Le dilemme

Oui, du point de vue de la raison cartésienne, il est absurde et cocasse d'exiger des Français de confession musulmane qu'ils se désolidarisent des abominations perpétrées ici et là par l'État islamique (Daech). En effet, si l'on va jusqu'au bout de cet argument, on atteint, non sans célérité, à la plus ridicule hilarité.
Pour ceux qui résistent encore et toujours à Twitter, florilège à ne manquer sous aucun prétexte !

Hélas ! nous vivons dans un monde où si l'on fait l'économie d'une stratégie, il faut se préparer à subir celle des autres.
En somme, parce qu'ils ne sont pas assez politiciens - ou mesquins, c'est selon -, nos compatriotes musulmans sont condamnés à ce que les fous de Dieu (Daesh) et ceux de la blanche Nation chrétienne, le Dieu du pauvre, leur fassent la nique.
Concrètement, si, dans les rues de Paris et de sa province, il y avait des milliers de Français musulmans, des barbus, des voilées brandissant le Coran et le drapeau tricolore, insultant Daesh, dont les fantassins osent tuer au nom de Dieu (sacré blasphème, comme l'a rappelé le pape François Ier), tout ça, naturellement, sous les yeux des chaînes d'information en continu, disons-le avec clarté: game over, les fous. Ça, c'est ce que l'on appelle un mouvement tactique ("a photo op").

En résumé, nos compatriotes musulmans, leurs élites, ont raison au fond. Néanmoins, avoir raison ne suffit pas. "It's not always enough to be right, sir", explique, non sans justesse, Leo McGarry à son président (The West Wing).

Le dilemme est posé...

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