Et de deux !

           Après la soirée consacrée à ce que Médiapart a cru pouvoir identifier comme de l'islamophobie... on retrouve à propos de la Syrie le même effondrement journalistique... à regret, bien évidemment !

 

_________________

 

          Il est dit que la moitié de la population syrienne soutient Bachar Al-Assad. Or, seuls les rebelles ont la parole ; et seule cette parole retient l'attention des journalistes occidentaux.

Indépendamment de ce qu'on peut penser de la nature du régime syrien, comment peut-on accepter un tel parti-pris qui, à coup sûr, nous éloigne d'une quelconque compréhension d'une réalité forcément composite ?

Comment Médiapart peut-il se faire le complice d'un tel parti-pris semaine après semaine ?

Pourquoi Médiapart choisit-il la facilité ?

Qu'est-ce à dire ?

S'agit-il d'incompétence ou d'un désintérêt de Médiapart qui assurerait alors un service minimum sur cette question syrienne ? Ou bien... ce parti-pris cacherait des allégeances que nous lecteurs n'avons aucune raison d'encourager ?

Est-ce que toute la rédaction de Médiapart est unie derrière ce qu'il faut bien appeler un "fiasco journalistique" ?

Car, notre compréhension de la Syrie d'ici cinq ans, c'est bien aujourd'hui qu'elle trouve et prend sa source !

 

              Mais alors... comment nous, abonnés, pouvons-nous accepter un tel parti-pris ? Alors que rien ne nous y oblige ! Car enfin, n'est-ce pas tout un pan du métier de journaliste qui s'effondre sur la Syrie avec ce parti-pris qui n'explique et ne prévoit rien ? Et comment à l'avenir faire confiance à Médiapart ? Sur quels sujets ?

           Qu'il soit permis de rappeler ceci :  rien n'oblige Médiapart à traiter ce sujet s'il ne le souhaite pas ou s'il estime manquer des compétences nécessaires. Après tout, nous lecteurs pouvons très bien nous contenter - même si ça ne durera qu'un temps  -,  du feuilleton des frasques de la caste médiatique, politique et économique !

Syrie, ce que les médias ne vous disent pas © Ka Jule

 

Conférence à Genève, sous haute surveillance : une journaliste russe entourée de Syriens francophones qui exigent le départ de toutes les troupes étrangères du sol syrien, désespérés à l'idée de voir leur Pays détruit tel l'Irak hier ou la Libye.

 

***

 

             On n'aura pas manqué de noter le peu de commentaires recueillis sur le fil  "En direct de Mediapart» : Syrie, deux ans après". Cette absence d'entrain, cette participation au compte-gouttes explique et exprime quoi ? Le désintérêt des abonnés pour la Syrie ? Ou bien, le manque de confiance dans les interlocuteurs que Médiapart a choisis pour traiter la question syrienne ce soir-là  ?

Aussi, dans le doute, on préfère s'abstenir et se détourner du sujet...

 

            Autant de questions qui resteront sans réponses selon le principe suivant : "Abonné Médiapart, parle à mon cul, ma tête est malade !"

 

 

P.S.


En Irak, dix ans après... on n'a toujours pas reconstruit. Il y avait de l'eau et de l'électricité... il n'y en a plus. Car il se pourrait bien qu’avec l'Irak, la Syrie et la Libye on soit confronté à une nouvelle stratégie : celle du chaos ad vitam æternam pour ces trois pays ( 4 avec l’Afghanistan) que l'Occident ne peut décidément pas contrôler… contrairement à la Tunisie et à l'Egypte ; en ce qui concerne ces deux pays, les populations n'ont plus voulu des laïcs affairistes…  soit ! On leur sert des religieux (sans doute tout aussi affairistes !) ; l’important étant que les Occidentaux continuent d'assurer les transitions et les changements de régimes.

***

Le sujet de ce billet c'est la démission du journalisme devant les événements de Syrie ; même RFI n'est plus vraiment capable de faire "le job", hormis une émission sur l'eau dans le contexte du conflit syrien, avec le Liban et Israël... ICI

N'oublions pas le Golan ! Le château d'eau de la région. Une Syrie à genoux (inopérante) pour les 20 prochaines années... ça arrange bien du monde.

***

L'erreur, bien sûr, c'est de ne raisonner qu'en termes de soulèvement populaire.... parce que là, il n'y plus de questions à se poser car enfin... n’a-t-on pas toujours raison de se révolter ?

C’est l’option la plus confortable car la moins risquée : elle arrange tout le monde. D'où l'absence d’expertise et d’analyses aussi globales que dérangeantes dans les médias dominants… même s’il y a de fortes chances pour que personne ne croie à la seule thèse du « soulèvement populaire spontané » ; tout le monde soupçonne des stratégies globales qui ont déjà 20 ans ; néanmoins,  exposer ces stratégies c’est prêter le flanc à tous les chantages : antisioniste, antiaméricain, complotiste, antisémite…

Quel média peut s'offrir une telle prise de risque ?

Le piège s'est refermé. Quiconque souhaitera en sortir n'en tirera aucun profit (et les Syriens, pas davantage)... excepté la vérité sur laquelle tous les médias dominants se sont assis il y a longtemps déjà.

Aussi, ils auraient sans doute tort de se gêner.

 

________________

 

Pour prolonger... http://blogs.mediapart.fr/blog/serge-uleski/230313/rfi-pour-ne-pas-mourir-idiot-la-seule-lecture-de-mediapart

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L'auteur a choisi de fermer cet article aux commentaires.