Le fiasco de l’EPR de Flamanville

Où l'art de la censure "omitive"

Les journalistes de notre démocrature pratiquent une censure « omitive ». Ne cherchez pas le mot dans le dictionnaire, il n’existe pas : c’est moi qui l’ai inventé (après tout, si une cruche se permet d’inventer la « bravitude » pourquoi est-ce que je n’aurais pas le droit d’inventer mes propres mots ?). Cela veut dire une censure par omission volontaire. L’efficacité en est bien plus redoutable qu’il n’y paraît. En effet, pour chaque sujet qu’ils seront obligés d’aborder parce qu’il vient sur le tapis médiatique, ils vont prendre soin de n’en décrire que la superficie sur un registre même parfois factuel, sans jamais au grand jamais chercher à creuser ce qu’il y a derrière. Exemple : l’assassinat de la petite Fiona où ils se sont contentés de dire que le jugement de la mère avait été « inexplicablement » clément, sans dire pourquoi (le pourquoi en question j’en ai parlé dans un autre blog, à savoir qu’il s’agissait de dédouaner les juges dégénérés qui avaient exclusivement donné la garde de l’enfant à la mère en excluant totalement et délibérément le père chez qui elle n’aurait rien risqué).

Ce procédé de fainéantise sordide permet en réalité de cacher une quantité invraisemblable de réalités dérangeantes sous le tapis. Je vais prendre volontairement un exemple paraissant extrêmement ponctuel, pour démontrer tout ce qui se cache derrière si les journalistes avaient fait l’effort de faire leur travail. Et cet exemple c’est… l’EPR de Flamanville. Voilà un exemple typique qui présenté tel quel dans les médias semblait être juste un échec industriel sans autre portée. Nous allons voir qu’il n’en est rien, à condition bien entendu de chercher à chaque fois les explications en ouvrant les matriochkas les unes derrière les autres.

Et la première question que l’on doit se poser, c’est pourquoi un tel fiasco dans un pays pourtant censé maîtriser parfaitement la haute technologie du nucléaire ?

J’ai eu la chance de voir une rare émission qui a abordé le sujet et qui a révélé exactement ce que je suspectais. À savoir que le problème ne vient pas de la conception, car la Chine par exemple a construit un EPR parfaitement fonctionnel sur les plans de conception française ; mais de la réalisation. Autrement dit, les exécutants n’ont cessé de faire du mauvais béton, des mauvaises soudures etc. ; n’étant pas à la hauteur du cahier des charges.

Fort de cette explication, vient aussitôt la seconde question : comment se fait-il que dans notre pays et pour un projet de cette ampleur, il n’y ait plus d’ouvriers et de techniciens compétents pour faire correctement le travail ?

Le journaliste du reportage a donné deux explications :

  • La première complètement fausse : à savoir que comme toutes les centrales nucléaires françaises avaient été faites il y a plus de 50 ans sur une période de 10 ans, tout le savoir-faire s’était perdu

Explication grotesque étend donnée qu’il y a tout un tas de secteurs demandeurs de ce savoir-faire en dehors des centrales nucléaires : par exemple le barrage de désensablement du Mont-Saint-Michel qui a été une véritable œuvre d’art en particulier dans la structure en béton, ou le savoir-faire nucléaire qui se maintient parfaitement dans les sous-marins militaires.

De plus, ce qui se passe pour l’EPR de Flamanville s’est passé de la même manière dans un tout autre domaine quand la passerelle de l’aéroport Charles-de-Gaulle s’est écrasée sur les voyageurs. Pour mémoire il s’agissait d’une passerelle art déco de mélange béton et verre réalisé par un excellent architecte qui a d’ailleurs fait l’opéra-bulle en Chine. Or lui-même a donné l’explication que l’accident ne venait pas de sa conception mais de la réalisation qui n’avait pas été là encore à la hauteur : on notera que s’agissant de sa réalisation encore plus impressionnante en Chine il n’y a eu aucun problème. Donc tout cela pour dire qu’il ne s’agit pas d’un problème lié au nucléaire ou à un secteur géographique en particulier ; mais que c’est une défaillance générale !

  • La seconde à moitié fausse : celle de la désindustrialisation du pays qui a supprimé en cascade les bassins d’emploi, sous-traitants etc.

Vraie mais seulement en partie car ne mentionnant que les conséquences par effet « boule de neige », mais non la cause elle-même : à savoir pourquoi cette désindustrialisation ?

