La Transition vers le Développement Humain Durable : C’est maintenant

« Il  n’y  a pas de vents favorable pour celui qui ne sait pas où il va »  Sénèque

La loi de Finance de 2020, celle remaniée concernant les hydrocarbures, la levée des restrictions sur les investissements étrangers et celle relative à la levée de l’interdiction d’importation de véhicules de moins de 3 ans, ont été  examinés,  dimanche,13 octobre  par la Conseil des ministres. Dans cette contribution je vais tenter d’expliquer les enjeux

 Le projet de levée d’importation de véhicules de moins de 3 années,

Le monde va vers une  « neutralité carbone », nous, « nous  enfonçons dans le thermique en polluant avec des voitures déclassées en Europe et ailleurs car consommant beaucoup d’énergie et de plus certaines utilisent le diesel qui commence à être abandonné au moment où l’Algérie construit un cracking catalytique pour avoir des quantités supplémentaires d’essence

Tout comme l'erreur relative aux activités de montage de véhicules à demeure, dans lesquelles, rappelle-t-il, sont impliqués " 15 constructeurs ", il aurait été préférable, selon lui, d'avoir importé des véhicules en l'état qui auraient couté 1,8 milliard de dollars, au lieu " des 3,5 milliards de dollars " pour 180.000. La solution aurait consisté, commente-t-il, à mettre " tout à plat ", à " définir une stratégie pour savoir où veut-on aller ". L'Algérien, ajoute-t-il, a d'abord besoin d'une politique des transports. Si des nationaux, poursuit-il, possèdent de 6 à 7 millions de véhicule, une grande majorité parmi eux attendent toujours qu'on veuille développer une telle politique.  De plus l’Algérie a reçu pratiquement les rebuts des véhicules invendables en Europe et dans les pays asiatiques du fait de leur consommation ;

    Le monde va vers la révolution électrique et programme d’abandonner les carburants fossiles au profit de la locomotion électrique. Quand  Renault installe la Logan  (du siècle dernier , dans le même temps il installe la Zoe électrique en Israël. Quand Peugeot veut s’installer  pour installer un véhicule thermique dans le même temps il pense installer une voiture électrique low cost en Chine pour 8000 dollars c'est-à-dire environ 1 million de Da avec naturellement l’électricité qui peut être d’origine solaire c'est-à-dire tout bénéfice. Chez nous  on continue à  vouloir importer des véhicules énergivores vieux  sans rien changer aux prix des carburants avec en prime des véhicules diesel de plus en plus abandonnés en Europe Si  on continue à bricoler pour maximaliser les rentrées conjoncturelles de devises, nous irons droit dans un mur qui nous attend dans les trois prochaines années».   De même  le projet d’importation de véhicules de moins de 3 années est une  mesure de populiste, de fuite en avant.  Il aurait été plus judicieux d’aller vers une politique globale des transports car il y a 6 millions de voitures, mais la demande en transport est au moins de 20 millions de citoyens lambda qui ont plus besoin de moyens de transport fiables (bus, tramway, métro, train), que de voitures particulières qui participent grandement à la pollution»,      C’est toute cette incohérence qui fait que nous n’avons pas de cap et qu’il faut se dépêcher d’en avoir

 Le gaspillage est un sport national

Tous les spécialistes attirent l’attention qu’à ce rythme de consommation débridée , la consommation d’énergie électrique  augment de plus de 7 % par an. Nous avons un parc automobile  énergivore . Nos véhicules consomment plus de 130g de CO2/km , la norme européenne est à moins de 110g et elle  va être à 95grammes à partir de 2022. Nous avons un réseau de transport incohérent   et des subventions toutes azimut qui ne  profitent qu’aux riches principalement.

   Il y a donc  un " énorme " gaspillage observé dans différents secteurs, Il nous faut  perception nouvelle par rapport aux richesses énergétiques et hydriques du pays. " L'énergie a un coût, l'eau a un coût, et il en est de même de tout ce que nous importons ",   La non fermeture d'un robinet occasionne la perte de 40.000 litres d'eau/jour.  Mais avec 6D a le m3 d’eau le gaspillage est devenu la norme. Le même Algérien achete une bouteille d’eua minérale à  30 Da soit 5 M3 d’eau ! Nous consommons,1,5 million de tonnes de plastique chaque année qui sont insuffisamment  recyclées ".   Alger compte 2 millions de véhicules dont 1/4 est en circulation permanente, " une heure d'embouteillage entraine une perte en carburant d'une valeur de 500.000 dollars, ceci faute de n'avoir pas développé les transports en commun ".

