Nous sommes tous en danger ! Personne n’y échappe !

Attention ! Ne parle jamais aux passants ! Ne te laisse pas approcher, par personne surtout par le voisin et sa fille, son fils, sa femme de même ! Si tu croises quelqu’un qui te sourit, change de trottoir. S’il insiste, file au commissariat, à la gendarmerie !

Attention ! Ne parle jamais aux passants ! Ne te laisse pas approcher, par personne surtout par le voisin et sa fille, son fils, sa femme de même !  Si tu croises quelqu’un qui te sourit, change de trottoir. S’il insiste, file au commissariat, à la gendarmerie ! Nous sommes tous en danger ! Personne n’y échappe ! N’importe qui peut te vouloir du mal ! Fais confiance à personne. Écoute ce qu’on te dit à la télévision, à la radio, ce qu’on écrit dans les journaux ! Même si tu as l’impression que le mal a disparu, ne t’y fie pas. C’est encore plus inquiétant, c’est qu’il est tapi, qu’il attend son heure, te prendra par surprise. Le médecin te l’a dit, un patient en bonne santé est un malade qui s’ignore. Attention en traversant, surtout s’il y a peu de voitures, elles déboulent plus vite et c’est pas elles qui te conduiront aux urgences. Mets bien ton masque, qu’il glisse pas, et tes gants, ils sont où tes gants. Tu penses à rien, on est obligé de tout te rabâcher toute la sainte journée, le matin au réveil, dans la journée et même au moment de te coucher ! Combien de fois faudra-t-il te le répéter ! N’écoute pas ceux qui te disent que tu crains rien, que t’es trop petit, que des morts il y en a tous les ans. C’est des menteurs ! Qu’en 2019 il y a eu 600 000 morts en France. N’écoute surtout pas ça sinon je te fiche une trempe. Je sais, t’es adulte mais c’est encore moi qui commande. Que ça te plaise ou non. Si tu persistes, je t’enferme toute la journée dans ta chambre. Et si t’as faim, tu mangeras ton poing. Tu feras comme les autres, comme tout le monde, t’as pas à discuter ! Aujourd’hui, j’entrouvre ta porte, mais si tu t’avises de faire le malin, je t’attrape par la culotte, et tu files à la cave ! Oui, à la cave, dans le noir, jusqu’à ce que tu le comprennes, c’est fini le temps où tu baguenaudais sans demander mon avis, sans dire où tu allais, à n’importe quelle heure, à embrasser les femmes et aussi les hommes sous prétexte que tu les avais croisés on ne sait où. Oui, des copains, des copines, c’est ce qu’on dit. Mais ça ne prend pas ! Ça ne prend plus ! C’est fini tout ça. Oui fini… T’as encore rien vu, demain sera pire si tu fais le zouave. T’as pas idée de ce qui peut se passer, quand on obéit pas ! Tout le monde te surveille, même si tu ne t’en rends pas compte. La marchande hier sur le marché te l’a bien dit du haut de son camion. Devant tout le monde avec sa voix forte. Pour sortir du marché monsieur on marche dans l’autre sens. C’est la règle, la même pour tous. On rentre à gauche, on sort à droite ! Pas comme vous !!! Les clients ont tous tourné la tête vers toi ! C’est ce que tu veux ? Te faire remarquer ! Qu’on te montre du doigt, partout, c’est celui qui marche du mauvais côté. Plus personne ne clignera d’un œil discrètement pour te saluer derrière son masque. T’auras l’air malin ! Tu finiras mal si tu persistes, si tu ne rentres pas dans le droit chemin. Tu finiras derrière les barreaux, comme le voisin, avec les bohémiens !!!

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