 

Car la cause de la désindustrialisation en question et de ce qui se passe à l’EPR de Flamanville est pour moi la même. Et je vais bientôt donner la véritable explication que ce sont bien gardés de donner les journalistes, si tant est qu’ils en aient même conscience. Mais pour amener le lecteur à appréhender cette explication je vais devoir commencer par raconter une petite histoire de famille…

 

Mon père était un brillant ingénieur qui a fait l’école des mines. Il était très compétent dans son entreprise qui était initialement Pont-à-Mousson, puis qui est devenu le conglomérat Saint-Gobain, puis qui est devenu après sa retraite on ne sait trop quoi dans la mondialisation. Sauf qu’il n’était pas très doué dans les rapports politiques de la hiérarchie, autrement dit l’art de flatter le patron, de lui cirer les pompes, d’aller en sortie avec lui le week-end etc. En grandissant de l’enfance vers l’âge adulte, j’ai assisté à la carrière de mon père qui gravissait les échelons au fur et à mesure. Et durant cette période je me suis rendu compte d’un certain nombre de choses :

  • à savoir que mon père se décrivait de plus en plus comme un cas particulier dans le fait d’être bien considéré par ses compétences propres, au milieu d’une entreprise qui semblait de plus en plus contaminée par les lèches-culs,
  • ensuite il suivait directement en gravissant en même temps que lui son patron du dessus qui l’appréciait,
  • et enfin vers la fin de sa carrière j’ai compris qu’il y avait une sorte « de plafond de verre » avec un certain nombre de privilégiés qui jouaient au jeu des chaises musicales au-dessus en venant d’une sorte de « Mont Olympe » n’ayant manifestement jamais eu besoin de mettre les pieds en bas de l’échelle ; précisant que certains noms sont connus, tels Blayau, Beffa, Minc
  • on notera au passage ce cheminement aussi surréaliste que caricatural des « privilégiés » du Nouveau Monde comme par exemple ce fameux Blayau qui après l’inspection des finances et la direction de Pont-à-Mousson, a pris la direction successivement… de la Redoute, de la Fnac, d’Areva, de Canal+, du stade de foot Rennais, d’une grande caisse d’assurance, de la SNCF… en raflant la Légion d’honneur et l’Ordre du mérite au passage : si ça c’est pas se foutre de la gueule du monde !

Donc au final, j’ai compris (mais assez longtemps après malheureusement) qu’il y avait une mutation en marche, où la méritocratie était progressivement remplacée par la médiocritude, la voyoutocratie, et un nom que je n’ai pas encore inventé qui signifierai l’art de bien aller au fond du popotin. Et le phénomène n’a cessé de s’aggraver. Car du temps de mon père, il n’était pas encore totalement abouti. En effet, même si l’échelle des valeurs se dégradait, le patron politicien moyennement compétent avait encore suffisamment de raisons pour considérer qu’il était de son intérêt qu’un type pas trop mauvais soit encore à portée de main. Ce qui explique que malgré son « style », mon père ait pu le suivre dans son sillage tel le skieur nautique tracté par son hors-bord.

Sauf que les choses se sont dégradées encore pires par la suite, car les apparatchiks sont devenus tellement crétins et prétentieux qu’ils ne voyaient même plus la nécessité d’attirer les compétences près d’eux, créant des situations ubuesques où un incompétent commandait un incompétent qui commandait un incompétent qui commandait un incompétent… avec le seul type qui savait de quoi il parle relégué très loin au fin fond des oubliettes de la quatrième dimension. On le comprend aisément avec un profil comme ce fameux Blayau dont il est évident qu’il ne pouvait être compétent dans des entreprises aussi diverses n’ayant rien à voir entre elles, sachant de plus qu’il n’en n’avait manifestement rien à faire de chacune dont il prenait la direction étant donné qu’il cherchait à faire la culbute avec la suivante !

