Serge ULESKI
Quiconque aujourd’hui n’est pas en colère est soit un salaud, soit un imbécile soit un escroc
Abonné·e de Mediapart

426 Billets

2 Éditions

Billet de blog 6 avr. 2013

Cynisme et démagogie - capitulation et soumission : François Hollande doit partir et quitter la politique !

Serge ULESKI
Quiconque aujourd’hui n’est pas en colère est soit un salaud, soit un imbécile soit un escroc
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

              Tous les débats sont aujourd’hui possibles quand on a la faiblesse de poser des questions qui resteront sans réponses convaincantes ou bien, des questions qui n’appellent aucune re-mise en cause radicale et impitoyable, des question  du genre… et dans le genre :  « Où va la France ?», ou bien encore… « Où va la gauche de gouvernement ?»

Soit : que l'on y réponde alors !

               Un jour là, un jour ailleurs, elles vont et viennent cette France et cette Gauche, parfois elles s’absentent puis réapparaissent avant de repartir de plus belle avec ou sans nous, c’est selon… selon son train et selon notre capacité à pouvoir suivre sa locomotive tels des wagons même si, privés d’espoir, on peut à juste titre trainer les pieds.

La direction de cette France et de cette Gauche importe peu puisqu’elles ont toujours comme boussole… le fait de ne jamais perdre le Nord comme on peut éviter d’y perdre et d’y laisser sa tête ; leur Nord à elles deux, c’est l’oraison funèbre et c’est aussi le crépuscule d’un Sud ensoleillé et prospère  pour tout un chacun.

Aussi, aujourd’hui, il n’y a plus qu’une seule question qui vaille : à quoi peut-on encore espérer résister, avec qui et comment ?

           Tout débat autour de la présidence de Hollande et sa capitulation face à une mondialisation financière et économique des monopoles, des cartels et des stratégies de domination guerrière, ce débat-là autour de cette pieuvre n'a jamais cessé partout à gauche depuis plus de trente ans ; et pour cause : rien de nouveau sous le ciel couvert européen ! Que ce soit en Angleterre (Blair dans la continuité de Thatcher), en Allemagne (alliance de gouvernement droite-gauche) ou bien en Italie… le pays de la commedia dell’arte de la politique, depuis la fin des années 80, il n’y a plus d’alternative politique en Europe ! Rien de surprenant : l’Europe elle-même est le seul parti et la seule politique auxquels tous se sont ralliés peu ou prou… une Europe à la carte néanmoins, et seuls les moins intégrés, les plus égoïstes, les moins européens (mais les plus proches des Etats-Unis) et les plus futés sont aujourd’hui capables de limiter la portée d’un engagement qui ressemble fort à un enfermement porteur d’une seule promesse : sueur, larmes et sang.

Et l'on pourra toujours, au passage, se réjouir que cette Europe-impasse  - impasse plus démocratique que politique - n’ait pas pour autant ravivé la flamme de la menace d’un nationalisme agressif et discriminatoire plus connue ici en France sous le nom de FN. Autant pour Stiegler et son ouvrage « Pharmacologie du Front national » et pour tous les gogos (ceux qu'on nommera les « Nouveaux ploucs de la conscience politique »)  d’un soi-disant péril fasciste imminent !

Mais alors, pourquoi se faire peur ? Mais…. parce qu’en politique, la peur est la meilleure des diversions et la meilleure des conseillères : elle intime l’ordre à la soumission. Tiens pardi !

Qu’on se rassure donc : le fascisme ne passera  pas !

A moins que…tenez ! Nombreux sont ceux qui ont la lucidité dans une analyse à la fois audacieuse et d’une intelligence rare de nous alerter au sujet d’un « fascisme » dont il serait inutile de craindre la résurgence pour la simple raison que ce fascisme-là aurait déjà triomphé partout en Europe, subrepticement pendant notre sommeil ; un long sommeil de trente ans ; et notre ignorance en la matière n'y changera rien : on y baigne dans ce fascisme que l’on ne sait pas et ne peut pas nommer... on s’y vautre jusqu’à en perdre notre emploi, par millions, jusqu’à ne plus pouvoir trouver que des médias aux ordres, jusqu’à l’exercice d’une violence sociale sans précédent,  jusqu’aux guerres les plus douteuses et finalement les plus intéressées qui soient, le tout piloté par un « fascisme langagier » (proche de la Novlangue d’Orwell), véritable langue de bois paroxystique sans alternative : quiconque refuse d’y adhérer avant de s’y soumettre se verra disqualifié et banni en tant que fasciste, raciste, antisémite, complotiste paranoïaque, nationaliste, homophobe, islamophobe, anti-européen, anti-américain...c'est au choix ! Faites votre choix !

Car cette Europe-là sera dans le meilleur des cas une succursale de l’hyper-puissance étasunienne, et dans le pire, la victime collatérale d’une mondialisation qui n’a pas le temps de se pencher sur le sort d’un demi-milliard d’individus à l’automne de leur espérance de progrès et de justice,  avant un long hiver dont ils se réveilleront incapables de se reconnaître dans l’image que le miroir de leur salle de bains aura bien voulu leur refléter.  

