A l'heure où près d'un électeur sur 3 a mis un bulletin dans une urne pour élire un candidat, les commentaires sur la majorité absolue des députés LREM sonnent creux et donnent une vision trompeuse de la représentation politique en France. L'enseignement essentiel de cette élection c'est que les élus ont désormais une légitimité démocratique très réduite. D'évidence, ce résultat ne découle plus d'un processus électoral citoyen car il se résume surtout à la distribution de mandats de députés, des gagnants d'un loto électif en quelque sorte, sans l'assentiment des électeurs. C'est une rupture historique majeure en France mais aussi en Europe comme le montre l'infographie ci-dessous.

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Le 18 juin 2017 pose un repère majeur dans la profonde défiance des électeurs envers l'ensemble de la classe politique. Les chiffres sont explicites: si on ajoute les 57% d'abstentions aux 10 % de votes blancs et nuls, un peu plus d'un tiers des électeurs a voté pour un candidat !  Ce résultat est un rejet clair de tous les partis par le corps électoral. La majorité absolue des députés LREM n'est qu'un trompe-l'oeil d'une démocratie en carton-pâte, un effet de zoom trompeur amplifié par le mode majoritaire de scrutin. Avec une élection à la proportionnelle, LREM n'aurait eu qu'une majorité relative, en dessous du seuil requis  de 289 députés pour la majorité absolue comme indiqué dans l'infographie.

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Avec un électeur sur 3 rapportés au nombre des inscrits, s'agit t-il encore d'une vraie démocratie ? La réponse semble claire même si elle suppose des analyses détaillées des raisons de ce désaveu majeur.

Cette très faible représentation démocratique signifie que le démantèlement attendu du contrat de travail, l'absence de lutte effective contre l'évasion fiscale ou la spéculation financière, la prolongation indéfinie de l'Etat d'urgence, sans préjuger d'autres mesures à venir, n'ont pas l'aval des citoyens. A tout moment, cette fausse démocratie peut nous entrainer sur une pente dangereuse porteuse de violences et de divisions profondes. Il est certain que cette mandature Macron ne s'attaquera pas sérieusement aux inégalités croissantes et n'aura pas le courage d'expliquer à l'ensemble des français que le repli identitaire économique et politique est une ineptie dangereuse. Une chose est sûre, ce gouvernement maitrise tous les ressorts de la communication et du marketing politique pour cacher l'essentiel. Notre société est traversée par une rupture définitive économique et sociale impulsée par le numérique et elle restera irrémédiablement liée à l'économie monde. Si on ajoute le changement climatique et la transition énergétique à mettre en place, on peut douter que la complexité de la situation soit prise en compte par des réponses politiques simplistes et dépassées.

D'évidence le processus électif centré sur un président omnipotent, héritage de Charles de Gaulle,  est devenu obsolète. Le vrai courage politique consisterait à renouveler profondément le processus électif mais il est parfaitement évident que la classe politique ne souhaite pas scier la branche sur laquelle elle est assise et dont elle tire subsides et pouvoir.

 

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