J’ai fait les frais de cette décadence dès le début de ma carrière, où j’avais un peu le même profil que mon père mais en pire, et où j’arrivais dans un monde déjà dégénéré depuis plusieurs années (je pense d’ailleurs que si mon père avait commencé sa carrière ne serait-ce que 10 ans plus tard, il lui serait arrivé les mêmes désillusions). J’en ai aussi observé des exemples caricaturaux tout au long de ma vie. Par exemple lorsque j’ai effectué mon service militaire à Djibouti en 99, nous étions une petite équipe où nous partions en expédition en moto avec deux amis parmi les climatologues de l’entreprise expatriée qui nous suivaient en 4*4. Or, j’ai rapidement compris au fil des discussions que ces deux personnes que j’appréciais étaient comme par hasard les deux seuls techniciens compétents de toute l’entreprise ! Obéissant à patron qui était un clown, entourés de collègues qui étaient des clowns également. Donc déjà à cette époque qui ne date pas d’hier, l’avenir d’une entreprise ne reposait que sur quelques individus. Autre exemple qui m’avait marqué, nous avions acheté une petite maison quand j’ai passé mon Clinicat à Cherbourg. Par inadvertance, j’ai cassé une porte de placard de la cuisine qui faisait parti d’un ensemble avec un design tout en bois. Donc la cassure faisait « tâche » et très énervé, j’ai démarché un artisan pour refaire la porte à l’identique. Pour qu’il n’y aucune erreur, je lui ai amené la porte d’origine que j’avais détaché des charnières. Une semaine plus tard je passe récupérer la pièce que je n’avais normalement plus qu’à revisser dans les charnières restées en place. Et que croyez-vous qu’il arriva ? Je n’ai jamais pu les remboîter car il y avait une erreur de plusieurs centimètres dans le positionnement ! Encore plus énervé je suis allé faire un scandale chez l’artisan. Que croyez-vous qu’il se passa ? Bien entendu on m’a refait la pièce correctement car elle avait été payée (et bien payée !)… Sauf que c’est le patron qui a dû s’y coller lui-même en y passant tout son samedi !

Donc tout cela pour en venir aux conséquences : et les conséquences sont un cercle vicieux pervers qui aggrave encore plus la situation. Pourquoi ? Parce que quand ceux qui ont le sens du travail et des compétences voient que rien de ce qu’ils font n’est valorisé, voient que les guignols qui ont du bagout montent les échelons plus vite qu’eux, voient que nul ne se préoccupe que le travail soit bien fait ou pas ; cela induit de la démotivation et des comportements pervers qui en découlent. Par exemple dans mon domaine qui est la chirurgie, des équipes sous l’impulsion d’un patron devenaient des centres d’excellence pour tel ou tel secteur (chirurgie de la main, reconstructrice etc.). Parce que le cercle vertueux tire tout le monde vers le haut en créant une émulation. Il n’échappera personne que les équipes chirurgicales d’excellence ont totalement disparu quand le pouvoir a été donné aux administratifs, avec des suicides, burn-out etc. Et c’est parfaitement compréhensible comme je le vis moi-même au quotidien dans mon travail : pourquoi voudriez-vous vous casser le c… à vouloir faire de l’excellence à vos dépends, alors que tout le monde s’en fout (y comprit les patients !!), que les administratifs n’ont de cesse de vous mettre des bâtons dans les roues, et que même le personnel hospitalier qui passe son temps à geindre dans les médias vous pourrit la vie en ne respectant plus rien. Je passe moi-même mon temps personnel à saisir ma protection juridique pour toutes les violations de mes droits, et cela fait de nombreuses années que je n’ai plus rien révisé de l’anatomie, des techniques et de ce qui devrait normalement concerner mon vrai métier. Eh bien c’est ce cercle vicieux mortifère qui touche en réalité tous les secteurs sans exception !

Revenons-en à présent à l’EPR de Flamanville : qui croira sérieusement que les ouvriers et les techniciens qui étaient capables de faire du travail d’excellence dans les années 50-60… n’existeraient plus aujourd’hui ? Bien évidemment qu’ils ont des descendants parfaitement capables de faire le même travail. Sauf que le système d’émulation et de méritocratie n’existe plus et c’est uniquement cela la différence. Je suis intimement persuadé que tout comme l’état d’esprit que j’ai décrit dans mon travail, il y a exactement le même parmi les travailleurs de Flamanville. À savoir des individus qui ne sont pas plus bêtes que moi et qui se disent qu’à partir du moment où ils ont des patrons crétins qui ne comprennent rien et qui pense que tout sera bien fait à partir du moment où c’est écrit sur le papier, sans récompenser aucunement l’effort de le faire en véritable, pourquoi se casseraient-t-il la tête à faire du travail d’excellence dont nul ne leur sera gré ?

 

Découlant de ce constat nous en arrivons à une question importante : pourquoi personne ne parle des conséquences de cette décadence des valeurs qui détruit peu à peu tous les domaines à de rares exceptions ?

