Le cocktail de Cerises - 25 septembre 2015

L'image de la semaine



* Un grand village citoyen. Après un périple de 5600 km, 187 étapes et 6 pays traversés, le Tour Alternatiba fait son arrivée le samedi 26 septembre à Paris pour un grand "village des alternatives concrètes" : rencontres avec les porteurs de projets, débats, spectacles de rues, dégustations écologiques, musiques... Plus sur alternatiba.eu/paris/

Les brèves

* "Un allié privilégié". En Arabie saoudite, les droits humains comptent moins qu'une goutte de pétrole ou autre ressource. Cerises dénonçait déjà (12 juin 2015), dans cette même rubrique, la condamnation du blogueur Raef Badaoui et le rejet par cet État des protestations étrangères. Aujourd'hui, Ali Mohammed al-Nimr, jeune opposant de 21 ans, arrêté et torturé quand il en avait 17, est condamné à mort. En mai dernier, le Président Hollande, «  invité d'honneur » du sommet du Conseil de coopération du Golfe, serrait la main du roi au moment où 5 hommes étaient décapités dans le pays (Cerises, 15 mai 2015) tandis que Laurent Fabius évoquait les « dizaines de milliards » en discussion. L'Arabie saoudite menait alors campagne pour occuper la présidence du Conseil des droits de l'homme de l'ONU. Les Européens n'ont pas été très convaincants, qui devaient « tous essayer de dissuader » les votants : aujourd'hui, l'Arabie saoudite assassine et préside les droits de l'homme à l'ONU. Interrogés cette semaine sur l'évolution des relations franco-saoudienne, Jack Lang réprouve la peine de mort mais se défausse en évoquant d'autres pays, « les plus exécuteurs du monde », J.P. Chevènement, mal à l'aise, met en avant les réserves naturelles de cette « puissance considérable ». Le ministère des Affaires étrangères a appelé la monarchie saoudienne à « surseoir » à l'exécution du jeune Saoudien, François Hollande à y « renoncer ». « L' autorité morale » du Président (J. L.) convaincra-t-elle l'« allié privilégié » (J.P. Ch.) ?

* Un coup dans l'aile des séquelles coloniales



Les chibanis, ces migrants dont la France a importé la "force de travail" et qui ont blanchi sous le harnais, viennent de remporter une victoire. Abusés par des contrats discriminatoires de la SNCF, ils ont bossé dur, à moindre coût pour l'entreprise. Il y a dix ans, 832 d'entre eux ont déposé des recours dont le Conseil des prud'hommes de Paris vient de reconnaitre le bien-fondé. La SNCF, arguant aujourd'hui comme hier de la "légalité" de ces contrats bas de gamme, osera-t-elle faire appel ? Cette victoire des chibanis sur une pratique d'esprit colonial montre déjà que, groupés, forts de leurs droits et de leur pouvoir, les discriminés peuvent marquer des points. Voir le communiqué d'Ensemble ici :

Paru dans Cerises n° 265

 

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