En réponse au billet suivant : Benjamin Stora: avec l'Algérie, Hollande doit faire des «gestes d’apaisement mémoriel» Par Lénaïg Bredoux... ainsi qu'aux commentaires que mes propres commentaires ont suscités chez LaRépublique, Saad eddine kouidri  entre autres ; pas facile toutefois de leur répondre sans savoir d'où parlent tous ces intervenants !

En effet... avons-nous affaire à des Français d'origine algérienne, nés à Bobigny, exaltés, qui pensent que tout leur malheur (et accessoirement celui de l'Algérie) vient d'une France coloniale, ou bien... des Algériens d'Algérie membres du FLN, menteurs, manipulateurs et tricheurs... ou bien encore... des égarés issus de l'immigration, Français ou pas, qui croient dur comme fer que tout leur avenir en tant êtres humains libres et responsables dépend d'une France repentante, esclave d'une Histoire dans laquelle il n'y aurait rien à sauver excepté devant un tribunal du type... TPI ?

Qu'à cela ne tienne !

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           Difficile de manœuvrer avec cet Etat algérien non démocratique et non républicain, qui n'a eu de cesse d'humilier sa population depuis l'Indépendance ; Etat policier et militaire dirigé par un FLN historique qui s'est avéré n'avoir aucun projet pour le Peuple algérien excepté pour les cadres de ce même FLN : que les villas des colons acquises sur le dos, les muscles, la sueur, le sang et les larmes des indigènes changent de propriétaires. Et le fait que cet Etat ne gêne personne à l'International et qu'on lui fiche une paix royale, ne change rien à l'affaire : il s'agit bien d'un Etat voyou auquel on doit s'abstenir d'adresser des signes de soutien quels qu'ils soient.

Aussi… dans tout le travail sur la mémoire, la responsabilité et la condamnation des crimes de la colonisation, gardons-nous bien d'y associer de près ou de loin, directement ou indirectement, cet Etat algérien et ses nombreux relais universitaires et autres chercheurs, intellectuels propagandistes qui mangent à la gamelle du FLN depuis l’Indépendance. Ce qui n'exclue pas, bien évidemment, de collaborer avec des intellectuels résistants algériens réfugiés en France.

40231388.-MG-8031copie-1-.jpg__________Avec ce travail que nous nous devons d’abord à nous-mêmes, le Peuple algérien saura sans aucun doute y voir de la part de la France le désir de continuer de scruter son Histoire coloniale et de poursuivre cette recherche d’une  réconciliation féconde (1) entre les deux Peuples des deux rives de la Méditerranée. Et c’est là le meilleur service que l’on puisse rendre au Peuple algérien ; Peuple autant meurtri par la colonisation que par l’échec de son Indépendance.

Car, si l'on doit quoi que ce soit à qui que ce soit, ce n'est certainement pas à cet Etat algérien dirigé par des voleurs et des assassins, mais bien au Peuple algérien, tout en gardant à l'esprit qu'il serait mal venu de lui donner plus qu'il n'en demande à ce sujet : souvenez-vous, à l'occasion de la dernière visite de Jacques Chirac, il était bien plus question de visas que de repentance.

 

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141718-5ZCDBFN1GKNS7NQXSZJ4NDQWE4ZTRU-cap-carbon2-H173136-L-1-.jpg_________Monsieur Stora déclare : "...l’Algérie a aujourd’hui les clefs de toute une série de conflits qui secouent la région saharienne."

Qu'il soit permis ici de répondre ceci : de grâce, que l'avenir nous préserve d'une telle Algérie ! car alors, realpolitik oblige ! le Peuple algérien ne serait pas près de voir la fin de son calvaire car alors, en cas de soulèvement, jamais sa population n'aura le soutien de l'Occident si par malheur l'Etat algérien rend des services jugés inestimables aux yeux de cette oligarchie occidentalo-israélienne qui décide de tout ou presque, dans cette région... de Casablanca à Bagdad.

Monsieur Stora poursuit : "S’il peut y avoir une relance d’une stratégie d’union méditerranéenne, cela devra passer, pour beaucoup, par l’Algérie."