 

Comme je l’ai expliqué plus haut on en a des aperçus quand elles sont responsables d’un scandale financier comme l’EPR de Flamanville, ou d’un accident comme la passerelle de Charles De Gaulle ; mais bien entendu sans jamais aller chercher les explications derrière ! Au lieu de ça, le pays se berce de mensonges en continuant à raconter des fables comme par exemple le fait que nous aurions encore la meilleure médecine au monde, la meilleure école, le meilleur système social… ce qui est une farce. Chacun semble oublier que notre pays reste attractif par sa géographie (que nous ne devons qu’à la chance), par ses infrastructures (payées à crédit par la dette), par l’épargne monstrueuse des Français qui couvrent la dette (pour l’instant), par la capacité du pays à lever l’impôt dans une grande tradition de racket d’État : sauf que rien de tout ceci ne concerne la valeur des Français eux-mêmes ! Cela fait des années (en tout cas depuis que j’ai l’âge de raison) que l’on entend dire que le pays est en crise, parlant à présent clairement de désindustrialisation un niveau que je considère personnellement comme dingue, quand on se rend compte que tous les produits manufacturés que l’on achète viennent d’ailleurs ! Nous entendons des économistes bien gras et dodus, nous expliquer des chiffres et des raisonnements incompréhensibles. Sauf que nul n’en dit jamais la cause véritable qui est pour moi cette rupture majeure du sens des valeurs dans le monde du travail, comme dans le monde « en général ». Aggravé par des aberrations sociétales (type femen et familles monoparentales) que j’ai décrit dans d’autres blogs et qui impactent bien évidemment « la qualité » des générations futures. La crise n’est pas d’origine économique, elle est d’origine humaine : ce qui signifie qu’il est illusoire de songer à la résoudre par des mesures économiques sans traiter la vraie cause du problème !

Un détracteur pourrait me répondre : tout ça c’est bien joli mais savez-vous que c’est mieux ailleurs ? Et bien je pense en effet que sur ce plan de la décadence de l’échelle des valeurs, c’est un mal français qui n’existe pas ailleurs. Si l’on prend les grands pays développés tels les États-Unis, bien évidemment qu’ils ont eux aussi des domaines où faire le clown et être un voyou rapporte gros ; mais en revanche l’entièreté du pays ne peut pas fonctionner ainsi. Dans mon domaine j’ai eu la chance de pouvoir me faire offrir des séminaires pour aller voir des établissements de santé aux États-Unis et une fois en Suisse, et je peux vous certifier que l’on n’y voit pas ce que l’on voit en France : même les administratifs et les managers sont sur la brèche et ne disparaissent pas les mercredis et les vendredis comme l’administration de mon hôpital ! Nous avons assisté à une scène très intéressante où le chirurgien américain dont nous assistions au programme opératoire, s’est trouvé un moment face à une difficulté technique comme cela nous arrive de temps à autre. Et là nous avons constaté stupéfait que tous les acteurs du bloc se mettaient martel en tête pour trouver une solution avec lui. Nous nous sommes regardés entre chirurgien français en pensant exactement la même chose : quand cela nous arrive chez nous, non seulement personne ne cherche à nous aider, mais nous avons même droit des quolibets dans notre dos et des remarques grinçantes du style «  qu’on n’allait pas y passer toute la journée ». Dans ces pays tout le monde s’accorde à dire que 9/10 d’une réunion sert à trouver des solutions, là où en France on préfère ne parler que des problèmes.

 

Nous en arrivons donc au point crucial du sujet : pourquoi justement en France préfère-t-on parler des problèmes et pas des solutions ? L’explication, la voici : parce que s’il fallait parler des solutions, il faudrait parler des causes ! La raison fondamentale pour laquelle ce système perdure, c’est que de trop nombreuses personnes vivent à présent grâce à cette médiocratie à la française… et n’ont justement pas envie que cela change !

 

Et le grand procédé pour masquer cet état de fait, c’est ce que j’appelle « le papier magique ». Cela consiste à véhiculer sur un support papier de toute nature (rapports etc.) la réalité que l’on souhaite, dont chacun sait qu’elle est parfaitement imaginaire et à 100 lieues du monde réel. Sauf que par une complicité hypocrite d’ensemble tout le monde s’accorde pour considérer que ce qui est sur le papier est conforme à la réalité. C’est ainsi par exemple que les pires établissements santé que j’ai vus au décours de mes remplacements sont toujours tous sans exception agréés par les agences régionales de santé qui appréhendent la réalité dans les rapports de tartuffe décrivant des situations idéales où tout se passe conformément aux bonnes pratiques. Dans un autre registre on pourrait citer le fait que 90 % des lois votées ne sont pas appliqués, pour la bonne raison qu’il s’agit de textes s’appuyant aussi sur des réalités virtuelles qui les rendent inapplicables en pratique !

