne soit pas autorisé à s'appeler 'Macédoine'. En outre, la Bulgarie considère la Macédoine comme une partie de la nation bulgare et le macédonien comme un dialecte de sa propre langue; et, par conséquent elle accorde son propre passeport à tous les Macédoniens qui en font la demande.

 
On a cité ces deux données puisqu'il est difficile de voir comment les puissances impérialistes pourraient avoir intérêt à laisser se déclencher une crise aux frontières de la Grèce (impliquée dans la célèbre "négociation" avec l'UE) et de la Hongrie (gouvernée par un parti d'extrême-droite qui n'a pas rejoint la croisade contre la Russie), tout en plantant dans ces deux pays une graine potentielle qui pourrait les impliquer, même en agitant de manière instrumentale les deux raisons que nous avons mentionnées. 


Pour l'instant nous en sommes au stade des hypothèses et il n'y a pas d'éléments suffisants pour dire qu'effectivement nous sommes en présence d'un scénario similaire à celui de l'Ukraine. Mais les conditions afin que la crise puisse évoluer en une dangereuse dramatisation sont toutes présentes (un enchevêtrement de tensions ethniques et de conflits internationaux, la présence de groupes armés, de gros intérêts géo-politiques) et il est nécessaire de garder un oeil à la situation afin d'éviter les erreurs l'évaluation, comme cela est arrivé l'an dernier à quelques secteurs du mouvement et de la gauche avec les faits de la place Maïdan.

http://contropiano.org/internazionale/item/30883-macedonia-sara-la-nuova-ucraina

Pour Thierry Meyssan il ne fait pas de doute que les Etats Unis seraient impliqués dans une tentative de destabilisation de la Macédoine. Il étaye son hypohtèse en écrivant par exemple que le coordinateur de la manifestation du 17 mai à Skopjie, serait un ancien employé de George Soros - et on a vu dans l'article de Di Fronzo ci-dessus, qu'une manifestation a effectivement eu lieu mais le jour suivant, le 18 mai, organisée par l'opposition suite à l'appel du socio-démocrate Zoran Zaev. Meyssan ne dit pas ce qui lui permet de voir un rapport entre l'ex employé de Soros et le chef de l'opposition qui a effectivement appelé à manifester contre le parti gouvernemental. Etait-ce pour autant une manifestation téléguidée depuis l'extérieur ? Ce qui est certain c'est que le parti au gouvernement a appelé à son tour la population, descendue en grand nombre... La situation est donc assez confuse et tendue, mais étant donné que l'intrusion en territoire macédonien de la part de ces milices de l'UCK kosovars a été neutralisée par des moyens si imposants, bouclage du quartier assiégé et évacuation de la population, auxquels a suivi d'après les dégâts sur les maisons un vrai combat de guerrilla urbaine, il faudra prendre en considération toutes les hypothèses, et notamment celle consistant à penser que ces milices seraient parties en Macédoine pour se dissimuler dans une foule et agir par un coup de force. Le rapprochement avec les enjeux énergétiques ne semble donc pas campée en l'air. L'OTAN a une des bases militaires les plus importantes justement au Kosovo. Ci-dessous donc, la version de Thierry Meyssan.

Échec du coup d’État US en Macédoine

par Thierry Meyssan

13.05.15 - La Macédoine vient de placer hors d’état de nuire un groupe armé dont elle surveillait les commanditaires depuis au moins huit mois. Elle a prévenu ainsi une nouvelle tentative de coup d’État, planifiée par Washington pour le 17 mai. Il s’agissait d’élargir à la Macédoine le chaos déjà installé en Ukraine de manière à prévenir le passage d’un gazoduc russe vers l’Union européenne.

RÉSEAU VOLTAIRE

Le Premier ministre macédonien, Nikola Gruevski, annonce la fin de l’assaut contre les terroristes.

L’affaire de Kumanavo

La police macédonienne a lancé, le 9 mai 2015, à l’aube, une opération pour arrêter un groupe armé qui s’était infiltré dans le pays et qu’elle soupçonnait de préparer divers attentats.

La police avait évacué la population civile avant de donner l’assaut.

