Succès pour la première étape du Covidou. On se frotte les mains.

Succès pour la première étape. On a détendu la laisse sans anicroche. Les rues sont calmes, les entreprises ronronnent doucement en attendant l’accélération. Reste à baisser le coût du travail et le covidou va servir pour de bon

Succès pour la première étape. On a détendu la laisse sans anicroche. Les rues sont calmes, les entreprises ronronnent doucement en attendant l’accélération. Reste à baisser le coût du travail et le covidou va servir pour de bon. Suffira de le brandir accompagné d’incantation. Vous verrez, ils s’agenouilleront en marmonnant. Le premier qui bronche va le sentir passer. Finalement, la Chine, ce pays communiste, prière de ne pas rire, s’est montré un élève exemplaire. Trop même, à peine converti à l’économie de marché il menace l’Empire américain. En quelques décennies, il a accompli le parcours de l’occident qui lui l’a effectué à l’allure de la tortue. D’un autre côté, on doit faire avec et puis, franchement, leur façon de gérer les forces productrices est stupéfiante. Ce brave Taylor, quel nabot à côté. Cette idée d’isoler les pions les uns des autres, ces réclusions sans moufter, la défiance des uns des autres, c’est du génie ! En plus, des pions dénoncent les récalcitrants dans les médias et bientôt plus besoin de forces de l’ordre, quelques milices feront le travail. Bénévolement. Ces chinois franchement, quelle efficacité. Si les pions ne se parlent plus, ne se touchent plus sauf pour se reproduire, s’ils s’évitent telles deux forces électriques, nous auront affaire à des pions isolés et, l’union faisant la force, la solitude fait la vulnérabilité. Pour s’en foutre encore plus dans les poches, il nous faut une multitude de pions vulnérables. Mais en bonne santé. Donc, éloignés les uns des autres. Grâce à qui ? Au covidou chéri qu’il va falloir entretenir comme le mécanicien fourre des pelletés de charbon dans la soute pour traverser l’Atlantique. Et les mécaniciens, ces sont ces bons médias à leur foutre la pétoche, et le charbon ce sont ces bonnes émissions sur le covidou, avec la frousse comme unique sujet du matin au soir. Faudra les récompenser. Sans eux, le plan n’aurait pas abouti. Bon, c’est vrai, des prétendus historiens bafouillent des contre-vérités, à propos de libertés malmenées comme jamais, même pas durant la guerre d’Algérie, il n’y aurait que ce brave Pétain, héros de 14-18, qui aurait devancé nos mesures. Allons- allons. Sans cette assignation à résidence généralisée à tout le pays, il ne resterait pas grand monde pour applaudir sur les Champs-Elysées au 14 juillet. D’ailleurs, pour une véritable assignation à résidence, on doit se présenter régulièrement au commissariat ou à la gendarmerie. Ce qui n’est pas le cas, dans la phase un, ce sont les gendarmes ou les policiers qui réclament l’autorisation dans la rue, comme une vulgaire carte d’identité. Ou se situe le mal ? Rien à voir… Comme quoi, les râleurs patentés, quasi inexistants nous le constatons ce qui prouve combien les pions ne sont pas si dérangés par ces mesures, sont mal informés, en plus de leur mauvaise foi. Pour l’instant, nous n’avons sorti du chapeau que l’état d’urgence à perpétuité, mais attention aux mauvais pions à semer la discorde à contester l’Union Sacrée, au fond du chapeau, en fouillant bien on trouvera la loi martiale. Et là, hop, tout sera propre. Sans tache sur le bitume. Bon, pour l’instant, on va tenter le coup avec l’augmentation du temps de travail et la suppression de quelques jours de congé. Si ça ronchonne, un petit coup de covidou sur le retour, et si c’est nécessaire retour à la maison. Ça devrait le faire…

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