À l’Est, du nouveau. Un autre 1er mai est possible

Avant 1989, en Bulgarie, tout comme dans les autres pays socialistes de l’Europe de l’Est, le 1er mai était une fête. Le jour du travail n’était pas un jour de protestations, mais l’occasion pour des « manifestations festives ». Que s’est-il passé après 1989 ? Et aujourd'hui ?

Avant 1989, en Bulgarie, tout comme dans les autres pays socialistes de l’Europe de l’Est, le 1er mai était une fête. Le jour du travail n’était pas un jour de protestations, mais l’occasion pour des « manifestations festives ». Les ouvriers, les agriculteurs et les fonctionnaires souriants, fleurs dans les mains, défilaient devant les tribunes des responsables du Parti-Etat.  

Que s’est-il passé après 1989 ?

Durant la « transion », le travail comme valeur et les revendications syndicales dans l’espace public étaient presqu’impensables. Les questions sur la justice et la solidarité sonnaient « démodées ». Les poser signifiait saboter les « réformes indispensables » exigées par les instances financières internationales. La question sociale n’avait pas lieu d’être, au nom de la « transition démocratique ». Au cours de cette époque, le parti socialiste a participé à l’édification du capitalisme oligarchique. Cet héritier du parti communiste d’avant 1989 s’est approprié le jour du travail. C’étaient l’occasion et continue de l’être : pourquoi ne pas se servir des souvenirs de jeunesse des citoyens retraités, électeurs principaux du parti. Concerts et meetings festifs pilotés par le PS ont lieu partout dans le pays, où les inégalités sont criardes. Les revenus des plus riches sont 8,2 fois plus élevés que les revenus des pauvres (Eurostat). Pour comparaison, la moyenne européenne est 5,9.      

Aujourd’hui, plusieurs groupements ‘alternatifs’ (La Fabrique Autonomie, le Syndicat ouvrier libre, Nouvelles perspectives de gauche), ainsi que plusieurs jeunes veulent un autre 1er mai. Les sciences sociales parlent depuis un moment des nouvelles inégalités sociales. Il est peut-être possible que les médias commencent à en parler aussi. Il sera alors question de travail, de droits des travailleurs, d’égalité et de justice. Pour le moment, de plus en plus de gens comprennent que le 1er mai n’est pas une fête, mais un jour de lutte.        

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