Nîmes, la Rome artificielle.

La municipalité botoxée de Nîmes s'est faite tarter par le conseil international des monuments et des sites (ICOMOS). Ce qui ressort du rapport, c'est un dossier surfait et des aménagements qui ne respectent pas le patrimoine historique de la ville. L'instance de labellisation a tendu un miroir dont le reflet révèle en demi teinte les intérêts privés que s'efforcent de servir le pouvoir mayoral.

Pour comprendre la logique du Maire actuel et de ses commensaux il suffit de rappeler l'histoire de cet hôtel particulier du XIXe siècle inscrit à l'inventaire des monuments historiques de puis 2010. Cette construction de quatre étages, simple et élégante, occupait 150 m² d’un terrain très arboré de 1 638 m² au total située à quelques centaines de mètres de la gare. Jean Bousquet, ancien maire VISIONNAIRE qui laissa au nîmois une dette colossale, le fit acquérir par la ville en 1984 pour 1,8 MF soit environ 274 000 € aux héritiers Colomb de Daunant. L’adjoint à l’urbanisme de l’époque et maire actuel, Jean Paul Fournier se gargarisait alors de la conservation d’un patrimoine sauvegardé. "Je crois que c’est une bonne chose de le conserver, sur cette avenue où il y avait plusieurs hôtels particuliers de cette époque qui ont été détruits pour faire des immeubles". Des travaux aménagements dispendieux furent confiés à Jean Michel Wilmotte, qui depuis multiplie les pains et les contrats sur Nîmes, et l’hôtel Colomb de Daunant devint la maison de l'urbanisme. Le bâtiment fut 3 ans plus tard vendu au MEDEF du Gard (pour quel montant ?) qui le mis en vente à son tour au milieu des années 2000. Les villegiales, une entreprise de promotion immobilière dirigé entre autre par Alain Penchinat membre à cette époque du cobaty club, fit l'acquisition du bâtiment en vue d'un projet immobilier. Le cobaty club est une association d’intérêts convergents de promoteurs, entrepreneurs, architectes, banquiers, avocats, etc...L’architecte des Bâtiments de France, également membre du cobaty club, Jacques Dreyfus, resta silencieux sur le volet démolition (accordé en octobre 2007) et donna un avis favorable au nouveau projet immobilier (permis de construire du 26 novembre 2007). Un groupe de voisins s'opposa par tout les moyens à la destruction annoncée de l’hôtel. Un incendie providentiel mis fin à leur espoirs et un immeuble moderne défigure à présent l'ensemble du bâtit dont jean paul fournier défendait la préciosité quelques décennies plus tôt.

L'accaparement par les promoteurs et les grandes entreprises des espaces publics et privés est toujours aussi visible et prégnant dans la ville. Vinci a étendu ses tentacules autour du centre ancien asphyxiant les petits commerçants. Toute la logistique est pensée, jusqu’à l'ersatz Tram-bus, pour les grandes zones commerciales qui se cumulent à la périphérie embouteillée de la ville, recouvrant les espaces naturels de bitume, de bagnoles et d'enseignes lumineuses. Un beau partenariat politique privé... ALTAREA COGEDIM et sa filiale histoire et patrimoine sont de tous les bons coups. La ville est livrée par les politiques sans aucune résistance à la voracité des grands groupes privés. La dialectique préservation exploitation est la trame universelle. L'exemple du parc Meynier de Salinelles est à ce sujet très significatif.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/gard/nimes/nimes-riverains-du-parc-meynier-salinelles-tiennent-leur-poumon-vert-1389893.html

https://www.midilibre.fr/2018/09/25/nimes-la-replique-sorganise-suite-a-la-vente-du-parc-meynier-de-salinelles,4706757.php

La culture POUR TOUS, moussant au bord des lèvres des politiques nîmois, est privatisée. La gestion des monuments est refilée à culture espace filiale d'Engie, et tout les musées de la ville sont à présent payant pour les Nîmois. C'est une société d’économie mixte la SPL culture et patrimoine qui contrôle le musée de la romanité. Le président n'est autre que Franck Proust LR, VRP du CETA au parlement européen, mis en examen pour trafic d'influence, tentative de trafic d'influence et favoritisme dans le cadre de l’affaire Senim (société d'économie mixte). Immunité, impunité, Irresponsabilité https://www.midilibre.fr/2018/05/15/nimes-franck-proust-reste-mis-en-examen-pour-trafic-d-influence,1671143.php

