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Billet de blog 22 avr. 2019

L'Université française entre xénophobie et libéralisme

Ne pas cesser de dénoncer le racisme et la xénophobie officiels de l'université, toujours, partout!

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Maintenant c'est fait, le décret de la honte est paru, les droits d'inscription des étudiants hors communauté européenne ont été multipliés par  10 environ. Cela ne concerne pas les doctorants et c'est un peu moins qu'annoncé, mais cela ne change rien à l'affaire. 

Le racisme est à l'oeuvre et nous devons l'arrêter. Pendant quelques temps, on  a cru que cela ne voulait cacher qu'une augmentation de TOUS les droits d'inscription (politique indéfendable, elle aussi d'ailleurs mais pas xénophobes). Cela avait et a toujours du sens, après tout c'est ainsi que cela a commencé en grande-Bretagne par exemple. Seulement, nous ne sommes plus dans la même période (y compris celle d'avant l'élection de 2017 et celle des "macronleaks" ou des conseils de Gary-Bobo en matière d'enseignement supérieur); des lois liberticides ont été votées (loi instaurant  un état d'urgence permanent et loi anti-casseur) qui étaient insoupçonnables elles aussi.  Aujourd'hui rien n'indique que si les droits d'inscription augmentent pour les étudiants français, ils n'augmentent pas aussi pour les étudiants étrangers (par exemple de 500€), laissant la discrimination intacte. 

Nous devons l'arrêter et répéter sans cesse quoiqu'il en coûte que l'état adopte une politique ouvertement  raciste. Les universités et les universitaires doivent combattre dans les faits ce décret, certains le font, d'autres s'y appliquent, très bien. Cependant, le problème dépasse la seule université.  C'est la première fois que le principe de préférence nationale (qui est aussi communautaire dans ce cas) est ainsi mis en application. Certains ont essayaient (en vain) de montrer que la loi anti-casseur mise en d'autres mains pouvait avoir des conséquences désastreuses, que dire alors de cette porte ouverte?  Jusqu'à présent la seule évocation de cette préférence nationale par un membre du gouvernement ou de la majorité faisait pousser des cris et attirait des démentis. Il ne faut donc pas négliger ce combat.

Enfin un petit commentaire sur l'antisémitisme, qui semble être éloigné de la question et pourtant! Il faut prendre au sérieux l'affirmation que l'antisémitisme est une des matrices (en France) de tous les racismes (même si j'en vois d'autres). Compte-tenu de la situation actuelle, on a tendance à le négliger ou à le nier (surtout dans le milieux de la gauche antiraciste) et de fait c'est vrai qu'il n'y a pas d'antisémitisme d'état du moins assumé, au contraire même on a une volonté "farouche" de la part de nos gouvernants à le combattre. Pourtant, il faut se rendre à l'évidence, qu'a dit Edouard Philippe pour justifier cette politique raciste? Un seul "argument" : que les étudiants étrangers étaient au bout du compte riches et qu'il ne fallait pas que les français par leurs impôts payent pour eux. Bien évidemment, ces affirmations n'ont pas l'ombre d'un début de justification, et ne cherchent pas à en avoir, sinon on parlerait du cas des étrangers communautaires, mais jouent sur de vagues exemples. Il s'agit bien d'une matrice antisémite qui a amplement servi pendant des siècles en France (et ailleurs mais ce n'est pas la question) et qui  "ressort" régulièrement pour bien d'autres groupes d'"étrangers" (par exemple les roms, qui selon Sarkozy posséderaient des voitures qu'un français ...).

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