Le 21 septembre, contre les pesticides, à pied et à vélo au Val Joly

Les 21 et 22 septembre, le Val Joly accueille le Congrès des Maires Ruraux. Le collectif Bocage Avesnois en Danger invite tous les citoyens, les associations et organisations écologiques à s'y rejoindre, à pied ou en vélo, pour soutenir les maires qui défendent des arrêtés anti-pesticides dans un esprit festif.

Je relaye ici l'appel du Collectif Bocage Avesnois en Danger:

Journée du bocage 21 septembre 2019

Le commentaire n'engage que son auteur.

Chose promise, chose due, l'Etat a obtenu par référé administratif la suppression de l'arrêté municipal du maire de Langouët, qu'il assure de sa sympathie pour sa cause en même temps.

Mais cet échec provisoire est une avancée inattendue.

En effet, par la brillante plaidoirie de Michel Cueff, prenant la tribune en proue de son échafaud, c'est de la raison, de la République et du champ des possibles que la commune de Langouët s'est trouvée l'égérie écologique, face à laquelle l'obstacle obstinément contorsionné du gouvernement n'a levé le doute que sur sa ferme volonté de ne rien entendre ni des réquisitions des citoyens et de leurs élus, ni des alertes des scientifiques et de la société civile.

Interdire les pesticides à moins de 100 mètres des habitations

Second succès inattendu du gouvernement pas "pro-pesticides", mais "anti-anti" en même temps, alors qu'il met les maires face à la loi, à leur préfet et au tribunal administratif, les maires mettent l'Etat face à l'absence de loi, là où ils veulent protéger leurs habitants. Des dizaines d'autres édiles se dressent, partout en France, soutenant les premiers qui tiennent bon, droits dans leurs bottes, et défendent des arrêtés similaires. Chacun.e de ces maires-courage représente l'autorité publique et fait son devoir en conscience. Désobéissance?

Parce que des gens sont exposés aux pesticides chez eux, qu'ils ont peur pour leurs enfants, et qu'ils demandent protection

Grâce à ces maires, ce premier pas est possible. Interdit aujourd'hui, il est possible demain si ces élus trouvent notre soutien. N'est ce pas l'éclatante démonstration de l'inertie têtue à sortir des pesticides qui frappe la conscience ici? N'est-ce pas la même inertie têtue pour le climat et la biodiversité, et qui voudrait en plus priver les communes du droit d'agir? Quelque soit le temps que puisse prendre l'abandon des pesticides, il serait fou qu'on ne puisse déjà protéger les habitants.

Ces arrêtés municipaux, interdisant l'épandage de produits phytosanitaires de synthèse aux abords des habitations pallient à une législation volontairement lacunaire, ils sont conformes aux orientations communautaires. S'ils n'ont pas encore trouvé une forme réglementaire valide, ils ont démontré leur légitimité démocratique, dans la pluralité d'élus responsables, là où il n'y a de politique partisane que l'action des lobbies, et le pouvoir de nuisance démocratique des intérêts agro-industriels.

Quand tu chantes...

L'arrêté retoqué de Langouët précisait 150 mètres, et 100 mètres en cas de présence d'une haie. Cette disposition contribuait intelligemment à la restauration d'un continuum de biodiversité mais ça n'a pas inspiré l'Etat, qui croit devoir arbitrer 5 ou 10 mètres en fonction de la hauteur de pulvérisation. Plutôt que d'entendre pourquoi tout le monde réclame au moins 100 mètres, on s'imagine plutôt Nana Mouskouri avec un désodorisant dans nos ministères, où chante la FNSEA, et où l'on fait débat de la taille des buses.

 Le ministre du portefeuille de l'agriculture agite le spectre d'une artificialisation des terres, par la réduction des terres cultivables que ces mesures induiraient. C'est prendre sciemment le problème à l'envers pour empêcher au contraire toute redistribution des sols à une agriculture locale, protectrice des hommes, des sols et de la biodiversité.

En effet, l'artificialisation des  sols et la contrainte d'urbanité à l'agriculture se font d'une part sur le phénomène de grignotage des "dents creuses", opportunités de constructibilité, de l'autre sur celui des extensions péri-urbaines planifiées. Ces mutations foncières se font rarement sans que les propriétaires des terrains cultivables n'y trouvent un meilleur bénéfice qu'à leur exploitation. Alors qu'ils sont, partout, des milliers de jeunes agriculteurs, formés, qui donnent ce sens à leur vie et sont prêts à créer un emploi durable avec quelques hectares sans pesticides, et qui ne trouvent pas de terre pour y être, paysans, les artisans de la résilience.

La FNSEA représente ceux qui peuvent céder des hectares de terre arable à un lotissement un jour, et le lendemain pulvériser aux raz des habitants. Ils ne sont pas tous aussi méchants mais on peut faire un autre calcul: 100 mètres sans produit phytosanitaire de synthèse à proximité des habitations, ça fait moins de maladies, moins de béton et plus de bio.

Pesticides : le combat du maire de Trelon pour ses habitants

 

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