  Nous gaspillons environ 20 % d’énergie soit l’équivalent de 10 millions de tonnes de pétrole soit encore 70 millions de barils soit encore à 4.2  milliards de dollars à 60 dollars le baril. Réfléchissons à ce que nous pourrions faire avec cet argent. Plusieurs universités de qualité qui seront le vrai socle de l’économie  de la connaissance. «Consommez moins, pour consommer mieux».   Développer les transports en commun, encourager leur utilisation et inciter les gens au covoiturage, sont de petits gestes simples qui préserveront l'avenir de nos enfants.   Il ne peut y avoir de futur pour l’Algérie sans une vraie politique énergétique du pays  Il faut penser aux générations futures, il faut mettre un frein au pompage frénétique des ressources fossiles Notre meilleure banque est notre sous sol , les gaz non conventionnels outre le fait qu’ils donneraient lieu à un désastre écologique , ont une technologie qui n’est encore pas mâture. Annoncer de mirobolants gisements (21.000 milliards de m3) est de mon point de vue un mauvais signal que nous donnons aux citoyens qui ne seront pas incités à l’effort pour sortir de la malédiction de la rente. Les gaz de schiste devraient être pour nous un capital à l ne pas toucher et à garder pour les générations futures

   Si on y  ajoute une démographie galopante, dans une dizaine  d’années nous risquons de ne plus exporter de gaz et de pétrole  la production ne suffira qu’à la consommation locale !  Comme nous sommes dépendons à 98 % de la rente nous allons au devons de réelles difficultés    Pour l’histoire l’Algérie a engrangé de 1965 à 1978 près de 22 milliards de dollars  qui lui ont permit d’asseoir un tissu industriel aussi bien en raffinage 22 millions de tonnes  ( Premier en en Africaine, dans les dix premiers dans le monde)  des usines de liquéfaction de gaz naturel ( GNL)  une vision du développement en pétrochimie .

  Dans le plan pétrochimie 1980  nous avions l’ambition de dépasser l’histoire qui est présentement à des années lumière de nous. Les complexes de matière plastique  de Skikda, avec un steam cracker et des unités de polymérisation d’éthylène  permettent de produire du polyéthylène et du PVC.  Il en sera de même avec les complexes de transformations des plastiques pour toutes les applications  ( films plastiques, menuiserie plastique ;) Il en sera de même des complexes d’urée de méthanol et d’engrais  qui donnaient une visibilité à l’industrialisation  avec près de 30% du PIB investi . Actuellement c’est moins de 5% Autrement dit nous n’investit rien  nous faisons du social.

   Les compagnies pétrolières étrangères,  ne sont pas concernés que par l’amont ; Quand on inaugure des usines d traitement de gaz, ou des pipes, c’est pour rendre le pétrole et le gaz naturel algérien « exportable », et elles ne laissent pas en quelques sorte « un savoir-faire » dans l’aval .  Selon lui, en 1977 et 1978, l’Algérie était l’un des premiers pays dans la pétrochimie dans le raffinage dans le bassin méditerranéen, et la SABIC saoudienne n’existait pas, et aujourd’hui, cette dernière, est à des années lumières de l’Algérie,  

    C’est un fait que depuis le début des années  80, nous n’avons rien investi de durable. Au contraire nous avons donné l’illusion par une politique de bazarisation  que l’Algérie était un oays développé . Le baril était à 33 $   le dollar à 5francs et le Franc à 1,2Da  le programme anti-pénurie ( PAP) a été suivi du contre choc des 9 dollars/baril en 1986 , l’Algérie a commencé à s’endetter.. Ce sera dans l’ordre, les évènements d’octobre 1988, la décennie noire, avec en prime le FMI qui venait nous réajuster… La parenthèse du président Zeroual et la double décennie du mépris et de la rapine  du président  Bouteflika. 1000 milliards de dollars « consommés » Rien de pérenne à signaler sinon les scandales Un pays fracturé qui peine à reprendre ses marques  et dans tout cela au lieu de s’attacher à ramener la sérénité en tournant le dos aux symboles du passé, on nous annonce une loi sur les hydrocarbures qui à des degrès divers représente le dernier garde fou la dernière défense immunitaire du pays. Faisons attention

 Loi sur les hydrocarbures : « Ce n’est pas le moment » 