Donc ce n’est pas un hasard que ce système perdure car il n’est malheureusement pas que le fait de nos dirigeants détestés. Il est de la responsabilité de la société en général avec les lâchetés de Monsieur et Madame tout le monde. C’est aussi cela que j’ai voulu illustrer dans mon fameux dessin sur le « Chancelier Macaron » : j’ai à ce sujet été surpris de constater à quel point cette caricature était régulièrement incomprise par les crétins de Facebook qui s’imaginaient que je roulais forcément pour Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon. Ce point est intéressant car il démontre que ceux qui sont ciblés justement ont atteint un tel niveau de dégénérescence qu’ils sont même incapables d’appréhender qu’on puisse les mettre en cause !

Cette perversion des comportements aboutit à des situations que bon nombre de lecteurs ont forcément constatés eux-mêmes au quotidien, à savoir avoir affaire à de plus en plus de gens qui se conduisent de manière détestable, mais qui attendent en revanche que tous se conduisent de manière exemplaire à leur égard. J’en ai souvent l’exemple dans ma profession où je cerne assez rapidement des patients qui sont de fieffés connards, mais qui escomptent de ma part que je leur prodigue les plus grandes attentions : bien évidemment, vous vous doutez de comment cela se termine. Ce système perverti qui tire tout le monde vers le bas convient à beaucoup, mais a un inconvénient majeur : c’est que dans les domaines où on ne peut plus tricher comme l’EPR de Flamanville, le papier magique ne suffit plus pour masquer l’ampleur du désastre !

Un point intéressant que j’ai appris dans de trop rares émissions, c’est le rôle de la loi sur le sujet. Les pays anglo-saxons et notamment les États-Unis, sont comme on le sait ultra-légalistes avec la tradition des contrats poussés à l’extrême. Sauf qu’à l’inverse ils ont délibérément considéré qu’il y a un domaine dans les relations sociales ou du travail où la loi ne devait pas intervenir, où cela devait relever « du non-dit ». C’est le domaine de ce qu’on l’on pourrait appeler « le savoir-vivre », « le savoir-être », bref, l’art « de bien se conduire ». Ils ont considéré que ce domaine devait être encadré et contrôlé par les citoyens eux-mêmes et non par la loi. On notera qu’en France, on a fait tout l’inverse. Dans les domaines où la loi et la justice devraient intervenir, elles sont défaillantes, quand elles ne font pas n’importent quoi ! Et à l’inverse, elles se mêlent de plus en plus des domaines des rapports humains en aggravant justement les comportements pervers…

 

Est-ce qu’il y a une solution à tout cela ?

 

Peu probable car comme on l’aura compris les solutions ne sont pas techniques ou économiques : il s’agirait ni plus ni moins que de remplacer le cerveau malade de bon nombre de nos concitoyens. D'ailleurs l’expression récurrente que l’on entend depuis plusieurs années, à savoir que le pays est « irréformable » confirme bien ce que je dis. Et s’il est « irréformable », c’est parce que l’on s’acharne à trouver des solutions matérielles à une cause qui ne l’est absolument pas. On en a l’illustration dans l’actualité récente avec l’éternel conflit patronat-syndicats s’agissant cette fois-ci des retraites. Pourquoi n’y a-t-il aucune solution trouvée entre ces deux entités ? C’est parce qu’au fil du temps, la décadence sociétale que je décris a sélectionné les individus les pires dans les deux camps ! Comment est-ce qu’on en est arrivé là ? C’est une question intéressante que je me pose de plus en plus et qui fera peut-être l’objet d’un blog futur. Ce qui est sûr c’est que je considère à présent l’immigration comme un bienfait car elle délaye la crasse française et rue dans les brancards face à bon nombre de décadences sociétales. Et je suis au final bien content d’être dans l’Europe qui condamne et tente d’encadrer bon nombre de dérives françaises également (corruption, décisions de justice contraires aux droits de l’homme, abus des gardes à vue, violences policières etc.). Pour autant cela ne suffira pas et c’est ce qui me fait dire à présent que ce pays est condamné à la décadence « molle » en ne tenant plus que sur ses acquis et rares privilèges.

 

Pour clore ce blog vous comprenez à présent les conséquences de la censure par omission volontaire, où sur un fait d’actualité d’apparence extrêmement limitée à un domaine particulier tel l’EPR de Flamanville, voilà tout ce que l’on aurait pu en tirer si on avait fait l’effort de dérouler le serpentin.

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