Le revers essuyé par la municipalité Fournier est plutôt jouissif même si leur vision court-termiste va continuer dans le sillon de celle des promoteurs et des grandes entreprises de se déverser sur la ville.La campagne « je soutiens Nîmes » n'est pas venu jusqu'à nous. On voulait pas voir nos bobines et nos quartiers en mauvais État. On aurait pu participer, donner notre avis avec en bruit de fond le periphérique comme une bande son infernale qui se déroule et encercle le quartier.  On a suivi ça de loin, au télescope et on a vu la grenouille se gonfler et sourire mécaniquement. On s'est bien marré en lisant le rapport de l'ICOMOS entre deux thés à la menthe. Et puis la réaction de l’éminence grisée Valade, descendant direct des volques arecomiques, à l’échec de la candidature Nîmoise a déclenché une succession de rictus qui mériterait d'être immortalisée et fixée sur les murs de son musée des beaux arts réaménagé par Wilmotte, le boulanger. « Je suis un peu surpris que des gens qui se targuent de culture ne soient pas plus cultivés que ça ni plus courageux que ça ! ». C'est le problème ici, ça veut faire avaler des boa constrictor imperator à tout le monde. Quant à Marie Bourgade, adjointe au maire déléguée au tourisme et à la promotion touristique du patrimoine, elle livre dans VIVRE NIMES, l'organe de propagande de la mairie tiré à 81000 exemplaires avec l'argent des contribuables, une version très largement euphémisée, blanchie à la chaux, de l’échec de la candidature de Nîmes au patrimoine mondial de L’UNESCO. Houdini n'aurait pas fait mieux. Elle évoque furtivement des précisions techniques exigées par l'ICOMOS, un rééquilibrage territorial international qui aurait rendu plus difficile l'obtention du label, bref elle fait disparaître les vérités dérangeantes tout en ne dérogeant pas à la veine d'autopromotion du magazine d' « informations ». Je me suis donc permis de copier/coller une partie du rapport motivant la décision de l'ICOMOS de reporter l'inscription de Nîmes au patrimoine mondial de l’UNESCO pour qu'on puisse s'attarder un peu plus sur la grenouille.....

a) Reconsidérer le site du palais des Congrès et mettre en œuvre une évaluation d’impact sur le patrimoine avant tout projet d’aménagement au sein du cœur historique de la ville,

b)Donner la prééminence aux considérations archéologiques dans toute nouvelle proposition d’aménagement. Les procédures d’approbation devraient être remaniées s’agissant des projets qui impacteront potentiellement les vestiges archéologiques; des études archéologiques devraient être menées au début du processus de planification pour que les découvertes puissent éclairer toute décision d’approbation d’aménagement,

c) Lancer un programme de conservation actif pour améliorer l’état et le cadre de la porte Auguste et de la porte de France tout en réduisant les facteurs qui peuvent les affecter de manière négative, notamment le trafic automobile.

d)Préparer un plan de gestion du tourisme pour gérer activement le tourisme et en traiter les effets potentiellement néfastes sur le bien proposé,

e) Améliorer le programme de suivi afin de le recentrer sur la préservation du patrimoine bâti.

La construction de cette façade moderne « à proximité de l’amphithéâtre » constitue « une menace grave pour l’intégrité du patrimoine de Nîmes », avaient asséné les experts du Conseil international des monuments et des sites (Icomos) dans un rapport d’évaluation.

l’ICOMOS considère que les projets d’aménagement sont considérés comme étant une menace grave pour l’intégrité du bien proposé pour inscription, notamment pour le cadre visuel des principaux édifices romains. C’est particulièrement le cas pour la construction récente du Musée de la Romanité situé à proximité de l’amphithéâtre et construit au sein du Secteur Sauvegardé. L’ICOMOS est pareillement préoccupé par la planification du projet de Palais des Congrès qui devrait être installé dans la zone de l’Hôtel -Dieu.

ICOMOS considère que l’authenticité du bien proposé pour inscription pose problème car la justification proposée pour la valeur universelle exceptionnelle n’a pas été validée par l’analyse comparative qui n’est pas parvenue à démontrer en quoi le bien actuellement proposé pour inscription se distingue des biens auxquels il a été comparé.

L’ICOMOS considère que, à la lumière des récentes propositions d’aménagement notées ci-avant, l’idée selon laquelle les édifices contemporains récents peuvent être intégrés dans le style architectural de Nîmes sans affecter le caractère historique du bien proposé pour inscription est problématique.

Le titre originel de la proposition, « Nîmes, l’antiquité au présent», reflète en partie cette volonté de remodeler la forme urbaine. Les informations complémentaires transmises par l État partie en février 2018 ont proposé le changement de nom du bien en « L’ensemble urbain historique de Nîmes». Néanmoins, son authenticité reste vulnérable aux implications de ces propositions d’aménagement.

Il existe un risque de perte de vestiges archéologiques romains dans la mesure où de nouveaux aménagements sont décidés sans que les impacts de ces interventions n’aient été étudiées ni que des approches alternatives n’aient été explorées. Même si des études d’impact sur le patrimoine sont lancées lorsque de nouveaux aménagements en centre-ville sont proposés, des témoignages récents des pratiques actuelles laissent penser que la préservation et la présentation in situ de découvertes archéologiques sont peu probables. Des fouilles de vastes vestiges romains ont par exemple été menées avant la construction d’un parc de stationnement souterrain situé sous l’avenue Jean-Jaurès, mais rien n’a été préservé in situ. Des recherches archéologiques ont déjà été lancées avant l’installation prévue du Palais des Congrès. Il n’existe pas pour l’instant de plan de conception du bâtiment fini, mais il ne semble pas que les découvertes archéologiques auront un effet sur la structure terminée.

 

 

 

 

 

 

 

 

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