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Billet de blog 7 nov. 2021

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L’érotisme se meurt sous la pression des haters

Comment les initiatives sex-positives (contenu informatif, érotisme artistique, podcasts érotiques) sont rendues invisibles sur les réseaux sociaux, pour mieux faire de la place à une pornographie de tous les instants entre Pornhub et famille Kardashian.

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Ce qui est compliqué avec les réseaux sociaux, c’est qu’on a l’impression que la sexualité est partout et qu’en même temps elle est rendue invisible.

Comment cela est-il possible ? C’est simple : les réseaux sociaux proposent une lecture très particulière de la chose. l’évocation du sexe est partout, de façon insidieuse, mise en avant par des célébrités de la musique, de la mode ou de la culture populaire (téléréalité). Il en usent, propagent une esthétique vulgaire, très stéréotypée, inspirée des standards pornographiques. 

Faux seins surdimensionnés, poils et rides invisibles, artifices outranciers, les images distillées sur tous ces comptes validés et mis en avant sur les réseaux sociaux incitent à une reproduction de ces codes les plus obscènes par tout un chacun. 

A côté de cela, les initiatives sex-positives sont discriminées sur les réseaux sociaux sous la pression des algorithmes et des haters.

Des initiatives sex-positives ? Oui : des sexologues, des comptes de conseil sexo ou d’éducation sexuelle (sur lesquels on ne parle pas de prosélytisme sexuel mais de conseils pratiques pour s’émanciper de l’influence des films pornographique en matière de jeux sexuels), des comptes d’art érotique (dessinateurs, photographes), ou même de littérature érotique (textes et podcasts érotiques comme Le Son du Désir), sont persécutés par les réseaux sociaux. L’érotisme artistique se meurt à petit feu.

Quand Pornhub obtient le statut “certifié” sur Instagram et rassemble plus de 12 millions de followers, c’est une validation claire et nette de la part du réseau social pour ce type de contenu et la promotion de ses valeurs. A côté de cela, nombre de comptes de films érotiques féministes, ou éthiques, comme de comptes de prévention dans le domaine de la sexualité ont vu des publications être supprimées, quand ce n’est pas le compte qui disparaît un jour, sans explication.

© Aden AY

Car c’est en effet le risque qu’on prend lorsque l’on tente de proposer du contenu hors norme sur ces réseaux. On peut subir entre autres : 

- un shadowban : on devient invisible sur les réseaux, le nom est caché sur les barres de recherche, il n’y a plus de mise en avant et une visibilité minime par rapport à d’autres comptes. 

- la suppression de contenu. On poste et zou quelques minutes ou heures plus tard cela disparaît. Cela arrive pour des images comme pour des textes, même soft, même à but éducatif ou informatif.

- la suppression du compte. Là c’est la sanction la plus radicale. L’artiste photographe Léonie Stolberg s’est vue supprimer son compte instagram 9 fois par le réseaux social. Le compte instagram Wicul a vu son compte disparaitre un beau matin. Il a fallu le soutien de milliers de personnes et de dizaines de comptes pour que le réseau social consente à le réactiver… mais jusqu’à quand ?

Tout ces risques ont un prix : celui de la pression, de la crainte de voir son contenu disparaître. Tous les créateurs de contenu qui souhaitent proposer une approche positive, saine, et bienveillante de la sexualité sont les premiers à se retrouver dans le viseur des réseaux sociaux. 

Quelle image de la sexualité pourra-t-on avoir demain ? Uniquement la vulgarité du sexe façon Pornhub et Kardashian ? Ou la possibilité d’une approche libérée de ces standards et des injonctions normatives qu’ils représentent ? 

Récemment, Edwige de Wicul, Camille Bataillon (sexologue créatrice du compte Camille parle sexe), Leonie Stolberg et Alexis du podcast érotique  Le Son du Désir se sont retrouvés à Bruxelles au See-U pour discuter de ces problématiques et des solutions qu’ils ont mis en œuvre pour continuer à travailler.

Pour écouter l’audio c’est ici.

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