Macron s’inspire-t-il de la réglementation des camps SS ...

En novembre 1940, mon père est interné dans le camp SS de Schirmeck, Alsace.

En novembre 1940, mon père est interné dans le camp SS de Schirmeck, Alsace. Il en parlait peu et j’ai eu les détails de son histoire bien plus tard, longtemps après sa mort. Un passé qui m’a stupéfié ! Mais l’internement dans un camp de redressement, il a en lâché quelques mots, toujours les mêmes, « les boches sont des fumiers, » et… « dans le camp il était interdit de rester statique. Chaque déplacement se faisait en courant, sinon c’était la trique. »

Quand j’ai entendu les mesures du déconfinement sur les plages, j’ai revu les yeux bleus, extrêmement clairs de mon père, troublés de larmes, lui autoritaire, pas rigolot pour un sou, peu porté sur la plainte. Et j’ai entendu sa voix cassée par l’émotion, « on avait pas le droit de marcher, fallait courir tout le temps, même les pieds gelés, des fumiers. Pas le droit de se parler »

Vous me direz, nous ne sommes pas contraints de courir sur les plages mais le sport est conseillé, et l’interdiction de s’arrêter, de se côtoyer est la même qu’à Schirmeck, la trique étant remplacée par une amende.

Certes, l’histoire de mon père n’est pas la vôtre, la nôtre, mais impossible de contourner ce rapprochement tant les précédentes mesures étaient émaillées d’arbitraire, souvent stupides en fonction du lieu géographique et l’on a vu maintes foi la jubilation de Macron si l’occasion  d’humilier les gens modestes devant les caméras se présentait.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.