   Dans le même Conseil des ministres , l’avant projet de Loi sur les hydrocarbures est discuté. Hasard du calendrier, j’ai eu l’opportunité  d’en parler sur les ondes de la chaine 3  le même jour  . Pour moi  Ce « n’est pas le moment »,   parce que, elle engage l’avenir du pays tout entier  l’énergie ne représente qu’un sous-ensemble d’une stratégie globale visant à développer le pays, alors que d'après lui « nous n’en prenons pas le chemin ». cette nouvelle loi donne « l’impression d’être élaborée hâtivement, et on ne peut pas dans les conditions actuelles, une loi qui engage l’avenir,   . Je pense personnellement qu’elle n’a pas lieu d’être, c’est un non-événement  Jusqu’à présent, la vision des gouvernants était de maximaliser la rente et, ça ne les intéresse pas de travailler dans l’aval, c’est surtout l’amont. Faire en sorte qu’on puisse forer et ramener des devises », J’ai jamais vu dans aucun texte de loi, la nécessité pour ce qui viennent travailler dans l’amont, de nous aider à développer l’aval  , cela veut dire que nous sommes des rentiers conjoncturels car cette rente de 1000 milliards de dollars accumulée n’a servi pratiquement à rien sinon à  donner des habitudes de consommation qui ne sont pas le fruit de l’effort. L’Algérien a été habitué à croire que tout est gratuit et qu’il suffit de tricher pour avoir plus …

   Notant que le déficit financier de l’Algérie se creuse d’année en année, se situant, cette année, autour des 68 à 70 milliards de dollars, d’ici 2021 à 2022, « nous serions à cours », le prix du baril de brut,   ayant peu de chance de regagner des sommets pour permettre de rééquilibrer le budget. Si le pays en est arrivé à ces extrémités, c’est parce qu’il a perdu sa « faculté d’innovation » et de savoir faire, « bradés » à partir des années 80, notamment des suites des importations débridées, au détriment de la production nationale, pour, « gagner la paix sociale ».  « il est impossible » d’être financièrement à l’aise, d’ici deux à trois années, avec comme finalité, prévient-il, un « retour au FMI » et ses conséquences de « négation du social ». Nous n’avons pas de vision du futur, en ce sens que, nous vivons au jour le jour. Nous indexons nos lois des finances comme d’habitude, sur la base du prix du baril de pétrole qui ne dépend pas de nous, mais, de l’OPEP, des américains et des Saoudiens »,   droit dans le mur », car  l’Etat vit au dessus de ses moyens et que nous avons une mentalité de pays riche, alors qu’on « n’invente rien ».

    L’Etat vit au dessus de ses moyens et que nous avons une mentalité de pays riche, alors qu’on « n’invente rien ». En outre, le plus grand reproche   à cette loi sur les hydrocarbures, c’est « le problème de la concession ». « Vous donnez à une société étrangère, la possibilité d’exploiter comme elle veut, à son rythme, ad vitam Aeternam, une parcelle de terre », cela veut dire qu’on s’appartient plus, et d’une certaine façon « c’est un déni de souveraineté ».

Il faut « une réflexion dans le calme et la sérénité : Quelle est la vision de l’Algérie 2030 ou 2050? comment se projeter? Qu’est-ce que nous avons comme moyens? »,   « l’énergie n’est qu’un sous-ensemble d’une stratégie globale qui sert à développer ce pays et, nous ne prenons pas le chemin La solution aurait consisté, commente-t-il, à mettre « tout à plat », à « définir une stratégie pour savoir où veut-on aller ».  

 Le Conseil National de l’Energie pour penser la transition vers le Développement Durable

Tour ceci pourrait avoir une cohérence dans le cadre d’un modèle de consommation où la sobriété n’est pas un slogan, où les subventions sont ciblées ne priorité pour les classes à faible pouvoir d’achat ; Ou la carte carburant permettra de rationaliser la consommation

L'énergie ne représente qu'un sous-ensemble d'une stratégie globale visant à développer le pays, alors que d'après lui " nous n'en prenons pas le chemin ".   le prix du baril de brut, ayant peu de chance de regagner des sommets pour permettre de rééquilibrer le budget. Le moment est  donc mal choisi pour discuter de la loi sur les hydrocarbures.  le secteur de l’énergie “qu’un sous-ensemble d’une stratégie globale visant à développer le pays”.  il est impossible” d’avoir des marges de manoeuvres d’ici deux à trois années, avec comme perspective, un “retour au FMI” et ses conséquences inévitables sur le front social.

