VICTOR,OU L'HISTOIRE D'UN ENFANT DE L'ESSONNE CONFIÉ À SON BOURREAU PAR LA JUSTICE


Victor, petit enfant, est laissé volontairement aux mains de son agresseur, père violent et incestueux. Alors que les preuves s’accumulent, l’enfant souffre tandis que la maman veut protéger son enfant et dénoncer le profil maltraitant du père.

Les faits se déroule dans l’Essonne.

L’enfant a finalement été placé en foyer, où il dépérit, et de temps en temps, volontairement, l’enfant est remis à son père. La maman est harcelée par les intervenants judiciaires et des services sociaux, pour la discréditer et la détruire. Nous sommes dans le schéma décrit avec détails dans  « Le crime d’être père » .

Cet article, sous forme de témoignage écrit à la première personne, retrace l'histoire abominable de cette maman et de son enfant sacrifié derrière le dos des citoyens.

"Ingénieure, je travaille dans une grande institution française, de celles qui participent à l’essor de la France. J’ai épousé un ingénieur français, mais très vite, ses violences sont apparues. Après la naissance de mon fils Victor, je décide de divorcer. En octobre 2008, notre couple se sépare. Un mois plus tard, le père est reconnu coupable de violences conjugales.

En juillet 2009, le juge des affaires familiales décide pour le père de Victor  un droit de visites et d’hébergement : 1 weekend tous les 15 jours, 1 semaine chaque vacances. Dès lors, Victor va se retrouver seul avec son père, ce qui n’était plus le cas depuis notre séparation.

Les sévices commencent dès son premier séjour chez son père, en Août 2009 : Victor, 18 mois, revient avec un déplacement de vertèbres et ecchymose sur la colonne vertébrale. Puis, je remarque des changements du comportement et surtout de l’état de santé. Victor revient de chez son père chaque fois malade. Il est très perturbé, le regard vide, perdu dans l’espace, se met dans le coin, ne mange plus. Il commence à avoir des troubles du sommeil, des problèmes avec le pot, des constipations et cela continue pendant 3-4 jours après chaque séjour chez son père. Je ne comprends pas ce qui se passe. Je suis très inquiète.

 C’est un énorme choc quand il relate des faits à connotation sexuelle avec ses mots de bébé. Suite aux conseils du pédiatre, j’emmène mon fils chez le psychologue à l’IPSO (Institut psychosomatique de Paris) dès janvier 2010. Ils me conseilleront de faire faire des dessins à Victor, après chaque retour de chez son père. Rapidement, le diagnostic d’agressions incestueuses est posé. On me conseille d’aller au commissariat de police.

Nous sommes en février 2010. Je ne veux plus laisser mon fils à son père, sauf en visite en public, lors des séances « bébé nageur ». Il portera plainte pour non représentation d’enfant.

 « Rappelée à l’ordre », je me sens obligée de laisser Victor partir chez son agresseur.

Ce sont les vacances de Pâques.

 Victor contracte sur tout son corps, y compris les yeux, l’herpès du père.  Le pédiatre et l’ophtalmologiste ont soigné Victor et consigné leurs observations.

 J’attends que ma plainte soit instruite. Mauvaise surprise, ma plainte est classée sans suite ! « Vous êtes en instance de divorce, donc vous faites cela pour réussir votre divorce ». Je ne sais pas alors que cela est inscrit dans une stratégie de placement illégal d’enfants.

Victor, dont le langage s’améliore, parle et décrit les agressions qu’il subit. Je ne sais que faire. Je suis menacée de poursuites pénales si je ne laisse pas Victor à son père durant son droit de visite et d’hébergement.

Victor passe tout le mois de juillet 2010 chez son père. Mon inquiétude est à son comble, car en plus, je n’ai aucune nouvelle. Le 2 août, Victor revient dans un sale état. Il est malade, avec de la fièvre, il tousse et ne parle presque plus. En dehors de la maison, il ferme sa bouche avec sa main. Je remarque, comme la nourrice « qu’il est terrorisé chaque fois qu’il voit un homme ».

Victor a perdu l’appétit, il a arrêté de boire du lait, il se plaint tout le temps de son père, il pleure. Sa toux devient chronique résistant même à la corticothérapie.

Septembre 2010,  le rythme des weekends par 15 jours se remet en place. Un jour, de retour chez moi, mon fils me raconte que son père l’a jeté dans un lac, et que « les pin-pon » l’ont emmené à l’hôpital. Folle de douleur, toute retournée, je cours déposer plainte au commissariat. C’est ma seconde plainte, qui restera aussi lettre morte. Victor a deux ans.

