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Quand un problème paraît insoluble, demandez conseil à l’enfant que vous étiez. Il n’aura pas la solution, mais il posera les bonnes questions.

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Billet de blog 6 août 2025

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Israël: la solution Alsace-Lorraine

Dans le conflit israélo-palestinien, le problème ce ne sont pas les Palestiniens. Si Israël avait été créé ailleurs, le problème serait le même ailleurs. Ce qu’un enfant de sept ans comprendrait sans peine échappe pourtant à la plupart des commentateurs. Tiendraient-ils le même discours si cela se passait chez nous? Ce petit exercice d’écriture est conçu à leur intention.

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Illustration 1
ISRAËL : LA SOLUTION ALSACE-LORRAINE

SUJET DE RÉDACTION OU DE DISSERTATION

À la fin de la Deuxième guerre mondiale, pour réparer les crimes commis envers les Juifs par l’Allemagne nazie et par la France de Vichy, les grandes puissances réunies à Yalta ou ailleurs décident de donner aux Juifs une terre, l’Alsace, une région que se disputaient les Allemands et les Français et qui désormais ne sera donc plus ni allemande ni française mais deviendra ce nouvel état d’Israël qu’un certain nombre de Juifs appellent de leurs vœux. 

Imaginez la réaction des Alsaciens. 

Lequel de ces trois scénarios vous paraît le plus probable? 

  1. Ils disent oui avec enthousiasme.
  2. Ils n’approuvent pas de bon cœur, mais acceptent les nouveaux accords internationaux.
  3. Ils refusent de se soumettre à cette décision, une résistance se forme immédiatement et de nombreux Alsaciens reprennent le maquis. 

Imaginez que, lors du partage des terres, les Alsaciens aient pu conserver quelques villes et quelques uns des vignobles qui font leur fierté. Et que la ville de Strasbourg ait été soustraite à tout marchandage pour devenir, dans un futur plus lointain, la capitale de l’Europe. 

Ajoutez encore ceci: en 1967,  se trouvant à l’étroit dans une Alsace qu’ils ne possèdent pas tout entière, les Israéliens font une guerre-éclair dans le but d’élargir leurs frontières — après tout, disent-ils, l’Alsace ne va pas sans la Lorraine. Ils annexent donc la Lorraine et établissent des colonies sur tout le territoire qu’ils convoitent, sur les villages, les châteaux et les vignobles dont ils chassent les propriétaires à coups de pierres ou de fusils. 

Enfin, cerise sur le gâteau, ils prennent la ville de Strasbourg qui devient la capitale d’Israël, avec la bénédiction du président des Etats-Unis qui y établit son ambassade. 

Les vins d’Israël, produits en masse avec des techniques modernes, inondent tous les marchés, et font dire avec mépris qu’avant l’arrivée d’Israël cette région ne produisait rien.

Imaginez cette histoire et racontez-la de la manière la plus réaliste. Imaginez le sentiment d’injustice, la résistance qui s’organise, les attentats, les ponts que l’on fait sauter… 

Décrivez les différentes phases de cette résistance au cours des huit décennies d’occupation, ses espoirs déçus par des promesses non tenues, son sentiment d’impuissance face au déterminisme des colons qui bafouent le droit international, et la tentation de la violence chez les plus jeunes qui n’ont jamais connu que cette Alsace occupée et qui vendraient leur âme au diable si cela pouvait leur rendre leur terre et leur dignité.

Observez comment les résistants, célébrés comme des héros par les Français, sont poursuivis comme des terroristes par les Israéliens. 

Rendez compte, enfin, des difficultés que rencontrent les journalistes et les historiens quand ils veulent informer sur le comportement de cet État qui ne cesse de s’agrandir au mépris des lois humaines et des accords internationaux, mais que nul ne peut critiquer sans être accusé d’antisémitisme. 

Pour finir, décrivez en quelques mots l’état d’esprit de la grande majorité des Juifs dans le monde, celui des Musulmans, celui des Palestiniens — des gens ordinaires qui ne sont pour rien dans cette histoire, qui n’ont jamais rien demandé à personne et qui voudraient seulement qu’on les laisse vivre en paix. 

Vous avez deux heures.

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