© МАКЕДОНСКА ПОЛИЦИЈА

https://www.youtube.com/watch?v=6ytyEgZoxSE

Les suspects ayant ouvert le feu, il s’ensuivit une dure bataille qui fit 14 morts du côté des terroristes et 8 du côté des forces de l’ordre. 30 personnes ont été faites prisonnières. On dénombre quantité de blessés.

© МАКЕДОНСКА ПОЛИЦИЈА

https://www.youtube.com/watch?v=-FZu_DEPqxw

Pas une action terroriste, mais une tentative de coup d’État

La police macédonienne était manifestement bien renseignée avant de lancer son opération. Selon le ministre de l’Intérieur, Ivo Kotevski, le groupe préparait une très importante opération pour le 17 mai (c’est-à-dire lors de la manifestation convoquée par l’opposition albanophone à Skopje).

© МАКЕДОНСКА ПОЛИЦИЈА

https://www.youtube.com/watch?v=_p9Vd0GJppo

L’identification des suspects a permis d’établir qu’ils étaient presque tous anciens membres de l’UÇK (Armée de libération du Kosovo) [1].

Le repaire du groupe armé à Kumanovo, après l’assaut.

Parmi ceux-ci, on trouve : 
• Sami Ukshini, dit   "Commandant Sokoli", dont la famille joua un rôle historique au sein de l’UÇK. 
• Rijai Bey, ancien garde du corps de Ramush Haradinaj (lui-même trafiquant de drogues, chef militaire de l’UÇK, puis Premier ministre du Kosovo. Il fut jugé par deux fois par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie pour crimes de guerre, mais acquitté car 9 témoins cruciaux furent assassinés durant son procès). 
• Dem Shehu, actuel garde du corps du leader albanophone et fondateur du parti BDI, Ali Ahmeti. 
• Mirsad Ndrecaj dit le "Commandant de l’Otan", petit fils de Malic Ndrecaj commandant de la 132e Brigade de l’UÇK.

Les principaux chefs de cette opération, dont Fadil Fejzullahu (mort pendant l’assaut), sont des proches de l’ambassadeur des États-Unis à Skopje, Paul Wohlers.

Fadil Fejzullahu, un des chefs du groupe armé mort durant l’assaut, avec son patron, l’ambassadeur des États-Unis à Skopje, Paul Wohlers.

Ce dernier est fils d’un diplomate états-unien, Lester Wohlers, qui joua un rôle important dans la propagande atlantiste et dirigea le service cinématographique de l’U.S. Information Agency. Le frère de Paul, Laurence Wohlers, est actuellement ambassadeur en République centrafricaine. Paul Wohlers lui même, ancien pilote de la Navy, est un spécialiste du contre-espionnage. Il fut directeur adjoint du Centre d’opérations du département d’État (c’est-à-dire du service de surveillance et de protection des diplomates).

Alors que la Macédoine ne fait pas partie de l’Otan, Jens Stoltenberg "suivait" l’opération de police à Kumanovo.

Pour qu’il n’y ait aucun doute sur les commanditaires, le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, intervenait avant même la fin de l’assaut. Non pas pour déclarer sa condamnation du terrorisme et son soutien au gouvernement constitutionnel de Macédoine, mais pour transformer le groupe terroriste en une opposition ethnique légitime :  "C’est avec une vive inquiétude que je suis les événements se déroulant à Kumanovo. J’adresse toute ma sympathie aux familles des personnes tuées ou blessées. Il est important que tous les dirigeants politiques et responsables de communauté s’emploient ensemble à rétablir le calme et fassent procéder à une enquête transparente pour déterminer ce qui s’est passé. J’appelle instamment chacun à faire preuve de retenue et à éviter toute nouvelle escalade, dans l’intérêt du pays et de l’ensemble de la région."

Il faut être aveugle pour ne pas comprendre.

Lorsqu’il était gouverneur de la région de Stroumitsa, Zoran Zaev fut accusé d’avoir favorisé la construction d’un centre commercial et arrêté pour corruption. Pour le soutenir, son parti se retira du Parlement. En définitive, il fut grâcié par le président de la République, Branko Crvenkovski, qui présidait alors son parti. Il fut élu président du SDSM en juin 2013.

En janvier 2015, la Macédoine déjouait une tentative de coup d’État au bénéfice du chef de l’opposition, le social-démocrate Zoran Zaev. Quatre personnes étaient arrêtées et M. Zaev se voyait confisquer son passeport, tandis que la presse atlantiste commençait à dénoncer une "dérive autoritaire du régime"(sic).