Voilà les vacances de la Toussaint. Torturée dans mon être, je laisse partir mon bébé chez son père. Au retour, l’état de santé de Victor a encore empiré. Il se réveille 4-5 fois dans la nuit en criant : « no pas ça », « faut pas faire ça ». Il vomit chaque nuit pendant une semaine. Le médecin traitant nous a hospitalisés tous les deux pour 3 jours à l’Hôpital d’Orsay. Les pédiatres découvrent un RGO (reflux gastro-oesophagien) sans malformation. La seule cause possible selon eux est « le stress que cet enfant a subi ».

Je suis soulagée qu’en Novembre 2010,  le personnel scolaire remarque le mal être incroyable de Victor. Mon bébé a 33 mois. La psychologue scolaire a donné le papier et des feutres à Victor. Quand il a entendu le mot « papa », il a uriné dans sa culotte. Il a dessiné et parlé de faits explicites d’agressions sexuelles. La psychologue dit qu’il se comporte comme s’«il avait subi une agression sexuelle pendant une longue période de sa vie».

La psychologue, le médecin traitant et la directrice d’école font chacun un signalement dont un directement au procureur de la république. Je me dis que les choses vont s’arranger, et que Victor sera enfin protégé. Je porte plainte à nouveau.

Puis, bonne nouvelle, je suis convoquée par la police de P…. Les deux brigadiers qui me reçoivent disent ne pas avoir connaissance du signalement du médecin, que je suis une menteuse, les enseignants et la psychologue sont des incapables. Ils ont refusé de noter les faits importants de ma déclaration et m’ont avoué que « le père est tenu au courant et suit l’affaire de près avec eux. » Je déchante aussitôt, et me demande dans quel pays je suis ?

Quelques jours plus tard, le père demande au juge la résidence de Victor. Je demande bien sûr la suspension de ses droits, du fait des signalements. Ce que j’obtiens rapidement, le 11 janvier 2011, par un juge des affaires familiales que je ne reverrai plus : le père doit voir Victor dans un lieu médiatisé, et passer une expertise médico-psychologique. Ouf ! la justice est là !

Mais, coup de théâtre ! L’agresseur de mon bébé, écrit au juge pour annuler l’expertise sous le prétexte que les signalements ont été classés sans suite ( ?!) et il redemande le transfert de résidence.

Pourtant il n’y a eu aucune réponse de la part du procureur ?

Il obtient en grande partie gain de cause, le 30 mars 2011 : la juge de la mise en état ordonne le droit de visites et d’hébergement du vendredi après les classes au lundi matin. Elle déclare que l’expertise demandée par l’autre juge est caduque car les signalements sont considérés comme sans suite mais elle ordonne une expertise qui va être confiée à une autre association.

Ne voyant plus son père depuis 3 mois, Victor n’a plus de cauchemars nocturnes. A l’école, on confirme qu’il va mieux. Il reste encore très craintif, ne fait confiance qu’à ses proches, ne parle pas à l’école. Il a encore des problèmes de contrôle et de constipation. Il est terrorisé quand il doit aller à la selle. On continue de voir le psychologue une fois par semaine. Victor continue de spontanément raconter ses diverses agressions chez son père.

Je ne peux me résoudre à donner mon fils à son agresseur. Le père de Victor est venu plusieurs fois avec la police, insistant pour qu’elle casse la porte et prenne Victor de force, mais la police refuse. Mes voisins assistent à ces scènes. Je tremble chaque jour au moindre bruit, à chaque coup à la porte, en ouvrant ma boîte à lettres. Je suis sur le qui-vive, ne sachant à quoi faire, si ce n’est que je suis déterminée à garder mon bébé.

Mon avocate fait des relances au procureur, et finit par porter plainte pour ce déni et l’absence d’audition de Victor par la police, selon les lois en vigueur.

Le juge des enfants apparait... En Septembre 2011,  il ordonne une investigation d’orientation éducative (enquête pour voir si l’enfant est en danger et pourquoi) par une association, celle-là même dont parle beaucoup Violette Justice. L’association s’interroge sur le fait qu’aucune enquête pénale n’ait été faite et conclut qu’il n’y pas lieu de confirmer ou d’infirmer les accusations de viol. Elle préconise un placement dans « l’intérêt supérieur de l’enfant ».

Mais avant le placement, comme de bien entendu,la juge des affaires familiales attribue la résidence au père maltraitant, et moi un DVH classique. Comme je refuse de donner mon bébé, Victor est soustrait illégalement en pleine audience du juge des enfants le 25 mai 2012.

Victor a 3 ans.

Aujourd’hui, je vous attends, autour de mon fils et de tous les autres enfants. Venez."

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