Dans la série... n'hésitons pas à critiquer ceux que l'on dit au-dessus de tout reproche...

 

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 À  combattre sans péril, on sermonne sans gloire

 

Faisant suite au billet  Résister et combattre rédigé à l’invitation de la rédaction de Médiapart par Alain Jakubowicz président de la Licra... billet qui nous rappelle une fois de plus à quel niveau de vigilance nous sommes tous astreints car aujourd'hui le danger peut venir de contrées jugées hier encore hospitalières et dignes de confiance...

Qu’il soit permis ici de réagir…

En effet, à propos de la tuerie de Montauban et de Toulouse Monsieur Jakubowicz écrit : « … De la même façon, il serait indigne de prétendre que nos responsables politiques porteraient une once de responsabilité dans ce qui s'est produit. Personne n'est responsable, ou plutôt si, nous le sommes tous. »

A la lecture de ce qui précède, doit-on conclure que la vocation première de la LICRA sera désormais de protéger et d'absoudre les élites tout en mettant en place une vaste entreprise de culpabilisation des masses ?

Des gens comme Jakubowicz devraient savoir que toute catastrophe sociale  - fait-divers particulièrement atroce, avènement d’un régime politique criminel, catastrophe écologique non naturelle -, a toujours pour responsables, à défaut de coupables,  ceux qu’on appelle par commodité les élites (1) ; terme aujourd’hui inapproprié puisqu’il n’est d’élite que morale et intellectuelle ; aussi parlons plutôt de… responsabilité de ceux qui dominent la société et qui décident de cette même société : acteurs politiques, culturels, économiques et médiatiques et leurs nombreux relais,  sous-fifres et autres hommes de mains.

Or, dans cette affirmation à propos des événements de Montauban et de Toulouse, « Personne n’est responsable ou plutôt si, nous le sommes tous » Monsieur Jazkubowicz feint de reconnaître cette évidence historique.

Il est vrai qu’à la décharge du Président de la Licra on pourra toujours observer ce qui suit : rendez-vous donc à l’Elysée, à Matignon, au Palais Brongniart, dans les radios, les télé, aux dîners du Siècle, à la Commission Européenne, chez Goldman Sachs,  à la Commission Trilatérale, à Wall Street, à la City, au Pentagone, au siège de l’Otan, là où le système décide vraiment sur quelle bête de somme humaine il va frapper et qui il va saigner sur l’hôtel de dieu sait quels nouveaux impératifs politique et économique... (2)

Promenez-vous dans les couloirs de ces lieux de l’asservissement qui ne connaissent qu'un seul refrain et qu'un seul couplet « Il n’y a pas d’alternative ! » pour sûr, c’est bien ma concierge que vous rencontrerez, mon boulanger aussi, des familles qui vivent avec 800 Euros par mois, la caissière de la supérette d’à côté, des habitants de quartiers relégués, des chômeurs en villégiature, et pourquoi pas aussi... mon chien, et votre serviteur...

La bonne blague !

Si seulement vous étiez drôle Monsieur Jazkubowicz !

 

Et si... à  combattre sans péril, on sermonne sans gloire, ne laissons personne tenter de noyer la domination des Peuples dans une vaste tentative de culpabilisation des masses et d’exonération de tout un système qui n’a qu’une loi et pour seul modèle : la connivence, la collusion, la cooptation, le trafic d'influence, le vol, la concussion, le délit de sale gueule, l'abus de confiance et les bombes. 

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1 – On pensera à ces deux expressions : « faillite des élites » et « trahison des clercs ».

2- Cliquez Quand Naples tue ses enfants

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