Catalogne. Jürgen Habermas et la bêtise communicationnelle

Jürgen Habermas est le théoricien allemand par excellence de l’agir communicationnel. Il est l’un des grands représentants de la deuxième génération de l’école de Frankfort. Il a développé une pensée, nous dit Wikipédia, qui combine le matérialisme historique de Marx, le pragmatisme américain, la théorie du développement de Piaget et de Kohlberg et la psychanalyse de Freud. Il est l’un des penseurs de l’éthique de la discussion. Il est également le penseur du patriotisme constitutionnel. Ce philosophe et sociologue internationalement reconnu a atteint ces jours-ci les rives de la bêtise humaine la plus aboutie.

Jürgen Habermas est le théoricien allemand par excellence de l’agir communicationnel. Il est l’un des grands représentants de la deuxième génération de l’école de Frankfort. Il a développé une pensée, nous dit Wikipédia, qui combine le matérialisme historique de Marx, le pragmatisme américain, la théorie du développement de Piaget et de Kohlberg et la psychanalyse de Freud. Il est l’un des penseurs de l’éthique de la discussion. Il est également le penseur du patriotisme constitutionnel. Ce philosophe et sociologue internationalement reconnu a atteint ces jours-ci les rives de la bêtise humaine la plus aboutie.

 

 

Dans le cadre d’une interview unique accordée à L’Express, voici ce que dit Jürgen Habermas sur la question de l’auto-détermination de la Catalogne : « Quand, du fait d’une inégalité sociale croissante, l’angoisse et l’insécurité montent au sein d’une population, la tentation existe de se replier derrière des frontières familières auxquelles on croit pouvoir se fier, et de s’accrocher à des entités « natales », qu’elles aient été naturalisées ou qu’on en ait hérité, telles que la nation, la langue, l’histoire. Dès lors, le regain de la flamme régionaliste en Ecosse, en Catalogne ou en Flandre n’est guère, selon moi, qu’un équivalent fonctionnel du succès du Front national en France… ».

 

S’il fallait encore se convaincre de cette certitude selon laquelle les plus grands hommes de notre temps, les plus grands esprits, les plus grands penseurs, pouvaient stteindre le seuil de la bêtise ou de la déraison la plus limpide, il conviendrait de s’appuyer sur ces énoncés de Jürgen Habermas. Assimiler ainsi Oriol Junqueras, Artur Mas, David Fernandez, Xavier Trias, Francesc Homs ou Carme Forcadell au Front National et à Marine Le Pen est la démonstration ultime de l’infinie bêtise qui peut surgir des plus grandes têtes dès l’instant où celles-ci méconnaissent les fondements du réel qui a conduit ces hommes vers la conclusion de la nécessité pour la Catalogne de se constituer en un État indépendant. La méconnaissance incroyable attachée à ces paroles de Jürgen Habermas permettent à tout un chacun de faire confiance en son propre jugement et d’entrer ainsi dans cette éthique de la discussion qu’Habermas néglige ici au-delà de toute raison. 

 

Je ne peux face à cette extraordinaire lacune dans laquelle se meut Jürgen Habermas que l’inviter à se rendre au plus vite à Barcelone rencontrer ces gens qui font l’histoire de cette révolution catalane en mouvement. De la discussion qu’il aura avec le peuple catalan et ses représentants surgira nécessairement pour ce penseur émérite d’autres conclusions que celles qu’il a ramassées par un mouvement inontrôlé d’incontinence subite de sa raison dans les bas-fonds de la bêtise humaine la plus sérieuse. 

 

Jürgen Habermas, au nom de tout ce pour quoi vous avez combattu, bon dieu, réveillez-vous !

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.