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Le Club de Mediapart sam. 30 juil. 2016 30/7/2016 Dernière édition

Gouter d'enfance

C'était il y fort longtemps, enfin j'étais encore une petite fille. Cancre déclarée et sans complexes. Il arrivait je je fasse un coup d'éclat en géographie ou en français. Mais j'aimais ces jours d'automne bien frais, parce que je me tenais près du poêle ronflant.
C'était il y fort longtemps, enfin j'étais encore une petite fille. Cancre déclarée et sans complexes. Il arrivait je je fasse un coup d'éclat en géographie ou en français. Mais j'aimais ces jours d'automne bien frais, parce que je me tenais près du poêle ronflant. Un gros poêle peint d'argent. Bourre jusqu'à la gueule par je ne sais qui, dispensant une chaleur lénifiante qui rosissait nos joues. Bien avant la recréation je disposais le pain du gouter sur le dessus, en couronne .Couronne de tartines bientôt dorées, croustillantes, odorantes. Une fois tournées, ces tartines se voyaient accueillir les deux carres de chocolat noir qui se mettaient a couler doucement. Cela sonnait l'heure bénie du gouter. Chacun saisissant son butin parfume et fondant fonçait dans la cour pour croquer, lécher, déguster , engloutir cette récompense de fin d'après- midi. Déjà je mangeais seule, avec précaution ce qui serait bientôt ma Madeleine de Proust. Je voulais me souvenir de ces instants, quelque chose de léger, fragile. Si longtemps après je sens encore sur mes doigts le crissement des miettes, l'odeur vanillée du chocolat mêlée a celle du pain grillé.Odeur d'enfance, non pas. Odeur de début d'année scolaire. De ces longues années qui rythmaient le temps. La c'était l'automne et les feuilles roussies, les premiers gels, le cache-col mille fois perdu et puis dans cet océan d'ennui le quart d'heure enchanté grappillé avec la complicité tendre de nos profs.

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Tous les commentaires

Non seulement je recommande mais en plus je lui passe un bout de ma barre de chocolat à Sylviane. C’est René-Guy Cadou qui me l’a donnée.


Odeur des pluies de mon enfance
Derniers soleils de la saison !
A sept ans comme il faisait bon,
Après d'ennuyeuses vacances,
Se retrouver dans sa maison !
La vieille classe de mon père,
Pleine de guêpes écrasées,
Sentait l'encre, le bois, la craie
Et ces merveilleuses poussières
Amassées par tout un été.
O temps charmant des brumes douces,
Des gibiers, des longs vols d'oiseaux,
Le vent souffle sous le préau,
Mais je tiens entre paume et pouce
Une rouge pomme à couteau.