Zoran Zaev est publiquement soutenu par les ambassades des États-Unis, du Royaume-Uni, d’Allemagne et des Pays-Bas. Mais il n’existe à ce jour de trace dans la tentative de coup d’État que de la responsabilité US.

Le 17 mai, le parti social-démocrate (SDSM) [2] de Zoran Zaev devait organiser une manifestation. Il devait distribuer 2 000 masques de manière à empêcher la police d’identifier les terroristes au sein du cortège. Durant la manifestation, le groupe armé dissimulé par ces masques devait attaquer diverses institutions et lancer une pseudo-« révolution » comparable à celle de la Place Maidan de Kiev.

Ce coup d’État était coordonné par Mile Zechevich, un ancien employé d’une des fondations de George Soros.

Pour comprendre l’urgence de Washington à renverser le gouvernement de Macédoine, il faut revenir sur la guerre des gazoducs. Car la politique internationale est un grand échiquier où chaque mouvement de pièce provoque des conséquences sur les autres.

La guerre du gaz

Le gazoduc Turkish Stream devrait passer à travers la Turquie, la Grèce, la Macédoine et la Serbie pour desservir l’Union européenne en gaz russe. A l’initiative du président hongrois, Viktor Orbán, les ministres des Affaires étrangères des pays concernés se sont réunis le 7 avril à Budapest pour se coordonner face aux États-Unis et à l’Union européenne.

Depuis 2007, les États-Unis tentent de couper les communications entre la Russie et l’Union européenne. Ils sont parvenus à saboter le projet South Stream en contraignant la Bulgarie à annuler sa participation, mais le 1er décembre 2014, à la surprise générale, le président russe Vladimir Poutine lançait un nouveau projet en réussissant à convaincre son homologue turc Recep Tayyip Erdoğan de faire accord avec lui bien que la Turquie soit membre de l’Otan [3]. Il était convenu que Moscou livrerait du gaz à Ankara et que celui-ci en livrerait à son tour à l’Union européenne, contournant ainsi l’embargo anti-russe de Bruxelles. Le 18 avril 2015, le nouveau Premier ministre grec, Aléxis Tsípras, donnait son accord pour que le gazoduc traverse son pays [4]. Le Premier ministre macédonien, Nikola Gruevski, avait, quant à lui, discrètement négocié en mars dernier [5]. Enfin, la Serbie, qui faisait partie du projet South Stream, avait indiqué au ministre russe de l’Énergie, Aleksandar Novak, lors de sa réception à Belgrade en avril, qu’elle était prête à basculer sur le projet Turkish Stream [6].

Pour stopper le projet russe, Washington a multiplié les initiatives : 

en Turquie, il soutient le CHP contre le président Erdoğan en espérant lui faire perdre les élections ; 

en Grèce, il a envoyé le 8 mai, Amos Hochstein, directeur du Bureau des ressources énergétiques, pour sommer le gouvernement Tsípras de renoncer à son accord avec Gazprom ; 

il prévoyait —à toutes fins utiles— de bloquer la route du gazoduc en plaçant une de ses marionnettes au pouvoir en Macédoine ; 

et en Serbie, il relance le projet de sécession du bout de territoire permettant la jonction avec la Hongrie, la Voïvodine [7].

Dernière remarque et non des moindres : le Turkish Stream alimentera la Hongrie et l’Autriche mettant fin au projet alternatif négocié par les États-Unis avec le président Hassan Rohani (contre l’avis des Gardiens de la Révolution) d’approvisionnement avec du gaz iranien [8].

Thierry Meyssan

[1] « L’UÇK, une armée kosovare sous encadrement allemand », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 15 avril 1999.

[2] Le SDSM est membre de l’Internationale socialiste.

[3] « Comment Vladimir Poutine a renversé la stratégie de l’Otan », par Thierry Meyssan, Оdnako (Russie), Réseau Voltaire, 8 décembre 2014.

[4] “Möglicher Deal zwischen Athen und Moskau : Griechenland hofft auf russische Pipeline-Milliarden”, Von Giorgos Christides, Der Spiegel, 18. April 2015.

