Décidez-vous, Monsieur le Président...

Vos chers compatriotes sont impatients, angoissés. On les sent de plus en plus tendus, comme suspendus à vos lèvres. Alors qu’ils vous voient aller et venir partout prendre la parole à grands coups de Falcon, vous parlez sans cesse d’autre chose et cela devient lassant. Pourtant, ils voudraient bien savoir.

 

Mais non ! Vous jouez au chat et à la souris, vous faites comme si vous étiez en campagne, vous utilisez les moyens dela Républiqueet nos impôts pour sillonner à grands frais l’Hexagone, pour apostropher des candidats qui, eux, se sont déclarés. Devant des publics triés sur le volet, vous vous posez en sauveur, en recours, en défenseur, en modèle de vertu, quand ce n’est pas en homme providentiel. Et vous êtes applaudi à tout rompre.

 

Peut-être pensez-vous que votre fonction vous met au-dessus de la mêlée et que le vulgum pecus peut bien attendre votre auguste décision. Vous vous dites, sans doute inconsciemment, que ce sera toujours cela de gagné pour vos comptes de campagne avant de daigner faire les bonnes grâces de votre candidature à votre bon peuple.

 

Alors que nous sommes abreuvés de sondages qui, eux, vous ont mis d’office sur la liste, sans vous demander votre avis, n’avez-vous pas peur que cette lourde incertitude n’en vienne à fausser le jeu démocratique ? Ne craignez-vous pas de laisser vos chauds partisans dans les affres de l’expectative, et que, ne voyant rien venir, ils aillent courir un autre lièvre ou  jouer un autre cheval ?

 

Faudra-t-il venir se prosterner à vos pieds pour vous supplier de vous déclarer, ou maintiendrez-vous le suspense jusqu’à la dernière extrémité, au risque de ne plus trouver le moment opportun pour le faire. A moins que vous ne souhaitiez, en définitive, que l’annonce de votre candidature tombe complètement à plat dans l’indifférence générale.

 

Si vous tenez à ce que vos chers compatriotes se déterminent sereinement, il serait grand temps qu’ils sachent enfin si vous êtes, oui ou non, candidat à votre propre succession. Dans une démocratie digne de ce nom, ce serait la moindre des choses d’en tenir informé la représentation nationale et le peuple.

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