MACRONIQUE EN COVID #22

Vers le 20 décembre. Séquence orwellienne. Radios-télés ouvrent leurs grands journaux, c’est à dire leurs dispositifs de lavage de cerveau, sur un truc inédit : l’acheminement des doses de vaccin Pfizer.

Il est question d’entrepôts situés dans des lieux tenus secrets, de convois militarisés pour trimballer le vaccin à Sevran et Dijon. Comme le battle du moment, oppose l’immense majorité de ceux qui ne veulent pas du vaccin à ceux qui n’en veulent, et que ceux qui n’en veulent sont au mieux, équipés de déambulateurs, et au pire de chaises roulantes, je me demande de qui les pouvoirs publics craignent un braquage des convois de vaccin ? J’ai vite compris, quand les même radios-télés, vous savez les chiens de garde du capital et de la croissance, se sont précipités dans les EPHAD de Sevran et Dijon pour assister à la première piqûre sur des vieilles ! C’est une opération promotionnelle, un raide Monday de la piquouze, bientôt obligatoire. Valoriser le vaccin, lui donner un vernis, le vipiser. Si a 50 ans on n’a pas son vaccin, on a quand même raté sa vie ! On le transporte comme on fait de l’or, puis on le dispense comme on fait de la Légion d’Honneur, tout le monde y a droit. Côté media, on filme, on interview les VIP, ben, ça fait pas mal, et pis comme ça je suis tranquille, et l’infirmière elle est gentille ! Juste après cette séance d’hallucinothérapie, je découvre que le gersois de souche a concocté un projet de Loi dont pas un journaclebs n’a parlé, qui prévoit l’inscription dans le droit commun de l’État d’urgence sanitaire, donne des pouvoirs extraordinaires au ministre de la santé, comme celui de décréter un couvre-feu ou un confinement, ex-abrupto, sans même consulter l’assemblée nationale, et, entre autres amabilités démocratiques, institue un passeport santé. C’est à dire vaccination obligatoire, sinon tu ne peux plus bouger de chez toi, autrement dit, BRAZIL ! L’occitanien honteux il ouvre la bouche, grand comme un égout pour prononcer un è parisien, est un sacré fumier. Capable d’endosser des mesures totalitaires, profitant, comme son manager, de l’état de stress et de déprime généralisés d’un peuple de veaux qui se laisse dépouiller de libertés dont on a l’impression qu’il n’a que faire.

Quoi d’autre ? Rien... Ah, si. Alentour, c’est à dire dans le quartier de la Gare du Nord, au cœur de Paris, la misère s’étend comme une épidémie. Les masques, obligatoires, sont portés sans souci d’une hygiène élémentaire dans la rue et dans les transports en commun. Ils sont comme des slips, marron dedans, jaune dehors. Je flippe, rien qu’à l’idée de monter dans un bus. Le virus crève, rien que de respirer les miasmes des masqués. Voilà la solution, mieux que le vaccin, la saleté !

Bientôt, on aura franchi le cap 2020 et on entamera la traversée de 2021 et dans ce presque monde d’après, je me sens un devoir de citer Orwell qui affirmait que la dictature s'épanouit sur le terreau de l'ignorance, une sentence en harmonie avec l’air du temps et cet autre adage le discours politique est destiné à donner aux mensonges l'accent de la vérité, (…) et à donner l'apparence de la solidarité à un simple courant d'air. En bas de chez moi, le kebab a posé un calicot sur sa vitrine le kebab solidaire, 4€.

Voilà, nous y sommes presque … 

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