Hôpital: travail intensif et management agressif.

Billet du 26 Juin 2019

Dans un bon paquet de conventions collectives et de statuts professionnels comme dans ceux de la fonction publique hospitalière, les temps de pause sont de 10 minutes toutes les 2 plombes (hors pause repas)... Sur un poste de 10 plombes, ça fait donc 50 minutes de pause. Ça faisait 3 petits marcotins que ça ne nous était pas tombé sur le paletot mais depuis quelques jours, notre taf s'est intensifié de façon pérenne... Par exemple, cette nuit (les nuits, intensives ou non, sont assujetties au travail intensif -avec primes mensuelles associées mais sans autre privilège pour la retraite que le service actif qui nous octroie de calter à 57 piges comme nos collègues de jour; avant la réforme, c'était 55-), je disais donc, avant d'être interrompu par mes propres digressions que cette nuit, nous n'avons pu nous poser que 20 minutes sur toute la noille pour boulotter un peu et "fêter" les 50 piges d'une collègue...
Ben tu vois, notre cadre a quand-même trouvé le moyen de nous reprocher un "certain relâchement dans les tâches dédiées" et ça, dans une bafouille collée dans le cahier de "transmissions" et formulée sur un ton infantilisant.
Habituellement, je réponds par écrit à ses missives mais aujourd'hui, je vais prendre rendez-vous avec la donzelle pour lui expliquer que le management agressif à l'amerloque, c'est ce qui fonctionne le moins bien et produit le plus de dégâts psychiques chez les employés... Mais tout ça à la sauce "bibi", enveloppé dans du PQ usagé... Tu visualises le truc?...
C'est vrai qu'y a des trucs qui pêchent depuis l'arrivée des nouvelles collègues mais à leur décharge, c'est pas évident d'être irréprochables quand t'es un bleu dans une taule où c'est qu'y a des spécificités que t'as pas ailleurs... J'avoue aussi que deux ou trois feignasses ont profité du flou artistique engendré par la restructuration du merdier, pour se mettre à la calée et peigner deux fois plus de girafes qu'avant... Mais ça fait quand même mal aux couilles d'être traités comme des mioches de la communale du coin par une cadre (même pas quinqua) à la "mâchouille-moi-le-prépuce"...

Bon, j'te fais grâce des propos de ma déléguée syndicale qui, cadre elle-même, a "pris parti" pour ma chef... Du coup, je crois que je vais m'y coller pour redevenir le délégué syndical que je fus autrefois et mettre un grand coup de latte dans cette fourmilière de mous du genou...

P.S: en effectif minimum, nous sommes TOUS grévistes assignés mais il nous est impossible de "zapper" des actes courant car tous sont indispensables aux soins pratiqués... En gros, on peut même pas faire la grève du zèle...

Bon, et part ça, ça va, toi?

gre-ve

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