Les démocraties au piège du terrorisme, 
L’ère des ténèbres

Texte publié le 14 novembre 2015 parRevue du Mauss permanente (http://www.journaldumauss.net)Michel Terestchenkohttp://www.journaldumauss.net/?Les-democraties-au-piege-du 

Texte publié le 14 novembre 2015

 

par

Revue du Mauss permanente (http://www.journaldumauss.net)

Michel Terestchenko

http://www.journaldumauss.net/?Les-democraties-au-piege-du 

 

Après le 13 novembre

Sinistre coïncidence, le texte de Didier Hanne, publié ici il y a quelques jours (http://www.journaldumauss.net/?Attentifs-ensemble) et celui de Michel Terestchenko rédigé quarante huit heures avant le drame, nous invitaient tous deux à regarder résolument en face la lutte à mort que va nous livrer l’islamisme radical, cette variante contemporaine des pulsions totalitaires qui ont ensanglanté le XXe siècle. Les horribles événements de ce vendredi 13 novembre leur ont donné tragiquement raison. Tous deux, D. Hanne et M. Terestchenko, nous appellent à agir avec la plus grande fermeté, sans céder à la tentation de minimiser la violence de la guerre qui nous est déclarée en prétendant l’ « expliquer » ou la « comprendre », sinon la justifier, par des considérations économiques, sociologiques, géostratégiques etc. Le propre des phénomènes totalitaires est d’excéder toutes les causes ou toutes les raisons. Pour autant, cette guerre résolue qu’il nous faut mener contre ceux qui la mènent contre nous en ne reculant devant aucun moyen, aucune abjection, il nous faut la mener en tenant ferme sur nos valeurs. Inflexiblement. Sur les valeurs du droit et de la démocratie, explique M. Terestchenko, sur celles de la gauche selon D. Hanne. Sinon, quand bien même nous remporterions une bien improbable victoire militaire, c’est en définitive le terrorisme qui aurait gagné. Ajoutons que dans ce combat si incertain, la seule boussole qui puise nous guider, la seule lumière qui puisse nous éclairer c’est celle des valeurs sur lesquelles nous ne transigerons jamais. Ces valeurs, par exemple, que s’est essayé à fixer le Manifeste convivialiste. Espérons qu’elles se révèlent effectivement universalisables. Et rapidement. Elles ont pu paraître à certains trop vagues ou trop gentillettes. Et pourtant, ne sont-elles pas au cœur du problème qu’il nous faut affronter ? : 
 Principe de commune humanité : c’est précisément ce que refuse absolument Daesh. 
 Principe de commune socialité : c’est précisément ce que refuse absolument Daesh.
 Principe de légitime individuation : c’est précisément ce que refuse absolument Daesh.
 Principe de maîtrise de l’opposition qui appelle à « s’opposer sans se massacrer » : c’est précisément ce que refuse absolument Daesh.
C’est donc, au contraire, ces quatre principes qu’il nous faut défendre absolument.

Alain Caillé & Philippe Chanial

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