Beauté du monde

Un peu de plénitude

Un peu de légèreté après un cri de rage...Pendant ces quelques semaines, j’avoue avoir été totalement étanche aux faits qui ont ébranlé notre pays et le monde. Je me suis contenté de la 5 et de Arte. Je suis désormais dresseur de télécommande en plus de pilote d’essai sur fauteuils roulants. Je lui avait interdit le moindre « zapping » sur les chaînes nationales. Inutile de préciser que TF1 tout comme BFM étaient proscrits. Bref, comme un naufragé volontaire, je m’étais isolé du tumulte médiatique. 

Je ne m’en portais pas plus mal d’ailleurs.

Cependant, mes analyses à 2€ me manquaient, autant que mes réflexions pseudo-scientifiques. Mes visions philosophiques ne changeront pas la face du monde bien sûr. Je ne peux toutefois pas m’en empêcher, vous épargnant ainsi mes commentaires discutables. Ils valent ce qu’il valent, soit, mes je suis heureux de pouvoir à nouveau encenser ou vomir sur les vicissitudes de ce monde auquel j’appartiens malgré moi.

Je vous demande donc de me pardonner ce retard à l’allumage. Comme un vieux tracteur remisé dans une grange poussiéreuse, mon vieux diesel cérébral va demander qu’on le laisse chauffer gentiment avant qu’il reprenne ses travaux de labourage de la friche planétaire.

Je n’ai passé que peu de temps dans mon chez moi. La clarté qui le caractérise n’a pas pu échapper à ceux d’entre-vous qui le connaissent.

Ce matin, le merveilleux soleil d’hiver donne une splendeur au Vercors qui offre ses coteaux à mon œil naïf. Si j’avais un croyance quelconque, je serai encore plus convaincu qu’un Dieu existe, tant la nature est belle dans ses atours de printemps naissant. Je n’ouvrirai pas maintenant une parenthèse sur ce que l’Homme est en train de lui faire. Simplement car je sais que de voir « lire la suite... » au bas de mes diarrhées d’écriture en agace certains. 

La neige est belle quand on est au chaud, c’est pourquoi je ne m’étalerai pas sur sa beauté splendide mais tellement aléatoire. Elle peut être tellement un malheur supplémentaire pour les habitants de la rue.

Elle peut être aussi le bonheur aux yeux des allumettes, c’est comme ça que j’appelle les skieurs à la fin de l’hiver, la tête rouge et le corps blanc.

Vous savez, ceux qui s’attachent des planches aux pieds pour dévaler les pentes et qui n’hésitent pas à dépenser le salaire de deux smicards pour s’offrir une semaine au pied des pistes. Je ne parle pas là de mes amis qui ont quitté la platitude normande pour s’installer près de la blancheur des cimes alpestres. Avant tout pour des raisons professionnelles mais aussi pour un amour sans limite pour les pentes et la montagne en général. Ce sont des passionnés qui peuvent désormais profiter de leur plaisir à 15 minutes de leur maison.

J’évoque plutôt ceux qui s’enfluorisent de combinaisons qui prêtent à croire que le ridicule ne tue pas. Qui rechignent sur la nourriture pour être vus dans des accoutrements de marque ou pour accrocher à leurs pieds des casse-gueule en résine hors de prix. J’ai même vus il y’a quelques années, des parisiens, chaussures de ski au pieds à la gare de Grenoble. Le comble du bobo étant la trace des branches de lunettes de soleil entre la pliure des yeux et les oreilles. Ce complément qui leur confère ce statut de privilégiés nantis alors qu’ils ne font qu’essayer de péter plus haut que leur cul.

J’arrête là ma critique acerbe en faisant une généralité, il existe des devaleur pour qui se plaisir saisonnier passe avant l’empilage estivale sur les plages bondées de la Grande Motte. Mais rassurez-vous, quand l’été sera là, je ne manquerai pas de les égratigner de mon clavier caustique.

Merci donc de pardonner cette analyse qui n’engage que moi. Le lien entre la beauté de la neige et les bourgeois de la piste verte était trop tentante. Que la journée vous soit belle et n’oubliez surtout pas de prendre rendez-vous avec la personne la plus importante au monde...vous.

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