Ramzy Yettou : Un  sacrifice pour  Algérie de l’espérance

« Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie Ont droit qu'à leur cercueil la foule vienne et prie. Entre les plus beaux noms leur nom est le plus beau. Toute gloire près d'eux passe et tombe éphémère ; Et, comme ferait une mère, La voix d'un peuple entier les berce en leur tombeau ! » Victor Hugo

 

 Ramzi Yettou est mort vendredi  au service réanimation de l’hôpital Mustapha, des différents traumatismes et commotions qu’il avait au crane. Il n’a pas pu se remettre du passage à tabac qu’il aurait reçu, vendredi 12 avril dernier de la part de policiers en marge de la grande manifestation du vendredi   Il avait quitté son quartier Laabaziz à Bougara Les frères et l’oncle de la victime dénoncent un tabassage en règle contre Ramzi commis par des policiers à proximité de la direction générale des douanes à Tafourah. Il était venu de Blida, pour exprimer pacifiquement son désir d’une vie meilleure.  

 Ses parents très éplorés déclarent : «  Nous avons perdu notre fils et nous ne comptons pas lâcher notre droit à la vérité et à la justice. Justement, nous avons déposé plainte aujourd’hui (samedi) et c’est aux instances judiciaires de faire éclater la vérité», déclare Fethi Yettou, le frère du défunt Ramzi.     Les parents de la victime réclament le recours aux enregistrements vidéo étant donné que le drame est survenu près de la direction des Douanes, à proximité de la gare de Tafourah, une zone dotée de télé-surveillance.

 Ramzi Yettou est la deuxième victime depuis le début des manifestations le 22 février dernier. la première était Hassan Benkhada, fils du président  Benyoucef Benkheda, président du GPRA de l’Algérie Combattante  décédé le 1 mars lors d’une bousculade près de la Place Addis-Abeba Les nombreux agissements inacceptables de certains éléments de la police depuis le début de la révolution pacifique en Algérie devraient cesser. Tout devrait se dérouler dans le calme et la sérénité si l'on veut aboutir à une Algérie tolérante, juste, qui récompense l'effort et et sanctionne  les abus. C'est pour cette Algérie que ces jeunes sont morts.

 Ghania Mouffok  a écrit ces belles phrases toutes empreintes d’empathies et traduisent une réelle douleur et une réelle colère devant le sort  injuste qui veut qu’un policier de son âge probablement lui a ôté la vie pour une cause injuste : « Aujourd’hui, 20 avril 2019, écrit elle  dans cette terre généreuse de la Mitidja, entre vigne, orangers et pêchers en fleurs, Ramzi Yettou, 23 ans a été enterré.  A peine sa mère a-t-elle eu le temps de lui dire adieu qu’il lui était enlevé dans une cohue douloureuse au bord de la folie.  Sa famille, nombreuse, ses tantes, ses cousines et ses voisines étaient là pour témoigner de combien il était aimé, toutes défaites par cette disparition qui laissera des traces au plus profond de ce qui ne peut être juste. « La mort est celle de Dieu, disent-elles ; mais pourquoi l’ont-ils frappé pour le tuer ? ».

 C’est avec une peine réprimée que les garçons, des dizaines et des dizaines, en voisins, en cousins, en amis se sont saisis du défunt dans une rage qui fit trembler le corps de Ramzy, si présent, si pesant. Tous veulent l’emporter dans la promesse que justice lui sera faite sur terre ; dans l’attente de Celle de Dieu. « Mettez le drapeau », se souviennent-ils, sur le martyrisé et “Chahid wadjib el watan, el djazaïri Yettou Ramzi”- a écrit une main de deuil ; Pour le martyr de la patrie, l’Algérien Yettou Ramzi.

 « C’est en suivant l’emblème national que l’on retrouve son domicile, et le premier drapeau en signe d’accueil porte le portrait du Che imprimé. Le Che assassiné au coeur de la Mitidja.  Yettou Ramzi est mort de coups portés dans une violence faite pour tuer par des hommes en uniformes bleus. Quels qu'ils soient, les auteurs de ce crime ne peuvent rester impunis. Nous étions cinq femmes, ni d’ici, ni d’ailleurs, venues leur dire qu’ils n’étaient pas seuls dans ce deuil aujourd’hui ; comme hier nous n’étions pas seules dans la joie de marcher".

   Non vous n’avez menti d’avoir dit à sa famille que tout le peuple est triste et en colère !  " Qu’il partageait leur digne colère, leur douleur et leur combat pour la vérité sur ce qui s’appelle un assassinat : « ils l’ont frappé, frappé et quand un groupe s’arrêtait, un autre recommençait » ? Ghania Mouffok, Samia Slimani, Nesrine Dahmoun, Awel Haouati, Nabila Kalache.

