les désaxés © breizhsven
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John Huston - The Misfits (1961)

 

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logo magazine books.pngLe magazine Books créé en 2008 a récemment consacré un dossier sur le rapport ambigu qu'Internet entretiendrait avec la démocratie.


Le magazine littéraire BibliObs en livre quelques extraits.

Pour le magazine Books, la conclusion suivante s'impose : "Internet ne favorise pas par nature un progrès de la démocratie, ni même de l'idée démocratique."

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Et notre réponse ne se fera pas attendre...

 

 

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La démocratie ce n'est pas le débat télé ou radio (ça, c'est une idée d'animateur !), ni les élections (Voyez l’Iran et l’Afghanistan !).  La démocratie c'est la libre circulation des idées - minoritaires de surcroît ; c'est aussi le droit à l'opinion, à la critique et à une information honnête et indépendante pour le plus grand nombre ; et la défense de ce droit.

 

Et si Internet ne favorise pas l’exercice de ce droit et de cette liberté, alors, que l'on nous censure tous dès demain matin.

 


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Comme un fait exprès, seuls ceux qui prétendent implicitement au monopole de l'analyse et du commentaire sont les plus critiques à l’égard d’Internet. A son sujet, ils n’hésitent pas à parler de "poubelle". Inutile de donner des noms : nous les connaissons tous.


Les critiques les plus virulentes ont pour origines ceux dont la notoriété est antérieure à Internet ; notoriété qui repose sur la télé, les journaux et la radio. Protégée qu’elle était, cette caste médiatique découvre aujourd’hui qu’elle est loin de faire l'unanimité ; elle accepte mal la critique. C’est la raison pour laquelle elle a recours au rejet et au mépris.


Nous sommes donc libres mais prévenus : la rédaction du magazine Books a très certainement la prétention de faire partie de cette caste.

 

Alors... tant pis pour elle qui devra maintenant apprendre à vivre avec cette nouvelle donne : une liberté de parole et d'expression accessible à tous.

Censure - vous avez dit censure.jpg

Mais... qu'elle se rassure : la censure pourra toujours frapper les plus "téméraires" d'entre nous... comme ces milliers d'auteurs et de bloggeurs, dont les comptes sur les plateformes d'hébergement sont clôturés sans préavis ni explications…


Oui ! La censure ! Cette maladie sous tous les Régimes : elle s'exercera contre les Encyclopédistes, puis sous la Révolution avec Robespierre aux commandes de sa guillotine et de ses fosses communes, Victor Hugo et ses 18 années d'exil, l'assassinat de Jaurès, Dreyfus…


Et depuis, jamais elle n'a lâché la bride ! Ecoutes illégales, insultes et intimidation contre des auteurs et des artistes : Michel Onfray et son ouvrage sur Freud, Dieudonné et le sionisme ; et plus récemment : vols d'ordinateurs appartenant à des journalistes (1) : Le Monde, Le Point, Mediapart, Rue89...


Sur le Net, censure préventive en veux-tu en voilà ! (dans le doute, on préfère bâillonner le bloggeur), exercée par des responsables éditoriaux lâches et veules (on m'affirme que certains d'entre eux changent de pantalon plusieurs fois par jour), et par des « modérateurs » (ainsi appelés) véritables commissaires politique ; et pour finir... par des petits chefs et caporaux bornés et incultes.


Pour exercer cette censure, la grande majorité des hébergeurs qui n'a pas les moyens de contrôler tous les contenus se repose sur la délation par l'intermédiaire de la fonction Alerter (ou Avertir - bel euphémisme pour dénoncer), en un clic, celui qui alerte restant anonyme.

 

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Bien sûr... Internet permet à nombre d’auteurs, d'artistes et de créateurs à la marge des milieux culturel, artistique et médiatique de s’exprimer ou de présenter leur travail ; et ces internautes-là représentent de surcroît près de 99% de ceux qui créent.

 

 

Internet est aussi là pour pallier la disparition de ce qui s’est longtemps appelé « Le café du commerce » : lieux où l’on pouvait dire ce qu’on pense, donner son opinion quelle qu’elle soit ; ces lieux ont pratiquement disparu. 

 

 

Et si Internet c'est la parole libérée, une parole formulée dans l'instant qui se propage à une vitesse vertigineuse auprès d’une audience potentiellement illimitée grâce à la syndication et aux réseaux sociaux, c'est aussi une parole sans recul, une parole anonyme, sans nom ni visage - d'où ses excès...


 

Qu'il soit ici permis de rappeler ce qui suit : aussi longtemps que nous ne contrôlerons pas les outils qui nous permettent de nous exprimer librement, ceux de l'hébergement et de la diffusion, jamais nous ne serons à l'abri de cette vieille garce de censure qui respire, transpire et pue la mort !

 

Véritable asphyxie.

 

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1 - A ce sujet, lire les articles de Claude Angeli, rédacteur en chef du Canard enchaîné qui affirme que l'Elysée fait espionner les journalistes qui travaillent sur l'affaire Bettencourt et sur l'attentat de Karachi.

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