La France a peur.

J’ai peur. La France a peur. Sokolo a peur d’enfourcher son vélo l’hiver, avec ses lunettes , sa cagoule, ses gants. Car qui ressemble plus à un factieux que lui dans la campagne à l’heure où personne ne s’aventure sur les routes désertes qu’il emprunte.

 © soklo © soklo

J’ai peur. La France a peur. Sokolo a peur d’enfourcher son vélo l’hiver, avec ses lunettes , sa cagoule, ses gants. Car qui ressemble plus à un factieux que lui dans la campagne à l’heure où personne ne s’aventure sur les routes désertes qu’il emprunte. Et pourquoi donc à cette heure, justement. Quelle sont ses intentions, que manigance-t-il, ou se rend-il et qui va-t-il rencontrer. Il ne s’arrête pas plus aux céder le passage qu’aux stop, pourquoi ne s’arrête-t-il pas conformément au code de la route, ne tend-il pas son bras lorsque personne ne se pointe à l’horizon pour changer de direction, comme ceux qui vont de la gauche à la droite dure au pouvoir, de l’écologie à la droite ferme et la fermeté est une qualité qui fait défaut à beaucoup, c’est regrettable mais tout le monde n’a pas accès aux grandes écoles, forcément. C’est pas ordinaire de comploter devant un ordinateur et le pas ordinaire est intolérable. La preuve, ceux  a qui été confiée la gestion du pays font appel à tous, un front des bien élevés contre les mal élevés, voire pas du tout et qui devraient, comme c’est l’usage, rester à leur place, à la niche ! Un appel à l’ordre est nécessaire, un ordre nouveau pour éradiquer le mal. Le mal contre le bien, et le bien c’est la sagesse, la quiétude, le respect du commerce de luxe, des biens publics, des poubelles qui n’ont pas été conçues pour brûler au beau milieu de la rue, les barrières de sécurité non plus pour divaguer sur le macadam mais pour stationner sur les trottoirs là où elles ont été disposées par des gens bien intentionnés et à qui tous doivent le respect. Ne pas toucher aux barrières de sécurité, sinon plus de sécurité. Et la sécurité, c’est la démocratie. Sans démocratie, plus de sécurité, les poubelles brûlent n’importe où, les forces de l’ordre sont molestées alors que c’est à elle qu’a été confiée la tâche noble de matraquer, gazer, éborgner. Sinon c’est le désordre, l’économie s’effondre les patrons s’exilent, la planète ne reconnait plus la France, le peuple erre la peine au cœur, désœuvré et quoi de plus triste que des bras ballants alors qu’ils pourraient comme c’est leur fonction générer de la plus value. C’est quoi l’horizon de Sokolo dont on ne voit pas le visage, justement. Si ça se trouve, il a cliqué sur le net pour cautionner le terrorisme en donnant en douce de l’argent à un boxeur factieux, lui aussi. Sans doute exerce-t-il des activités subversives, dans le silence c’est ça qui inquiète. Pourquoi ne dit-il rien dans son coin. Est-ce normal, de la boucler alors que la clameur de la rue fait trembler l’Elysée, que sourdent dans les campagnes des machinations à visées inappropriées à la liberté de chacun et c’est ça encore qui inquiète. C’est pas ordinaire, ce mutisme. Il est temps de calmer ses nerfs, de relancer l’économie, de relancer l’emploi en construisant de nouvelles prisons, plus grandes, plus sécurisées, de lancer des débats de réflexion afin que le peule s’exprime, sur des sujets d’importance, desquels il sortira grandi, ayant enfin compris le chemin choisi et qui le mènera à l’extase, ayant enfin accès à ce qui se décide dans les bureaux occupés par des gens qui ont la formation pour ça, animés par une vocation, servir la nation. Et c’est pas facile tous les jours, faut pas croire que ces gens passent leur temps dans des avions, dans des salles de réceptions face à une vaisselle hors de prix mais de qualité. On dit beaucoup de choses sans savoir, mais c’est pardonnable quand on ne sait pas, on ne peut pas comprendre. C’est humain. Quand on gagne beaucoup d’argent, c’est qu’on l’a mérité. Ça s’entasse pas tout seul en se bourrant de caviar. Encore des idées reçues. Quand on le mérite, un jour ou l’autre son tour vient. Un peu de patience, faut pas attendre de suite le résultat de mesures prises hier et dont les effets apparaitront à la Saint Glin Glin. Et la Saint Glin-Glin c’est pas si loin.

Allez, au travail, vous faites pas de bile, on est toute une équipe, des hommes et des femmes épatants, on vous mijote une recette, vous nous en direz des nouvelles.

 

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