© François Hollande
Discours du Bourget du 22 Janvier 2012 : une fois élu au côté d'un trésorier de campagne actionnaire de sociétés offshore aux îles Caïmans, Hollande nommera Emmanuel Macron aux questions économiques, un ex. de chez Rothschild qui a pour parrains Attali et Jouyer.

              Non, vraiment ! Ce qui restera à jamais à propos de François Hollande et que l'on n'oubliera pas de si tôt, c’est bien le fait qu’il a mené une campagne sur un programme envers lequel il ne se sentait aucune obligation de mise en œuvre, et de penser aujourd’hui qu’il peut en toute impunité échapper à une sanction à la fois morale et électorale...

Pour ces deux raisons... oui, Hollande doit partir et quitter la politique. Quant au Parti qui a porté sa candidature, il faut, tel un abcès, le crever... avant de livrer son cadavre à tous les charognards d'une politique sans honneur ni justice, et son pus à tous les prévaricateurs d'un système dont il n'est plus possible d'ignorer le mépris dans lequel il tient un électorat de quarante millions d'électeurs.

Oui ! Hollande doit non seulement partir mais il doit aussi quitter la politique et le PS - ce cancer de la vie politique française -, doit être dissout, seule condition d'une reconstruction d'une Gauche du NPA, du FG et de la gauche d'un PS défunt... au moment où un Cahuzac trébuche sur des faits somme toute bien moins dommageables pour la démocratie et la politique…   car enfin… n’est-il pas moins grave de vouloir "jouer les écureuils en mettant des sous de côté pour ses vieux jours" que de tromper délibérément un corps électoral de près de quarante millions d’électeurs (1)?

En effet, force est de conclure ce qui suit : à l'heure de toutes les capitulations et de tous les reniements, il n'est plus possible d'entretenir par nos votes des carrières de députés, de députes-maires, de sénateurs, de ministres et autres secrétaires d'Etat, de présidents de région, de département, tout un personnel estampillé PS pour une représentation politique qui n'arbore plus que les couleurs de carrières et d'ambitions sans projets et sans courage...

Et même si ce revirement-capitulation de Hollande n’est pas, dans nos âmes et consciences, si inattendu, ne pas se donner les moyens d’organiser la chute de cet individu et  la dissolution du PS, quel qu’en soit le prix, c’est se résigner à être méprisés ; c’est encourager le cynisme et la démagogie, et c'est consacrer un véritable régime d'impunité morale pour toute une classe politique qui baigne dans le mensonge et la duplicité et qui ridiculise les élections en général et la fonction présidentielle en particulier.

Les promesses n’engagent que ceux qui y croient ?! Qu’à cela ne tienne… avec Hollande, c’a été une fois de plus. A nous électeurs de lui faire comprendre, à lui et à toute la classe politique, que c’a été une fois de trop.

              Dès maintenant une tâche d’une exigence absolue attend tous ceux qui souhaitent scruter, déterminer, comprendre et expliquer ce qui a rendu possible l’élection de François Hollande ; une élection qui ressemble fort, de par le profil de son vainqueur, à une ambition hautement stratégique qui viendrait donc d’un peu plus loin que la seule ambition de cet homme aux allures de notaire de province qui, s'il pouvait nourrir en secret une telle ambition,  n'en avait pas vraiment, pour autant, les attributs extérieurs même si l'on sait maintenant qu'il en possédait tous les attributs les plus intimes et difficilement avouables, et pour cause : la soumission et une reconnaissance sans bornes pour un ordre qui vous a consacré "Président".

N'en doutez pas un instant : c'est bien cet ordre-là, méduse à têtes multiples, protéiforme, liberticide et jamais vaincue, qui fait et défait les Présidents puisqu'il ne pourrait bien que ce soit lui qui décide de qui sera candidat ou pas. Car enfin... cet Hollande-là ne vous rappelle-t-il pas d'autres Hollande ? Cet Hollande-là n’est-il la copie conforme de tous ceux qui, en Europe, ont dirigé, et dirigent encore aujourd’hui, un pays ou un gouvernement, ou bien encore, tous ceux qui ont occupé, et occupent encore, un poste à Bruxelles et plus particulièrement... à la Commission européenne (2) ?

                       Mais alors...  que les investigations puissent aussi répondre à cette question :

           Qui a pensé à  Hollande, qui a soutenu et rendu possible sa candidature une fois la chute de DSK confirmée et qui a orchestré et validé l’éventualité de sa victoire ?

                       Un trésorier de campagne de François Hollande amoureux des paradis fiscaux,  un dénommé Jean-Jacques Augier actionnaire de sociétés offshore aux îles Caïmans, peut sans doute être un point de départ, une piste... mais bien modeste quand même cette piste - celle sans doute d'un second couteau opportuniste de seconde main -, et dont il ne faudrait surtout pas se contenter…

                      Ainsi qu'à cette autre question…

           D’où vient Hollande tout en sachant qu’il vient de là où personne ne l’attendait et de là où lui-même ne s'attendait certainement pas non plus. Reste alors à circonscrire ce lieu.

