Ma chronique #73

Filles, femmes, comme on dit garçons, hommes. Je dis filles et me sens garçon, si cela ne dérange personne. Les filles que je fréquente sont femmes au monde et filles à mon affection, à mon amitié, à mon amour.

Elles sont monoposées, comme assises sur une fesse, en attente de quelque chose qui les attire, hérons dressés, une patte repliée, l’autre tendue, l’œil vif, le réflexe intact.

Elles rient de rien, de tout, sortent du hammam en plein cagnard, la peau huilée, le cheveu gras, heureuses. Devant un miroir, elles scrutent l’entour de leur sourire, les rides naissantes, au fond desquelles elles cherchent des laideurs qui n’y sont pas.

Elles ont dans les cinquante, sont mères, sœurs, amies, amantes ou épouses, elles vivent seules ou accompagnées, parfois mal, parfois très mal, déçues, repenties, reparties vers un horizon tout neuf, qu’elles aperçoivent du haut des talons de leurs escarpins.

Elles sont dans cet âge ou le genre paraît injuste, ou vient le moment où le beau garçon reste beau, le laid prend la beauté de sa laideur, le quelconque embellit, un peu, tandis qu’elles ont l’impression de faner.

Elles sont un peuple à elles toute seules, un peuple, une communauté.

Il faut du courage pour être une fille, une femme, de la persévérance et de l’imagination.

C’était juste un truc que j’avais envie de partager dans une chronique, voilà, c’est fait.

A part de ça, comme disait un garçon que j’aime beaucoup, en dépit de son caractère de cochon, pour son génie et sa folle imagination, il y a des élections dimanche prochain. Pour la première fois, depuis mon premier bulletin de vote, je ne me pose pas la question embarrassante de mon abstention. Je vais m’abstenir, absolument. Pourquoi ? Parce que c’est moi qui le déciderai, cela fait partie de mes libertés, celles que me garantissent la démocratie et la république dans le texte de sa constitution. Pas un décret, une ordonnance qui m’oblige à voter.

A la liberté du Spritz de François Sureau, s’ajoute celle de ne pas voter.

On discutera de la cohérence, du bien-fondé, de l’utilité, de la contradiction de cette position. On la qualifiera de radicale, puisque c’est le mot qui monte dans le verbatim politico-médiatique, je m’en fous. Je n’irais pas faire le barragiste, le bagagiste, le soutien, le mouton, j’irais au barbecue de mon ami Patrick. Na !

Israël, et ses extrêmes droites, Bibi cède la place à Naftali, ce gars qui a déclaré en 2013 j'ai tué beaucoup d'Arabes dans ma vie, et il n'y a aucun problème avec ça, veut annexer tous les territoires occupés, la Cisjordanie en priorité. La fin de la fin n’est pas pour demain.

Les milliers de jeunes faisant la fête sur les pelouses des Invalides, les files d’attente de plusieurs centaines de mètres devant des échoppes qui vendent des donuts fluorescents, ce sont nos amis et voisins les banlieusards, du Nord, du Sud, de l’Est et de l’O.., euh, non, pas ceux-là ! 

Pilotés par les réseaux sociaux, qui les informent sur les aubaines, ils assiègent les pâtisseries dégueulasses envahissent les pelouses merdeuses, manifestations sans objet, juste le plaisir d’être à beaucoup.

Moins de touristes étrangers, ça fait de la place à ces autres migrations des banlieues et des provinces.

Pas de quoi se plaindre. Moins de bruits de valises à roulettes, le retour d’une atmosphère fin 20ème s. dans le 3ème arrondissement, pas d’autocars bourrés de jocondeselfistes, de parapluies verts brandis par un bras asiatique au bronzage cycliste, de processions lourdiennes, au pied de la tour Eiffel, sur les pentes de Montmartre et les Grands Boulevards.

Après tout, les banlieusards, sont des Parisiens comme les autres. Le Grand Paris, c’est quasiment l’Ile de France. Quand on demande à un touriste d’où il vient sur une plage de Palavas, il répond, de Paris, même s’il vient de Gagny ou Nanterre.

Je n’en finis pas de m’extasier sur l’absence des autocars, des valises à roulette de la faillite des abrutis qui ont achetés des immeubles entiers pour se gaver d’Air b & b, jusqu’à quand ?

Je vous disais, les bobos acheteurs de chiens Ferrari ou Porsche, et ben, hier, j’ai vu un reportage sur les mêmes, mais allemands. Ils achètent des chiens de race pure. My goodness ! Le commentateur doit être un de mes lecteurs. Il dit que les acheteurs de ce genre de chiens les choisissent comme on fait d’une bagnole. Carrosserie, rareté, cherté etc... Zéro scrupule.

Les chiens en question ont une espérance de vie très courte, et un coût d’entretien idem une Testarossa. Chirurgie, soins permanents, médocs. Les chiens à bobos sont des mines d’or pour les vétos et les éleveurs.

Regardez ces pauvres animaux, utilisés pour la frime, des Berluti, des Louboutin, animés. Ils sont malades.

Les bouledogues français, par exemple, ont été travaillés pour avoir une tête plus ronde, ressemblante à celle d’un humain, idem des tas d’autres espèces, dites de race pure, parce qu’elles ne sont pas mélangées avec d’autres espèces.

Le bouledogue français qu’on achète en Allemagne, doit se faire opérer, rectifier les voies respiratoires pour ne pas mourir asphyxié. Le temps d’attente pour un rendez-vous dans la clinique du docteur Mengele des chiens est de 8 mois.

Ces chiens qu’on achète à prix d’or, sont le résultat de combines reproductives hideuses, d’eugénisme.

Quand on interroge une propriétaire de bouledogue français dans une salle d’attente de la clinique sur le caractère assez peu respectueux du bien-être animal, la dame répond qu’elle aime trop son bichon qui s’appelle Marta, c’est donc une bichonne, et qu’elle envisage même d’en avoir un deuxième. Les races pures, il n’y a que ça de vrai !

Derrière l’amour il y a, toute une chaîne de pourquoi ... Johnny Halliday paroles Vito Pallavicini

 

 

 

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