Ma chronique #74

Faut-il se résigner à n’avoir d’horizon de pensée que Zemmour ? Cet homme a qui on décerne tous les likes disponibles, pour son talent, sa culture, son érudition même, tout en le maudissant, en le flétrissant, en lui déniant toute humanité. Tous les gens qui font son panégyrique commencent par je n’aime pas du tout ce Zemmour, mais ...

Zemmour est très humain, au contraire, peut-être trop humain ! Il a beaucoup de haine en lui, cette énergie nucléale tellement spécifique à l’humanité, qui abrutit de son éclat maléfique ses regardeurs, ses laudateurs, ses fans, et les soumet.

Ainsi sommes-nous réduits à entendre des prescripteurs de sens, des influenceurs, tueurs hébétants de la pensée, parmi lesquels des zombies comme Gisbert qui salope du papier qui ne lui a rien fait, d’un vomi puant, vendu pour une biographie de Bernard Tapie, à un éditeur débile.

Zemmour, Gisbert, Machinsberg, Trucstein, Connardieu, Choserance, allumés de CNews, la chaîne que tout le monde regarde, les uns, disent-ils, pour comprendre pourquoi les autres la regardent...

Résignation. Notre pays, mais l’Europe aussi, et le monde avec, sombre petit à petit, dans la résignation. Il n’y a pas d’alternative. La prison a beau être grande, les haut-parleurs à mensonges et bullshit, qui nous zinguent les oreilles, nous farcissent le cerveau, nous étrillent la conscience, sont branchés sur courant continu. La planète c’est Guantanamo XXL.

J’écrivais sur les chiens de race pure. Les cons qui achètent ça, ne comprennent pas qu’ils font la promotion de l’eugénisme. Qu’est-ce qui déconne chez eux pour qu’ils ne se rendent pas compte que l’hygiène raciale est à l’origine de l’Holocauste, celui des nazis, mais aussi les autres, ceux de la série plus jamais ça ? Bien sûr, il ne s’agit dans mon propos, que de chiens, mais concomitamment, on légifère sur un droit à l’enfant. 

Un droit à consommer des enfants, comme des chiens, entre autres biens, mais entendez, ces femmes que la nature à faites incomplètes et incompétentes à la procréation, les lesbiennes qui ne veulent pas entendre parler d’un pénis comme véhicule de la procréation, ont le droit, against all odds, de posséder, d’acheter des gosses. Sur ce marché florissant, interviennent des marchands de gamètes présélectionnés, yeux bleus, teint clair, cheveux blonds. Ils et elles, les eugénistes, font valoir leur droit à consommer du gosse, ou du chien, du moment que la race est hygiéniquement pure. Tant que la Loi n’est pas en vigueur dans notre pays, les achats se font en ligne au Danemark ou ailleurs. On feuillette le catalogue, on filtre, on valide, on paie, on reçoit.

Le Deliveroo du gamète, choisi sur un menu.

Adaptation. Remarquable l’adaptabilité des Parisiens. Juste après le début du confinement, une fois le stock de PQ rangé, ils se sont mis à entasser de la farine, des œufs et du beurre, entre autres ingrédients et ont appris à se faire à bouffer chez eux. Le 19 mai dernier, plus un Parisien en cuisine. Tout le monde en terrasse. Résultat, les magasins d’alimentation, boulangeries et caves compris ont vu leur chiffre d’affaires chuter. Un krach ! L’économie c’est ça. Un balancier, un coup t’es en haut, un coup t’es en bas et le troisième coup t’es encore en haut mais pas du bon côté.

Pourquoi faire des courses quand tu peux aller bouffer de l’approximatif pour cher, dans des bistrots qui profitent de ta générosité, tu paies l’emplacement de leur terrasse, et de ton impatience à poser ton cul devant une assiette dégueu avec ta meuf et tes gosses, pour te refiler une addition salée et poivrée, gourmand croquant ! Toi, t’es tellement content et tellement con, que quand tu gerbes ce que tu as becqueté une heure avant, tu penses que c’est parce que tu as mangé trop vite.

Un bistrot de l’avenue Trudaine.  A chaque arrivée d’un groupe, n’importe le nombre, le mec court chercher une table et des chaises dans son arrière-boutique, et colonise un bout de trottoir supplémentaire. Quand on est arrivés, la terrasse comportait une vingtaine de tables au lieu des 10 habituelles, quand on est partis il y en avait une bonne quarantaine.

Le même, en rade de Perrier, nous dit, je vais en demander. Plus rien pendant vingt minutes, puis la serveuse arrive avec un grand verre, celui dont on fait des vases à la maison, blindé de glaçons, une rondelle de citron au milieu et ... pas une bulle dans l’eau. Malheureusement pour ce bistrot, tous les clients n’ont pas perdu la boule. Venue encaisser, la serveuse s’est vu répondre par la fille en face de moi, une fille, vous savez ? excusez-moi, mademoiselle, mais je ne paierais pas 5 euros un verre d’eau avec des glaçons, ce n’est pas ce que j’ai commandé. Situation embarrassante, personne se plaint jamais se dit la serveuse, qui ne sait pas quoi répondre. Elle justifie, elle bafouille un peu ...  Il a quand même fallu aller voir le patron !

Et le foot ? Ah, ces commentateurs de foot à la télé ! L’équipe de France est tellement formidable ! S’ils n’ont pas touché la balle de la partie, c’est parce que ... stratégie, tactique... la tacataquetique du génie footballistique bleu blanc rouge.

L’équipe constituée de 11 génies a gagné un match par 1 à 0, le but étant évidemment marqué par l’adversaire contre son camp, ils n’allaient pas se fatiguer les trois, à marquer eux-mêmes.

D’ailleurs les commentateurs ne se sont pas trompés, qui ont congratulé les joueurs d’élite, pas un mot sur le fait que le but a été marqué par un Allemand.

Ils vont faire de l’arthrose à manier l’encensoir, ces abrutis. Ces amateurs de lèche sont des Praud !

La chaleur ? On verra plus tard, quand c’est les ventilos qui manqueront dans les hostos, pas ceux pour les intubés, attention ! je parle des autres, ceux qui font de l’air à 32° C !

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