MACRONIQUE EN COVID #4

Je voulais parler de la Libération, ce moment où le pays allait sortir de la guerre à Macron et mettre le doigt sur la probable frigidité de la population, son absence d’enthousiasme pour la liesse. Ce beau mois de novembre n'aura rien fait pour le moral des populations enfermées par le Covid.

Les gens sentent bien qu'il y a dans la manière dont le monde tourne, ce libéralisme suicidaire, le libre-échangisme prophylactique de tous les virus possibles, que quelque chose doit changer. Mais quoi ? Comment ? Ne plus acheter de produits transportés en containers depuis des milliers de kms à l'Ouest ou par avion des mêmes distance à l'Est ? Aller vers une consommation du besoin par opposition à une consommation du désir, du caprice ?

Consommer c'est produire, produire c'est détruire : afham ?

Cette période de pré-déconfinement épisode 2, commence par la réouverture des commerces, un signal du pouvoir adressé non pas aux citoyens que nous sommes, mais aux consommateurs que nous demeurons : achetez !

Discussion rapide avec une femme, croisée devant une épicerie qui fait dans le local et le pas donné.. Elle a les bras tirés par des filets contenant moult produits bio, donne rendez-vous, en piaillant dans son smartphone, à une copine aux Galeries à 15 heures. Vous aurez compris bon d'accord, ce n'est qu'un pauvre et unique exemple ! , que ce n’est pas demain que les citoyens admettront que l’arme la plus efficace du libéralisme est la consommation et qu’en acceptant d’être réduits à des consommateurs par le pouvoir ultralibéral, ils se comportent en complices actifs. La montée en puissance du totalitarisme dans le soi-disant pays des Droits de l’Homme, de la Liberté de l’Egalité et de la Fraternité est concomitante avec l'obsession du pouvoir pour la croissance et la rente pas celle des retraité.es, hein ? Mais celle des actionnaires !

Samedi, pas de ruée, la croissance attendra une baisse significative des températures !

Je voulais donc évoquer la sortie de la guerre à Macron mais j’ai été interrompu par la manif de samedi et ses conséquences. Affaire Zecler mise à part, car ce qui s’est passé dans le 17e n’a rien d’extraordinaire, ma propre expérience de ce genre de comportement de la part des flics est largement fournie en faits similaires, voire plus graves.

Les flics ont toujours fait peur. Ce sont des poulets français en képi et pèlerine, qui sont allés, sous l’égide de Laval, chercher huit mille gosses juifs dans les écoles de la France occupée, ce sont encore eux qui ont massacré des centaines d’algériens pendant les « événements » avec l’acmé que constitue la tuerie du 17 octobre 1961, ordonnée par Papon, cette incarnation du nazisme français toujours préfet en 1961, et toujours opérationnel près de vingt ans après ses déportations de juifs bordelais vers Auschwitz. Cette énumération vise simplement à souligner le continuum dans les pratiques françaises en matière de sécurité et de maintien de l’ordre. La population est, ontologiquement une ennemie de l’État, dont pourtant il procède. Les flics ne se considèrent pas comme des citoyens, comment le pourraient-ils ? Ils sont élevés en batterie, comme les poulets, formés en 10 mois au lieu des 24 ou des 30 nécessaires à former les flics des autres pays d'Europe, sont assimilés au bras armé de l'Etat, ce qui légitime leur violence, et leurs méfaits, largement impunis. Sans chercher à excuser, il faut reconnaître que le pouvoir ne leur offre guère les moyens de se poser des questions morales. Les moyens matériels, les locaux, sont autant que leur formation initiale et continue extrêmement dégradés, pour des raisons exclusivement budgétaires, comme il se doit, ce pays étant gouverné par une administration de comptables. Faire toujours plus avec toujours moins, comme c'est aussi le cas pour l'hôpital et la Justice, c'est le dogme libéral-macronien à l'oeuvre. Bien entendu les dizaines de milliards dévolus aux grand patronat y échappent. Ouf !

La police n'est, après tout, qu'un organe du grand corps malade qu'est notre République. C'est le corps tout entier qu'il faut soigner, à commencer par la tête.

La bande de godillots à Macron avoté la Loi dite de Sécurité Globale, comprise par les flics comme un haro. Darmanin jubile, il va avoir les mains sales libres ! Ce pauvre type n'a pas encore compris qu'il est un fusible, un bouc émissaire, dont le nom restera comme celui de Papon, de Pasqua et de Pandraud au panthéon des salauds.

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