Si Monsieur Stora doit s'occuper d'autre chose que d'Histoire - de géo-politique par exemple, et de formulation des voeux pieux qui ne reposent sur aucune réalité de terrain -, qu'il lui soit vivement conseillé de se soucier en priorité du Peuple algérien, de sa liberté et de son bien-être... et moins de cet Etat algérien et ce régime FLN dont il n'y a rien à sauver depuis la confiscation des richesses de l'Algérie qu'on appelle abusivement : Indépendance.

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75b0a921eef163f4eecd4d4a5abba701-1-.jpg_________Ce n'est certainement pas le rôle d'un historien que de tenter sur la question de la colonisation de rapprocher un Etat de droit avec un Etat voleurs-assassins. La realpolitik n'est pas l'affaire de la société civile et moins encore, des historiens. Chacun sa place selon ses compétences et ses attributions. Elu par personne, Monsieur Stora n'a aucune légitimité ; et le fait qu’il soit originaire d’Algérie ne l’oblige en rien vis-à-vis du FLN et ne l'autorise pas non plus à trahir le Peuple algérien. De plus, les gouvernements français successifs ont très bien su jusqu'à présent doser leurs rapports avec l'Etat algérien et ses voyous (excusez ce pléonasme !).

L'Histoire n'est pas tout (même si... moins on fait de politique plus on fait d'Histoire !). Aussi, on devrait pouvoir attendre des historiens chercheurs comme Monsieur Stora (2) qu’ils fassent preuve d’un minimum de sens politique ; les bonnes intentions et les bons sentiments n’excusent rien ; il suffit de se rendre dans un tribunal pour le vérifier. Et si ce qui semble être une proximité de Monsieur Stora avec l'Etat algérien devait se confirmer, elle serait aussi regrettable que condamnable car ce n'est pas là la place d'un chercheur, et qui plus est, un chercheur comptable et redevable de fonds publics.

 

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1 - Au sujet de cette soi-disant absence de réconciliation entre les deux Peuples... avec une population qui, pour 75% d'entre elle, n'était pas née au moment de la guerre d'Algérie, une population qui est loin d'être dupe d'un FLN manipulateur et diviseur ; FLN auquel cette population n'accorde plus aucune attention ni aucun crédit...

Français de France, rendez-vous en Algérie, vous y serez très bien reçus par la population, dans les grandes villes comme dans les campagnes ; et plus encore si vous et vos ascendants n'ont jamais gagné un centime sur le dos d'un autochtone du Maghreb à l'époque de la colonisation, et même après.

 

 

2 –  Un Benjamin Stora qui se propose de célébrer un Albert Camus pourtant  incapable d'envisager une Algérie qui ne soit pas française, en continuant de criminaliser le rôle de la France en Algérie dans une lecture univoque, tout en s'affichant avec les membres d'un FLN d'une Algérie dirigée par des assassins et des voleurs ; un Benjamin Stora qui appartient - et ça aussi c'est de l'Histoire ! -, à une communauté qui a fait le choix du refus d'une Algérie pour les Algériens. Bien qu'expatrié (les Juifs étaient chez eux en Algérie depuis au moins quatre cents ans pour certains d'entre eux), d'où le terme "expatrié"), Stora semble afficher une condescendance digne d'une mentalité de colon faisant l'aumône à un Peuple pourtant doublement humilié par la colonisation et par l'échec de l'indépendance.

A ce jeu, qui perd, qui gagne ?

 

Les grands gagnants sont l'Etat algérien et cette coalition américano-israélo-sunnite qui prétend décider dans une région qui s'étend de Casablanca à Bagdad ( et bientôt à Téhéran ?) qui vivra, où, sous quel régime et dans quelles conditions.

Les grands perdants sont la justice et la liberté pour le Peuple algérien, et la place de la diplomatie française dans le monde car, la culpabilité vous rend muet et inopérant. La France doit-elle alors partager le sort de l'Allemagne (géant économique et nain politique et diplomatique) ? Ou bien se résoudre à faire les guerres qu'on lui demandent de mener ? Certainement pas.

 

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NB : billet censuré par le nouvelobs qui interdit que l'on écrive ceci : "L'Algérie est dirigée par un FLN et une armée de voleurs et d'assasins."

Les porteurs de valises auraient-ils, après coup - celui de l'indépendance -, des remords inavouables ?

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