Lettre à un président de la terre brûlée et à sa cour

Messieurs et Mesdames nos présidents, ministres et dirigeants de tout poil et de toutes obédiences, je vous vois vous rengorger, pommadés dans vos vêtements de bourgeois nantis, devant la désespérance de millions de gens, et je ne comprends pas!

Messieurs et Mesdames nos présidents, ministres et dirigeants de tout poil et de toutes obédiences, je vous vois vous rengorger, pommadés dans vos vêtements de bourgeois nantis, devant la désespérance de millions de gens, et je ne comprends pas!

Je ne comprends pas comment vous pouvez dormir, vous gens qui vous flattez d'être cultivé.e.s, éduqué.e.s, responsables alors que vous venez en quelques mois de faire estropier, handicaper à vie, des dizaines de pauvres gens!

Et je ne comprends pas comment vos proches, Brigittes, compères et autres faire-valoir, toutes personnes qui aiment à se targuer de culture, qui se sont soit-disant abreuvées au miel des plus grands écrivains et penseurs de notre littérature, qui devraient montrer les plus hautes convictions d'éthique, d'humanisme, osent encore vous regarder en face!

Ou si il me faut comprendre, dois-je alors en conclure que vous n'êtes tous et toutes que de tristes crétins qui n'ont pas même le bon sens que peut montrer le plus humble de ceux que vous méprisez tant?

Ou si il me faut comprendre, dois-je alors en conclure que vous tous, élus de boue et de sable, n'avez pas même idée de l'empathie et de la dignité dont vous devriez faire montre pour assumer les responsabilités que vous vous êtes arrogées? Bien sûr que non, n'est-ce-pas? Vous n'êtes que des sacs de vide empaquetés d'or et de soie et qui, comme seuls arguments à votre légitimité, n'avez que haine, violence, mépris, orgueil stéril et jalousie à proposer... Oui jalousie et méchanceté gratuite... Quand on est capable comme vous le fîtes, Monsieur le Pédant Sans Savoir, de tourner en dérision un jeune étudiant en horticulture, fier de sa formation autrement plus sympa que toutes vos ridicules casseroles de manager flétri, vous avez culminé, oui, culminé aux sommets de la méchanceté ! Quel exemple !

Mesdames et Messieurs comment avez-vous pu dévoyer à ce point les rêves et les utopies de tant de gens de bien, de tant de gens honnêtes et doux, jusqu'à en faire un cauchemar de haine et de violence ? Par quelles perversités avez-vous pu tordre les plus grandes espérances de notre pays pour jeter l’une contre l’autre la misère et la détresse, pour flatter l’ignorance et la médiocrité, pour si bien décérébrer vos mercenaires sans pays ni patrie et jeter leur violence contre ceux et celles à qui vous niez tout droit de parole?

Et vous tous qui trompés votèrent sans le savoir pour de telles ignominies et malgré cela continuez à soutenir les crimes du pouvoir, ne voyez-vous pas que c'est vous qui lancez la grenade qui arrache la main, ne voyez-vous pas que c'est vous qui appuyez sur la gâchette de l'arme qui va estropier à vie celle qui pourrait être votre fille ou votre mère, celui qui pourrait être votre fils ou votre père, ne voyez-vous pas que c'est vous qui rejetez à la mer celui qui se noie, ne voyez-vous pas que c'est vous qui rejetez dans les glaces des montagnes pour qu'ils y meurent de froid des gens en tongs, dépouillés de tout! Non! Vous ne voyez rien! Vous dormez vides d'humanité, vides de conscience, vides d'existence, avec vos crimes comme seule raison d'être, obèses de psaumes et prières que vous ne comprenez pas, sous les lumières des vitraux de vos églises qui ne veulent plus rien dire!

Et vous tous sénateurs et députés qui passez des jours à vous regarder le nombril, à vous auto-satisfaire de votre médiocrité et de votre vanité en fermant chastement et benoîtement les yeux sur les escroqueries monstrueuses de vos camarades, à vous insulter comme soudards ivrognes, à jouer à qui inventera la phrase la plus insipide du jour, si on vous dit de voter pour la mort, vous votez pour la mort et demain si on vous dit de voter pour le retour de l'esclavage vous voterez pour l'esclavage, et si demain on vous dit de voter pour le travail des enfants vous voterez pour le travail des enfants, et si demain on vous dit de chier sur votre fauteuil de velours rouge vous chierez sur votre fauteuil de velours rouge, mais si demain on vous dit qu'il faut partager avec celui qui meurt de misère devant les palais où vous vous prélassez vous hurlerez comme gorets qu'on égorge, mais si demain on vous dit qu'il faut fermer les prisons et ouvrir des écoles vous braillerez invectives et grossièretés, mais si demain on vous dit qu'il faut remplacer vos gardes chiourme par des enseignants, telles d'aigries et pudibondes lécheuses d’hosties, vous vous offusquerez haut et fort, devant vos médias aux ordres, de l'outrageuse outrecuidance des misérables que vous honnissez!

Entre vos mains a été confié un monde unique, un monde empli de promesses, un monde qui ne compte pas ce qu’il donne, un monde qui ne regarde pas si vous êtes verts noirs jaunes ou blancs, un monde de splendeur et d’abondance. Vous êtes les héritiers bienheureux de mille générations qui vous ont laissé mille savoirs, qui vous ont laissé mille merveilles, qui vous ont laissé, pour que les erreurs d’hier ne soient pas celles d’aujourd’hui, une histoire à méditer et à comprendre et que faites vous de tout cela ?

Vous détruisez, broyez, ravagez, enlaidissez jusqu’à folie notre si irremplaçable Terre ! Pour satisfaire vos égos ridicules de frustrés incapables de vous assumer, vous vous employez à faire de notre monde un enfer de meurtres, de souffrance, d’injustice, de misère où vos armes remplacent poésie et musique, où vos armées remplacent jongleurs et acrobates !

Alors oui vous tous… ce matin osez vous regarder en face et posez-vous cette simple question :

De toute ma vie, qu’ai-je fait de beau pour tous ceux qui seront là demain ?

Mais le mot beau veut-il dire quelque chose pour vous tant il est vrai que vous semblez ne connaître qu’avidité et soif de pouvoir insensées?).

Mais saurez vous surmonter votre veulerie et votre lâcheté pour vous regarder tels que vous êtes ?

Et aujourd'hui je me dis, Messieurs et Mesdames nos présidents, ministres, dirigeants de tous poils, de toutes obédiences, je me dis Messieurs et Mesdames qui les laissez faire, que tous et toutes vous n'êtes rien, non rien! Rien que notre apocalypse, rien que notre fin!

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