[5] “Геннадий Тимченко задержится на Балканах. Вместо South Stream "Стройтрансгаз" построит трубу в Македонии”, Юрий Барсуков, Коммерсант, 12 марта 2015 r. Version française : « La Russie construira un gazoduc en Macédoine », Visions de la Russie, 13 mars 2015.

[6] « Énergie : la Serbie souhaite participer au gazoduc Turkish Stream », B92, 14 avril 2015.

[7] « La Voïvodine, prochain pseudo-État en Europe ? », par Wayne Madsen, Traduction Milko Terzić, Strategic Culture Foundation (Russie), Réseau Voltaire, 18 février 2015.

[8] « Derrière l’alibi anti-terroriste, la guerre du gaz au Levant », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 29 septembre 2014.

source :

http://www.voltairenet.org/article187566.html

voir aussi l'article publié sur la chaîne RT en espagnol :

Lavrov: "Las protestas en Macedonia estarían relacionadas con su rechazo a sancionar a Rusia"

Publicado: 15 may 2015 14:17 GMT

http://actualidad.rt.com/actualidad/174882-lavrov-macedonia-rechazo-sanciones-rusia

La macédoine sous attaque kosovare

10.05.15 - De très nombreuses forces de police macédoniennes sont depuis hier soir en train d'essayer de neutraliser un groupe de 70-80 hommes armés infiltrés dans un quartier de la banlieue de Kumanovo, dans le nord du pays, à la frontière avec le Kosovo. Dans les échanges de tirs - les émeutiers ont attaqué la police avec des armes automatiques et des grenades à main - il y aurait eu jusqu'à maintenant 6 décès (3 officiers et 3 civils) et 24 blessés, a rapporté la télévision.

par Rédaction Contropiano

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Sur l'identité et l'origine des hommes armés on n'a pas d'éléments. Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Ivo Kotevski s'est limité à dire que le "groupe terroriste" a "pénétré illégalement en Macédoine depuis un "pays voisin" dont le nom d'a pas été précisé. Mais il est clair pour tous qu'il s'agit du Kosovo, qui revendique des portions macédoniennes de territoire habitées par la population de langue albanaise.

Un journal de Pristina néanmoins a écrit que dans les affrontements armés à Kumanovo seraient impliqués aussi des citoyens kosovars. La population de la Macédoine, environ deux millions de personnes, est de 25% d'ethnie albanaise, et les incidents et les provocations sur fond inter-ethnique sont fréquentes dans le Pays. En 2001, la Macédoine fut bouleversée par un conflit armé entre les séparatistes albanais, soutenus par les indépendantistes du Kosovo (UCK), et les forces gouvernementales qui provoqua des centaines de morts.

Dans la soirée, les opérations de police dans le quartier 'Divo Naselje' de Kumanovo - à majorité albanaise où se cachent les hommes armés - étaient toujours en cours, et selon des témoins beaucoup de résidents effrayés fuient leurs maisons ou ont été évacués par la police, présente avec des centaines d'hommes, de chars et des hélicoptères.

source : 

http://contropiano.org/internazionale/item/30662-macedonia-sotto-attacco-kosovaro 

L'attaque de mai avait été précédée par une autre en avril, bien moins importante.

Macédoine. Raid de l'UCK à la frontière : "Nous voulons la grande Albanie

21.04.15 - Un groupe d'Albanais armés, arrivé du Kosovo, a pris brièvement possession d'un petit commissariat de police à la frontière Nord de la Macédoine dans la nuit entre lundi et mardi, en réclamant la création d'un état albanais sur le territoire de la petite république de l'ex Yougoslavie, selon la déclaration des autorités macédoniennes.

© 

Par Rédaction Contropiano

"Vers 2h30 un groupe d'une quarantaine de personnes armées venues du Kosovo a attaqué le poste de Gosince, qui se trouve à 500 mètres de la frontière" a déclaré Ivo Kotevski, porte-aprole de la police macédonienne. Les assaillants avaient les enseignes de l'UCK, l'Armée de libération du Kosovo, le groupe indépendantiste qui combattit pour le Kosovo contre la Serbie dans le conflit de 1998-99. Les quatre policiers macédoniens qui étaient à leur poste ont été insultés, frappés et menottés.

source : Askanews

http://contropiano.org/in-breve/esteri/item/30350-macedonia-raid-dell-uck-al-confine-vogliamo-la-grande-albania

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