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Le Club de Mediapart mer. 27 juil. 2016 27/7/2016 Édition du matin

Une rupture est comme une conversation interrompue. Elle stupéfie, elle coupe la langue et la parole. L'idée qu'on ne finira pas sa phrase est douloureuse (si tant est que, même dans la continuité d'un lien, la phrase amoureuse puisse arriver à un point final). Tant de choses à dire, y compris non encore pensées, que l'on ne dira jamais. L'absence intolérable de l'être aimé met fin à la ligne d'horizon qu'on rêve sans cesse d'atteindre, que l'on n'atteindra jamais mais qui, tant qu'on la rêve, maintient l'amour et l'existence sublime.

La difficulté de la rupture amoureuse est principalement là. De quoi était-il question ? Il faut renoncer à sa parole, renoncer au mot ultime à la fois fantasmé et pourtant bien réel.

Alors il faut tenir, et pour vivre et pour qu'autre chose s'inaugure. Il faut se taire et, momentanément, renoncer à sa parole. Il faut croire en une clarté et en une vigueur futures, en un visage qui retracerait un inaccessible horizon en appelant à nouveau nos mots.

Enfin, de retour dans une peau d'homme seul, croire et ne pas croire. Peut-être la vie n'est-elle qu'une phrase interrompue, frôlant parfois l'éternité.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

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Camarade Jean,

Ici, sur "Mediapart", il y a quelques blogs, qui, parce qu'ils se situent radicalement du côté du partage, sont aussi les nôtres. Je veux dire : intimement.

Sur "Mediapart", il y a des gens qui proposent de partager un texte : leur texte, un dessin : leur dessin, une photo : leur photo, comme si leur vie en dépendait. Comme s'ils savaient que le temps était suspendu à ce petit événement, cet instantané de vie, texte, dessin, photo, qu'ils envoient. D'un clic. Les dés sont jetés. Le billet est parti. Il apparaît. Partagé, il sera.

Ce billet-ci, pour moi, fait partie de ces quelques billets, textes, dessins, photos, rares, intenses, profonds, qui disent tout autre chose que ce que le journalisme nous dit habituellement parce qu'ils sont d'abord d'une tête, d'un corps. Tête, corps, je vous sais là, en chair, en os.

Radicale subjectivité, qui produit l'inattendu au milieu d'un océan d'informations déjà si lointaines. Ce caillou.

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