 Un enfant du pays qui a fait son devoir

 Ramzi Yettou a fait son service national pendant que d’autres trouvaient des prétextes pour l’éviter ; Il l’a fait aux frontières c'est-à-dire que d’une certaine façon il était en première ligne pour défendre le pays. Il n’a rien d’un être fragile qui pourrait tomber d’un fourgon Des photos le présentent en tenue de combat  et d’autres avec une coupe  de cheveux qu’affectionne les jeunes montrant par là qu’il s’inscrit dans la mode et l’espérance de nombreux autres printemps qu’un sort funeste a  brutalement détruit .

 Ramzi  est mort parce qu’il  rêvait lui aussi d'une autre Algérie. Pourquoi frapper pour tuer ? Pourquoi briser l’espoir de cette jeunesse qui est dans l’attente d’un sauveur Par fidélité à nos martyrs nous allons continuer à nous battre salmya salmya. L’histoire retiendra que les Algériens ont réinventé le concept de non violence et à ce titre, si nous arrivons à sortir de cette épreuve, nous allons réclamer le Prix Nobel pour le peuple algérien

 Une conférence coup d’épée dans l’eau

 La conférence que le pouvoir penser décisive a eu lieu et a accouché de recommandations  irréalisables. Il a été notamment débattu de la date des élections.   Le secrétaire de la Présidence, Hebba el Okbi faisant dans la fuite en avant  déclare  que « le dialogue se poursuivra pour trouver des solutions à la crise actuelle et organiser des élections transparente le 4 juillet »  La solution est connue. Ceux qui ont amené le pays à ce degré de déchéance doivent laisser place à des personnes nouvelles qui ont un projet pour le pays basé  

 Combien de vendredi faudrait il pour faire comprendre que les atermoiements ne peuvent pas freiner la marche de l’Histoire ?  Pourquoi s’accrocher à une constitution qui a été piétinée pour la dernière fois par le pouvoir en reportant les élections alors que ceci n’est pas prévu ? S’il est avéré pour l’administration que finalement les élections ne pourront pas avoir lieu à la date indiquée,  nul doute qu’une  autre date sera proposée ! Cela veut dire qu’une fois de plus la constitution va être piétinée  car il n’est pas prévu ce cas de figure!

 Ou va –t-on ?

 Selon toute vraisemblance le peuple va encore réitérer ses revendications  une autre  fois   pour une réelle volonté de repartir du bon pied. Il ne faut pas se le cacher ; La situation est délicate et peut amener en absence de dialogue,  à une impatience. Il est nécessaire de parler au peuple. Le rassurer . Car ce ne sont pas les affaires judiciaires qui vont régler le problème actuel d’autant que l’instruction de ces affaires peut se faire d’une façon  apaisée avec le temps qu’il faut pour qu’elles ne puissent souffrir d’aucune critique

 Pourquoi  en définitive s’accrocher en vain à l’article 102 et ne pas s’en tenir uniquement à la souveraineté du peuple ( Articles 7 et 8)  Faisant  preuve d’un dangereux autisme le pouvoir n’a pas compris que l’on ne fait pas du neuf avec des personnalités du système    Monsieur Le chef de l’Etat ne réalise pas  que nous sommes au XXIe siècle que les défis du pays sont immenses et qu’il est urgent de partir. Le fait d’avoir encore miner le terrain en nommant un  président du conseil constitutionnel rejeté par le peuple complique encore plus la solution et comme je l’ai martelé La constitution n’est pas le Coran.  Nous devons  avoir comme horizon  l’intérêt supérieur du pays . La situation économique est délicate. L’université est en grève et l’année blanche n’est plus une vue de l’esprit  Notre pays risque de faire les frais d’une stratégie qui nous dépasse  car nous n’avons pas les moyens de lutter si ce n’est d’e^tre unis et de rapidement trouver une solution  consensuelle

 Comment un enfant dans la fleur de l'âge est mort de la bêtise humaine !  Plus jamais cela !  Ramzy  est un exemple  "ramz"  est mort aussi pour que les policiers aient une vie digne. Nous devons tous être vigilants pour donner une espérance à tout les Ramzy vivants et à venir et faire qu'enfin continuer à vivre dans cette immense Algérie   Ramzy ton combat ne sera pas vain  Nous sommes tous tes parents Tu ne dois  pas être mort pour rien  De là où tu es , aides  nous à terminer ton merveilleux engagement pour une Algérie de tes rêves Une Algérie où on ne devra plus mourir d’un coup sur la  tête .

 Ramzi est mort 39 ans après jour pour jour après les martyrs des jeunes  du printemps berbère qui croyaient en une Algérie plurielle tolérante  ouverte sur l’universel qui donne à chacun la possibilité de s’épanouir de  créer l’avenir sans frein sans hogra, sans famille révolutionnaire qui a fait tant de mal au pays par les satrapes qui exploitent le glorieux combat des martyrs et des moudjahids sans rien prouver par eux-mêmes. C’est pour toutes ces raisons qu’il faut continuer à réclamer justice dans le calme la sérénité mais avec détermination .Repose  en paix  Ramzy Que Dieu te fasse miséricorde

 

Professeur  Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique  Alger

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