Les enfants, ça ne se passe pas comme ça.

  • 2 févr. 2019
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Ce n’est pas un moniteur de colonie de vacances qui s’exprime ainsi mais le président d’une République

Les enfants, ça ne se passe pas comme ça.

Ce n’est pas un moniteur de colonie de vacances qui s’exprime ainsi mais le président d’une République qui, par certains côtés, s’apparente de plus en plus à une forme de dictature, d’abord celle de l’argent, une banalité de le dire. On aurait pu croire avec cette interpellation présidentielle devant des français que ce n’était que le dérapage de plus, succédant au précédent, devançant le suivant, mais en aucun cas que la formule reparaitrait, le moniteur radote. Les colonies de vacances de l’Assistance Publique m’ont laissé divers souvenirs en tant que colon, notre label, la découverte de parcs et châteaux dans lesquels nous étions logés parfois, aussi une curieuse méthode pour maintenir l’ordre, tant nous étions rétifs à l’obéissance, ce qui m’est resté sans en rougir, plus qu’une qualité, un esprit de rébellion étant  nécessaire pour accéder à la liberté. Les coups de pied au cul, les baffes, les engueulades journalières, les menaces, pour achever le dressage d’un ton doucereux, garder un minimum de contact. Le président Macron se comporte de façon répétée face aux français comme certains moniteurs adeptes de la schlague. Quand ce fut mon tour de mater les colons dans une autre administration, le directeur, supérieur de mon père, m’avait pris à part. Avec eux, parler est perte de temps, ce sont des abrutis, ils ne comprennent que les coups. Les abrutis, à l’époque, étaient des enfants débiles mentaux légers et profonds, en vrac, additionnés d’handicapés physiques. Difficiles à comprendre parfois, comme ce gosse à grosses lunettes, mutique, terrorisé du matin au soir, pissant au lit et dans sa culotte en journée, avec l’impossibilité de lui tirer un mot, au moins pour demander de l’aide et pisser normalement. Et pour cause, chaque fois, il prenait une dérouillée… Vous me direz, quel rapport avec Macron ? Son rôle n’est pas de nous accompagner aux toilettes de nous torcher, de nous talocher de s’adresser à nous comme à des enfants, débiles de plus, mais les associations sont curieuses parfois, surtout lorsqu’elles impliquent l’enfance. Chaque fois que la voix de Macron sonne dans le poste de radio, j’éteins. Ce que je ressens ne sera pas écrit ici, ça relève des travaux forcés…

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