CONTRE CULTURE. TERRORISME : MEDIAS, POLITIQUES, BADAUDS, TOUS COUPABLES !

" [...] dans toute bataille, dans toute affaire, il existe une occasion, parfois très fugitive, d'être vainqueur. " André Maurois

    

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La violence des actes terroristes suscite des réactions émotionnelles et morales peu propices à l'objectivité qu'exige l'analyse politique.

     Le mot terrorisme derivé du mot terreur désigne la période de septembre 1793 à juillet 1794 pendant laquelle le regime théorisé par Robespierre, consistait à gouverner par la menace.

     L'histoire nous indique que le terrorisme est une forme de violence politique ancienne. Au 1er siècle de notre ère  face à l'occupation romaine des membres de la secte juive des zélotes l'utilisent.

     Moins que sa nature, c'est d'abord son ampleur qui definit le terrorisme contemporain. Dans la tactique du terroriste, les cibles constituent des leviers : plus elles sont médiatisés, plus elles permettent d'étendre la surface d'un conflit, et plus elles sont efficaces en terme de pression politique.

     Rien n'est plus frustrant pour un terroriste que d'être ignoré, car pour terroriser... il faut être connu, et pour être connu, il faut être visible. Une logique à laquelle les médias, par leur fonction même, participent à leur tour. Ainsi, la diffusion d'images d'attentats en léger différé et dans le monde entier rencontre facilement l'objectif des terroristes puisqu'elle élargit leur audience. De la même façon en exposant les victimes, la presse et la télévision les valorisent et finissent par encourager les terroristes à choisir leurs cibles en fonction de la médiatisation qu'elles promettent. De même, l'on voit une récuperation médiatique navrante des hommes politiques et de certains badauds en quête d'héroïsme. De plus, en leur offrant une couverture régulière, les médias contribuent à la banalisation des attentats en poussant leurs auteurs à rechercher les effets toujours plus spectaculaires, et dont ils fournissent parfois eux-mêmes les images.

     La démocratie offre au terrorisme la liberté nécessaire à l'élaboration des opérations et la plate-forme publicitaire de la presse et des médias.

     Le terrorisme contemporain a pu ainsi déplacer l'espace du conflit au coeur des espaces démocratiques et des médias, en faisant de la télévision et d'internet un véritable théatre d'opération.

     En conclusion, il faudrait que cessent la médiatisation et les récuperations intempestives en tout genre afin que ne perdurent de tels massacres qui seraient ainsi condamnés par nos soins à l'indifférence des médias.

 

"Les événements ne sont que l'écume des choses, ce qu m'intéresse, c'est la mer."

Paul Valéry, regards sur le monde actuel, 1931.

 

 

Source : "Le dessous des cartes" - Atlas géopolitique - 2006

                Jean-Christophe Victor, Virginie Raisson, Frank Tétard

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