Comment mobiliser ?

Samedi 22 février, il y avait deux manifestations à Lyon, qui, rappelons-le, est la troisième ville et le cœur de la deuxième agglomération de l'Hexagone. On a parfois du mal à y croire...

Samedi 22 février, il y avait deux manifestations à Lyon, qui, rappelons-le, est la troisième ville et le cœur de la deuxième agglomération de l'Hexagone. On a parfois du mal à y croire...

D'une part, un cortège s'élançait de la place Bellecour, centre névralgique de la capitale des Gaules, pour protester contre les « grands projets inutiles » tels que l'aéroport Notre-Dame-des-Landes, l'autoroute A45, le Grand stade de l'Olympique lyonnais (« OL Land ») ou encore la ligne de TGV Lyon-Turin. Autant de potentiels éléphants blancs inacceptables en période de vaches maigres budgétaires. En effet, contrairement à ce que l'on voudrait nous faire croire, de l'argent, il y en a à foison. Une fois de plus, tout est donc question de priorités. Celles des politiciens en responsabilité semblent sortir d'un autre âge, productiviste à l'envie, et ce malgré la qualité du rapport remis à l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy (2007-2012) par la Commission Stiglitz, lequel rapport aurait pu constituer une véritable impulsion vers une transition écologique qui à force d'être repoussée aux calendes grecques se fera sans doute dans la brutalité – et donc au détriment des plus faibles.

D'autre part, suite à l'agression le soir de la Saint-Valentin de deux mineurs par des militants d'extrême-droite dans le Vieux Lyon, il s'agissait d'envoyer un signal fort contre ces actes odieux qui, malheureusement, se multiplient dans ce quartier emblématique de la ville, notamment depuis l'ouverture de La Traboule, lieu de rassemblement des militants et sympathisants de la droite lyonnaise la plus extrême.

Au delà des problèmes d'organisation (chevauchement entre les deux manifestations), ce que l'on peut une fois de plus regretter, c'est l'indifférence de la plupart de nos compatriotes. Certes, d'un point de vue historique, on peut se convaincre que l'histoire est « faite » par les minorités organisées et non pas par les masses passives ; néanmoins, du fait de la gravité de la situation, mobiliser davantage est un enjeu vital. (Il y avait environ mille manifestants...) La lutte contre la violence de l'extrême-droite et la transition écologique ne se feront pas toute seule. Or, trop nombreux sont ceux qui attendent que nous faisions le boulot à leur place. (« C'est génial ce que vous faites. ») En Sciences sociales, nous les appelons les « free riders ».

Toujours me revient cette question : comment mobiliser ?

Devant le local de campagne du maire de Lyon, Gérard Collomb © Théo Albarracín Devant le local de campagne du maire de Lyon, Gérard Collomb © Théo Albarracín

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