                      Et jamais comme aujourd'hui, les investigations nous ont autant fait défaut ! Rien de surprenant puisque jamais, nous n'en avons eu autant besoin !

1 - D'autant plus qu'en homme dit de "gauche", n'est-il pas naturel qu'il ait été tenté d'en mettre un peu à gauche justement ! Et que dire du fait que la quasi totalité des électeurs a fini par se résigner à accepter que l'on puisse quitter la politique bien plus riche qu'en y entrant, avant d'y retourner à nouveau, dans un va-et-vient privé-public, dedans-dehors, auquel il semble impossible de s'opposer.

Quant à la nomination d'un ministre fraudeur à la tête de la lutte contre la fraude et l'évasion fiscales... à quand la nomination d'un pédophile à la tête de la "Petite enfance" du ministère de la famille ?

2 - Avec un Barroso archétypal, en Président de la Commission, véritable "exécutif de paille" formé aux Etats-Unis, ancien gauchiste activiste portugais (Oui ! sans rire !) retourné dans les années 90 après un séjour outre-Atlantique.

Car enfin, ne peut-on pas forcer à se démettre de honte une partie des membres de cette oligarchie internationale (la casta) - du moins les plus subalternes d'entre eux, et Hollande en "exécutif de paille" est bien l'un d'eux -, et faire en sorte qu'ils ne soient plus mentalement en position de pouvoir continuer à servir et à trahir ? N'est-ce pas jusqu'à l'os et la moelle qu'il faut chercher à atteindre les membres de cette oligarchie ?

© DRMLille

Vers la fin du CDI en france ? Le plan des financiers pour 2012. Vidéo mise en ligne en début d'année 2012

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Discriminations
En Haute-Loire, au « pays des Justes » : la rumeur et les cendres
Le village de Saint-Jeures, réputé pour avoir sauvé des juifs pendant la guerre, n’est pas épargné par l’islamophobie. Quand Yassine, un jeune chef d’entreprise à son aise, décide d’y faire construire une maison et d’installer sa famille, les pires bruits se mettent à courir. Jusqu’à l’incendie.
par Lou Syrah
Journal — Extrême droite
Les « VIP » de Villepinte : l’extrême droite et la droite dure en rangs serrés
Parmi les invités du meeting de Villepinte, des responsables identitaires, des anciens d’Ordre nouveau et du Gud et des royalistes côtoient les cathos tradis de La Manif pour tous et les transfuges du RN et de LR. La mouvance identitaire s’apprête à jouer un rôle majeur dans la campagne.
par Karl Laske et Jacques Massey
Journal — Médias
« Le Monde » : Matthieu Pigasse vend la moitié de ses parts à Xavier Niel
Après avoir cédé 49 % de ses parts en 2019 au milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, le banquier en cède à nouveau 49 % au patron de Free, qui devient l’actionnaire dominant du groupe de presse. En situation financière difficile, Matthieu Pigasse ne garde qu’une participation symbolique.
par Laurent Mauduit
Journal — Politique économique
L’inflation relance le débat sur l’augmentation des salaires
Avec le retour de l’inflation, un spectre resurgit dans la sphère économique : la « boucle prix-salaires », qui serait synonyme de chaos. Mais ce récit ancré dans une lecture faussée des années 1970 passe à côté des enjeux et de la réalité.
par Romaric Godin

La sélection du Club

Billet de blog
La Chimère Populaire
Pourquoi certain·es d'entre nous se sont inscrit·es à la Primaire Populaire et envisagent désormais de ne pas y voter ? Un petit billet en forme de témoignage personnel, mais aussi d'analyse politique sur l'évolution d'un choix électoral - parce que la trajectoire de l'électorat est mouvante, n'en déplaise aux sondages ou aux Cassandre de tous bords.
par Albin Wagener
Billet de blog
Présidentielle : ouvrir la voie à une refondation de la République
La revendication d’une réforme institutionnelle s’est installée, de la droite à la gauche. Celle d’une 6° République est devenue un totem de presque toutes les formations de gauche à l’exception du PS. Ce qu’en a dit samedi Arnaud Montebourg rebat les cartes.
par Paul Alliès
Billet de blog
Le convivialisme, une force méta-politique
Vu d'ailleurs le convivialisme peut sembler chose bien étrange et hautement improbable. Parmi ses sympathisants, certains s'apprêtent à voter Mélenchon, d'autres Jadot, Taubira ou Hidalgo, d'autres encore Macron... Ce pluralisme atypique peut être interprété de bien des manières différentes. Les idées circulent, le convivialisme joue donc un rôle méta-politique. Par Alain Caillé.
par Les convivialistes
Billet de blog
Et si nous avions des débats constructifs ?
La journée internationale de l'éducation de l'UNESCO, le 24 janvier, est l'occasion de rappeler que les savoirs et expertises de toutes et de tous sont essentiels pour nourrir les conversations démocratiques.
par marie-cecile naves