   Il est urgent d’attendre !  l’Etat vit au dessus de ses moyens et que nous avons une mentalité de pays riche, alors que nous ne “produisons rien”.  Des états généraux de l'énergie doivent être mis en place au plus vite pour préserver l'avenir des générations futures Les Algériens doivent devenir des éco-citoyens et non des «égo-citoyens  comme ils le sont maintenant»,  Le secteur de l’énergie est un sous-ensemble d’une stratégie globale visant à développer le pays.   Je  plaide pour la mise en place d’un modèle énergétique qui «nous permette de sortir par le haut de la malédiction du pétrole en investissant à marche forcée sur les énergies vertes, laissant ce faisant un viatique pour les générations futures».

  l’Algérie a besoin d’un modèle énergétique qui nous permette de tracer un cap pour les 10 prochaines années. Les études sur le climat ont récemment révélé que la température de la Terre dépassera les deux degrés. . Il est certain que l’Algérie sera affectée.  Nous ne sommes pas  préparés ! Seule une vision d’ensemble avec tout les acteurs appartenant aux différents ministéres .Car la stratégie énergétique vers le développement Durable  ne peut être définit pque par une instance supra-ministères. Le Conseil National de l’Energie qui ne s’est jamais réuni ces Vingt dernières années est tout indiqué pour cette réflexion à laquelle il faut nécessairement associer les Algérien (ne)s  et les convaincre que lère de la rente est révolue, qu’il faut consommer moins en consommant mieux et utile en donnant à l’énergie à l’eau  le juste prix

 Cette loi   ne va pas dans le sens de l’apaisement ;   Il est à espérer que les députés auront la sagesse de demander  un moratoire pour une étude plus complète des tenants et aboutissants de cette Loi qui engage dangereusement  l’avenir  En fait, l’objectif essentiel    en cette période difficile, est de résoudre la crise politique  sans laquelle, selon nos informations au niveau international, aucun investisseur sérieux ne viendra, se limitant aux actes de commerce, sans risques. Alors pourquoi cette précipitation, sans transparence, d’une loi qui engage la sécurité nationale?  

Le Développement Humain Durable comme projet de société

Pourquoi ne pas penser à une dans le cadre d’une stratégie globale qui vise à décrire la transition énergétique vers le Développement Humain  Durable pour les dix prochaines années  et cela par la mise  en place d’un modèle de  production de consommation  flexible où toutes les énergies non renouvelables   ( fossiles) et renouvelables vont converger  vers une utilisation rationnelle de l’énergie en minimisant au maximum le recours aux énergies fossiles et maximalisant le recours aux énergies renouvelables. Le Sahara est une pile électrique si on sait y  faire. On peut et on doit convaincre nos partenaires que l’ère d’intervenir dans l’aval n’intéresse plus l’Algérie .

Nous pouvons leur garantir un approvisionnement régulier, s’ils s’impliquent avec nous dans l’aval en nous aidant pour la mise en place  d’une base pétrochimique réelle et aussi du plan Solaire   que nous financerons en partie avec le gaz naturel que nous ne consommerons pas  du fait de la mise en place de centrales photovoltaiques ; A ce rythme de consommation nous allons brûler d’ici 2030 près de 400 milliards de m3 de gaz soit au prix actuel près de 160 milliards dans les centrales pour produire de l’électricité si seulement 20 % du parc était renouvelable nous pouvons financer le plan solaire des 22.000 MW de 30  milliards de dollars 

C’est tout cela qu’il nous faut expliquer à des partenaires  locomotives comme la Chine, les Etats Unis, l’Allemagne, et la France qui ont une expertise dans le solaire et dans la locomotion électrique. Mieux on pourrait envisager une transsaharienne électrique qui permettrait d'irriguer dans les deux sens le pays , développer d'une façon optimale le barrage vert, pour créer des micro-climats tout en empêchant l'érosion des sols, .

Bref appliquer une politique de grands travaux à la manière de celle lancée par Franklin Delanoe Roosvelt pour faire du Sahara ,pourquoi pas  une seconde Californie avec la disponibilité de l'eau de cette fameuse nappe de 45.000 milliards de m3 dont nous pourrions faire le meilleur usage au lieu de la polluer dangereusement  par une exploitation inconsciente et irresponsable du gaz de schiste dans les conditions actuelles en  créant même des villes nouvelles  sur des axes privilégiés où toutes les conditions seront réunies. Ces villes dégorgeront le Nord et favoriseront de plus le vivre ensemble dans une Algérie fascinée par le futur

Naturellement  le développement durable ne se fera pas sans la formation des hommes « colonne vertébrale » du développement dans tous les  pays du monde. Il faut intéresser les jeunes au destin de leur pays, et cela on ne peut le faire sans les former» L’eco-citoyenneté commence à l’Ecole, elle débouchera sur un baccalauréat du  Développement Durable et sur les métiers du Développement Durable dans la formation  professionnelle et l’enseignement supérieur qui doit servir d’éclaireurs pour les métiers du  futur   

Vidéo de mon  intervention sur les ondes de la radio Chaine 3

Chems Eddine Chitour http://www.radioalgerie.dz/news/fr/article/20191013/181645.html

 

 

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