Communiqués et lettres de soutien aux grévistes du Rouvray au 29 mai

Benoît Hamon + Professeur Grimaldi + NPA + Fédération SUD Santé Sociaux + Comité de soutien

Venue de Benoît Hamon le 29 mai 2018

"Madame Agnès Buzyn, comment pouvez-vous laisser des agents hospitaliers sous votre autorité mettre en grave danger leur propre santé par une grève de la faim, pour la seule raison que sur instruction de votre cabinet aucune négociation n'est ouverte par la direction de l'hôpital psychiatrique du Rouvray?" (B. Hamon) © Benoît Hamon

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Lettre du Professeur Grimaldi en soutien aux grévistes de la faim

Cher confrère

Merci de cette information qui une fois encore sonne l’alerte sur la dégradation progressive du système de santé du pays. Je ne connais pas la situation précise de l’hôpital psychiatrique du Rouvray mais je sais que la psychiatrie française est sinistrée. La ministre l’a dit. On attend qu’elle passe de la parole aux décisions, même s’il est vrai  que la médecine prescriptive payée à l’acte, la politique du chiffre induite par le tout T2A , l’insuffisance de la coordination entre la ville et l’hôpital , l’absence d’un service pluri-professionnel de la médecine de proximité, le remboursement par la Sécurité sociale de prescriptions et d’actes injustifiés coûtent chers. Des économies sont donc possibles, mais la psychiatrie a urgemment besoin d’un plan spécifique doté de moyens financiers.

Bien confraternellement

André Grimaldi

Professeur émérite CHU Pitié Salpêtrière

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NPA : Soutien aux grevistes de la faim et au personnel du Centre Hospitalier du Rouvray

Lundi 28 mai 2018

Depuis le 22 mars, le personnel du Centre Hospitalier du Rouvray (Etablissement public de santé mentale de Sotteville les Rouen ) est en grève, à l’appel de toutes leurs organisations syndicales.

C’est la conséquence d’une situation qui s’aggrave depuis des années, sans qu’aucune réponse ne soit apportée de la part de l’ARS et du ministère. La « sur occupation » des lits aboutit à l’installation de patients dans les couloirs et les bureaux ; des malades, de plus en plus nombreux qui doivent être soignés avec un personnel qui lui n’augmente pas. Le dispositif de soins hors hôpital (centre médico psychologiques, hôpitaux de jour…) qui permettrait d’éviter les hospitalisations s’étiole chaque jour davantage faute de moyens. Des adolescents, parfois très jeunes, sont accueillis dans des services d’adultes, faute de place.

Face au refus de toute prise en compte d’exigences qui sont un minimum (recrutement du personnel nécessaire, création d’unité de soins indispensables, avec les budgets correspondant) pour permettre à l’établissement de remplir décemment ses missions , et au personnel de ne pas être en état d’épuisement , 5 puis 6 grévistes ont entamé une grève de la faim.

La direction, l’ARS, et le gouvernement par leur mépris arrogant et leur rejet de toutes les revendications portent seuls la responsabilité du recours à ce moyen de lutte extrême.

Partout l’austérité imposée à l’hôpital public produit les mêmes effets : fermetures et regroupement de services, industrialisation et standardisation du soin qui perd son sens et son humanité. Partout ce sont les patients et les personnels qui en subissent les effets. C’est pourquoi la lutte des personnels du Centre Hospitalier du Rouvray, est celle de toute la psychiatrie, et de tous les hôpitaux, mais aussi de tous ceux qui veulent défendre le droit à la santé.

En apportant tout son soutien à cette lutte, et en particulier aux 6 grévistes de la faim, le NPA, appelle à une mobilisation de l’ensemble du monde hospitalier, à la généralisation et à la coordination des luttes, qui se sont multipliées ces derniers mois, dans les établissements de santé et les EHPAD. C’est le seul moyen de mettre en échec un pouvoir politique, pour lequel la santé de tous, passe après une austérité au service des plus riches.

Montreuil, le 28 mai 2018

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Fédération SUD Santé Sociaux : communiqué sur la Grève de la faim au CHS de Sotteville

Paris le 25/05/2018

White blocks, blouses noires, grèves de la faim, démissions et suicides… Jusqu’où devront aller les personnels hospitaliers pour se faire entendre ?

Déjà une grève de la faim à l’hôpital de Limoges avait défrayé la chronique l’an passé, une autre précédemment à Lisieux. Régulièrement une mort brutale secoue le milieu professionnel qu’elle soit liée à une pathologie d’épuisement professionnel ou un raptus suicidaire.

Comme un cri d’alarme certain-es s’organisent en white Blocks, blouses noires et autres « marées blanches » ou « coordination des hôpitaux en luttes ». Les personnels n’ont même pas le recours de la grève, du fait de la limitation de celui-ci, pour exprimer leur malaise, leur mal vivre, la maltraitance qu’elles et ils subissent leur souffrance éthique à ne plus avoir les moyens de remplir leurs missions.

Pas une semaine sans qu’une dizaine d’établissements ou de services ne soient en lutte. Pas une semaine sans qu’une mobilisation dénonce la fermeture d’une maternité, d’un service d’urgence…. Face à cette situation les organisations syndicales soutiennent, accompagnent les salarié-es et la population mais se sentent démunies de moyens de luttes efficaces faute de rapport de force central pour peser sur les décisions qui viennent encore et toujours pénaliser leur quotidien.

La Fédération SUD Santé Sociaux apporte son soutien plein et entier aux grévistes de Sotteville, elle en appelle à tou-tes les salarié-es du secteur à s’organiser pour soutenir les camarades et s’engager dans la création d’une dynamique revendicative à même de peser sur les orientations en matière de politique de santé.

La Fédération SUD Santé Sociaux s’engagera toujours au côté des professionnel-les qui délaisseront la passivité au profit de la lutte.

La Fédération SUD Santé Sociaux, aux côtés des personnels exige  des effectifs et des moyens pour meilleures conditions de soins, de meilleures conditions de travail et une reconnaissance salariale à la hauteur des services qu’elles et ils rendent au quotidien.

Pour la Fédération Sud Santé Sociaux,

Jean Vignes

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Communiqué du comité de soutien au début de la grève de la faim

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