AFFAIRE BENJAMIN GRIVEAUX. LES SANS-CULOTTES A L’ASSAUT DES PREDATEURS DE L’ETAT

La France, en état d'insurrection révolutionnaire ?

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L’affaire Benjamin Griveaux apparaîtra-t-elle dans les livres d’histoire comme l’élément déclencheur d’une guerre sans merci entre la Macronie et les Gilets Jaunes ?

 

Juan Branco, dans son livre « Crépuscule », fustige la politique de la Macronie de l’entre-soi, qui établit au plus haut sommet de l’État français le clientélisme, les passe-droit, l’immunité honteuse et le dépouillement de l’État au bénéfice de quelques-uns. Benjamin Griveaux est l’un de ceux qui a été placardé sur la place publique dans ce « Crépuscule » devenu best-seller dans les librairies après avoir pullulé déjà sur la toile.

 

Devenu l’un des représentants les plus visibles de la classe des dominants, Benjamin Griveaux est l’un des symboles de la Macronie auxquels s’en sont pris les Gilets Jaunes en fracassant la porte de son ministère lors de l’un de ces mouvements jouissifs du mouvement contestataire, qui fut savouré à sa juste mesure par les « révolutionnaires ». Juan Branco, l’avocat qui ne veut toujours pas se prononcer sur la nature réelle du mouvement indépendantiste catalan, autrement moins « violente » que celui des Gilets Jaunes tout en ayant une autre légitimité populaire démontrée par des manifestations immenses depuis 2010, était présent au moment même où des acharnés s’en prenaient avec détermination à l’entrée principale du ministère de Monsieur Griveaux.

 

Ce qui est explicitement énoncé, avec force démonstrations troublantes, dans le livre de Juan Branco est le carnage des institutions opéré par les cooptés de la Macronie. Juan Branco est allé tellement loin dans sa démonstration qu’il se verrait parfaitement dans le rôle d’un procureur d’une nouvelle république poursuivant avec le code pénal en bandoulière les plus grands coquins de la dominance, dont, parmi les figures marquantes, l’ancienne PDG d’Areva.

 

Les saillies indigestes des Gilets Jaunes, qui avaient pu jusqu’à faire ébranler le Palais de l’Élysée, n’ont pas débouché sur un écroulement du régime des possédants de l’entre-soi, sans que la colère des sans-dents ne se soit éteinte.

 

C’est dans ce contexte d’une lourdeur politique peu courante que Benjamin Griveaux, déjà malmené par des dissidents de son propre parti, emmené par Cédric Villani, se présente à la mairie de Paris dans le but de détrôner AnneHidalgo et d’éloigner Rachida Dati de sa cible fantasmée. Il voulait asseoir définitivement le prestige de la Macronie et se saisir de la ville qui abrite La Tour Eiffel et Notre-Dame.

 

Constatant que dans le champ du pouvoir, tous les coups sont permis pour fortifier des avantages financiers indus, les adversaires de Macron, qui se disent à tout le moins aussi démocrates que les véreux qui s’engraissent sur le dos des contribuables, comprennent que les manifestations « de masse » ne leur permettront pas de détruire le régime voulu par les nantis. Alors voici que l’on imagine, on ne sait quand, on ne sait comment, on ne sait pourquoi, un stratagème pour s’en aller pêcher un gros poisson, dont la « connerie » fut sur ce coup abyssale. Satisfait de son érection sociale, Benjamin Griveaux filma ses prouesses érectiles et envoya ses promesses rigides à la belle Alexandra, dont il ignora peut-être, – ne sait-on jamais ? -, les accointances avec des adversaires acharnés de son « amoureux » transi.

 

Et c’est ainsi que fut franchi le seuil menant à l’assassinat symbolique d’un pilier de la Macronie, dont la verge érigée se transmit sur les réseaux sociaux et conduisit au retrait de Benjamin Griveaux de la candidature à la mairie de Paris.

 

L’histoire devient furieusement passionnante dès l’instant où Benjamin Griveaux prend pour mandataire Me Richard Malka, l’avocat de Charlie Hebdo,  un chantre de la liberté d’expression qui fustige sur les plateaux de télévision les atteintes outrancières à la vie privée,l mais qui, simultanément, affirme que l’esprit de Charlie, c’est le droit au blasphème. À son extrême opposé revoici Me Juan Branco, que le parquet a exclu du dossier, qui avance comme argument l’acte courageux d’un Russe ne supportant pas le dévoiement de la démocratie aux dépens notamment des Gilets Jaunes. L’auteur de la diffusion de la video invoque lui les mensonges de Griveaux, qui prône la défense de la famille en public et qui, à comprendre l’agitateur russe, la détruit par ses actes privés.

 

Nous autres, pauvres ignorants, sommes appelés à nous déterminer sur la question suivante, de laquelle nous voudrions tant nous échapper : peut-on combattre les violeurs de la loi de la cité, c’est-à-dire les financiers et prédateurs qui s’affranchissent du droit ou qui dévoient les règles d’une bonne gouvernance démocratique en les accablant par des agressions touchant à leur intimité la plus sacrée ?

 

D’un côté, Branco, Piotr et les leurs soulèvent une sorte d’argument de légitime défense démocratique et populaire face aux prédateurs politiques et financiers de la cité; de l’autre, les conservateurs d’une liberté d’expression limitée par la loi veulent prendre appui sur ces mêmes juges et procureurs qu’ils savent pourtant ne pas appliquer la loi avec toute la rigueur nécessaire dans des affaires économiques puantes et scabreuses.

 

Je résume pour le citoyen paresseux : que choisir pour prendre le pouvoir ? Le fric ou le cul ? Les sans-fric, qui n’ont plus rien à perdre, répondent le cul; les trop « friqués », qui se réjouissent de la qualité de leur porte-monnaie, veulent préserver l’intimité de leur fessier.

 

Et de leur bite.

 

Ils sembleraient que tout ce beau monde ait un point commun : haro sur l’État de droit.

 

On appelle ça un état d’insurrection révolutionnaire, non ?

 

Bonjour à tous les sans-culottes.

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