« C’est l’argent de la drogue qui sauve les banques »

 

Roberto Saviano s'est rendu célèbre avec la publication en 2007 de Gomorra, dans laquelle il décrit précisément l'empire de la Camorra.
En raison de son immense succès Roberto Saviano a longtemps vécu sous haute protection policière. Il a reçu en 2011 le prix PEN/Pinter International Writer of Courage Award.

Après Gomorra, Roberto Saviano nous explique la cocaïne avec "Zero,Zéro,Zéro", son dernier ouvrage :

Roberto Saviano : "L'argent de la drogue sauve les banques et corromp nos démocraties" © Geant Vert

 

 

« … Ce qui intéresse un écrivain c’est de trouver une clef, un chemin pour raconter le monde. Ma clef ce sont les marchandises.  Quand on les regarde elles semblent froides, distantes : ce sont des objets ;  mais raconter toute la filière d’un objet, ses voyages en bateau, les ports où il débarque, la contrebande, le passage aux douanes, les taxes, la distribution dans les supermarchés, permet de raconter le monde. La marchandise « cocaïne » si impalpable avec cette couleur et cet aspect de poudre, si innocents, m’a permis d’observer la transformation et de voir physiquement ce que Antonio Maria Costa, directeur de l’office de l’ONU contre la drogue, dénonçait en 2009 au tout début de la crise économique, alors que des géants financiers étaient en train de s’écrouler, les milliards d’euros du narcotrafic qui ont sauvé les banques européennes ; car la force du narcotrafic, ce n’est pas seulement l’argent mais la liquidité qui pénètre les banques, et c'est alors que cette marchandise qu’est la cocaïne devient le capitalisme vivant ; elle transforme son ADN et celui des démocraties pour toujours. »

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