MACRONIQUE EN COVID #3

L'auteur Didier Daeninckx, communiste libertaire, avec qui on a souvent intérêt à ne pas être d'accord, a fui Aubervilliers où il a grandi, en raison de la dégradation de la démocratie municipale dans ce coin de banlieue comme dans un bon nombre de villes du 9-3 mais pas que.

Les maires, au premier rang desquels on peut citer Jacques Salvator (RIP), ont cru bien faire dans la première décennie du siècle, c'est à dire acheter la paix sociale dans leur zone d'influence et d'intérêt en manifestant une grande indulgence envers les menées des islamistes.
Ce n'est pourtant pas ce qu’on perçu les observateurs les plus en vue.
En effet, Daeninckx et d'autres, regardent la banlieue depuis la banquette du bistrot du coin, à Saint-Ouen (le 18e art bis de la capitale) ou Aubervilliers (le19e bis de la même), avec en tête l'idée que ce sont les dealers et autres gérants de « fours », qui constituent un danger potentiel pour la tranquillité de leur village.
Je leur conseille de prendre de la hauteur et d'ouvrir les yeux : les fours ne sont rien à côté de ce que sont les « mosquées », souvent des locaux banals où officient des Imams ou plutôt des recruteurs. Il en sort des chibanis déçus de ce pays où ils ont cru pouvoir vivre mieux que là d'où ils viennent, c'est à dire l’Afrique et le Maghreb, principalement. Ils ont trouvé refuge là où on leur promet une vie de fastes et de bonheur ... après la mort.
Il en sort aussi des jeunes, qui, dans la cour de leur école, de leur collège ou de leur lycée, sur les réseaux sociaux et au pied de leur immeuble traquent le Kufr, Kouffar, le mécréant, celui qui n'est rien.
Ils mettent la pression sur des jeunes, filles et garçons qui n'ont comme « lieu sûr », que la classe, là où il y a un.e professeur.e, un.e enseignant.e laïc, c'est à dire neutre au regard des religions,.
Ce « lieu sûr » n'est pas une forteresse, car juste dehors, il y a la cour et la rue. Dans la classe, il y a aussi de jeunes cerveaux échauffés par la colère de leurs parents, qui voient dans l'institution scolaire, dans la laïcité, une atteinte à leur foi.
Que dire de l’impossibilité, sauf à courir un grand risque, pour des profs dont c’est la mission, d’évoquer les sujets les plus évidents, comme la liberté d’expression, le libre arbitre, l’opinion et la nécessité de critiquer et de douter ? Ces thèmes seraient des constructions pensées contre l’Islam ?
Le militant islamiste Abdelhakim Sefrioui, utilise pourtant cette faculté, cette liberté, ce droit irréfragable de dire ce que l’on veut, du moment qu’il s’agit d’une opinion. Et que dit-il ? Il dit que Samuel Paty « est un voyou parce qu’un professeur ce n’est pas ça" en référence à l'utilisation des caricatures de Mahomet comme exemple pour un cours d'éducation civique par ce prof d'histoire-géo.
Les islamistes, c’est comme les curés : faites ce que je dis, pas ce que je fais. Moi, islamiste, j’ai le droit de dire ce que je veux, et surtout ce que les autres n’ont le droit ni de dire ou de faire. La censure morale, l’impératif islamiste, en lieu de liberté.
Ca devient difficile d’échapper à la pression de l’actualité y compris dans le gouvernement d’un pays comme la France. On entend dire que l’assassinat par un gamin tchétchène de 18 ans d’un professeur de collège, quelques semaines après l’attaque à la feuille de boucher de deux salariés d’une société hébergée dans les anciens locaux de Charlie, est un « tournant ». Là, je suffoque Parce que les assassinats de Charlie, du Bataclan, les crimes antisémites, commis depuis le début de ce siècle, n’ont pas été des tournants ? Des demi-tours, des révolutions, oui!
Le pays tout entier est sidéré, comme hypnotisé, impuissant face a l'aplomb des islamistes. La sidération engendre des rassemblements et des « je suis … », des hommages et des « plus jamais ça », des discours, des apocalypses médiatiques comme le jeune Pape Byram Sy, mais de solution ?

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.