Les Frères musulmans lancent une « coalition européenne contre l'islamophobie »

Le 5 juillet une kyrielle d’ONG et d’associations, s’autoproclamant « coalition européenne informelle contre l’islamophobie » ont envoyé une lettre ouverte à Frans Timmermans, Premier Vice-Président de la Commission européenne. Dans ce courrier, cette coalition exerce des pressions claires sur Bruxelles.

Frans Timmermans Frans Timmermans

Le seul but de cette coalition est de mettre en place son propre agenda, comme le révèle le journal néerlandais Elsevier Weekblad. La création de cette ligue et ses méthodes posent un certain nombre de questions que la Commission et le Parlement européen doivent prendre au sérieux.

Qui sont-ils ?

Derrière le terme vague de coalition informelle se trouvent quelques ONG et/ou associations d’apparences différentes qui se proclament toutes indépendantes, chacune d’elles serait représentatives de la diversité de l’islam en Europe. La réalité est pourtant toute autre, tous ces groupes : EMISCO pour la cohésion social, FEMYSO pour la jeunesse, EFOMW pour les femmes, ENAR pour l'antiracisme, ENORB pour le dialogue inter-religieux, sont tous bien connus. Ils sont tous issus de la Fédération des organisations islamiques en Europe (FIOE) qui a été créée en 1989 par les Frères musulmans, et dont l'UOIF est la branche française.

Quel agenda ?

Leur projet est également connu, il a été très bien décrit, dès 2005, par Sylvain Besson dans le journal Le Temps. Un document de 14 pages, découvert par les enquêteurs suisses, après le 11 septembre 2011 lors d’une perquisition chez Youssef Nada un homme soupçonné de financer al-Qaïda, décrit l'incroyable stratégie occulte des Frères musulmans pour conquérir le pouvoir partout dans le monde afin d’établir le règne de dieu sur terre.

La difficulté dans le débat est de rester objectif, critiquer les Frères musulmans et le risque de se faire cataloguer comme islamophobe est immédiat. Mais ignorer naïvement les actions néfastes de la nébuleuse des Frères musulmans est dangereux pour la démocratie et la cohésion social. N'oublions pas que cette confrérie ne représente en rien l'Islam, une religion tout à fait compatible avec la démocratie. Un regard critique envers les Frères musulmans s'impose, comme le suggérait un récent rapport du gouvernement britannique.

Quelles méthodes ?

Dans le texte retrouvé chez Youssef Nada, il est stipulé que les Frères musulmans « ne doivent pas agir au nom de la Confrérie mais s'infiltrer dans les organismes existants. Ils ne peuvent ainsi être repérés puis neutralisés. » C’est la raison pour laquelle tous les groupes agissant au sein de cette « coalition informelle » ne mettent jamais en avant la religion mais les questions sociétales : la place de la femme musulmane en Europe, les discriminations, le racisme, et surtout l’islamophobie. Un maillage implacable.

D’une part, hurler à l’islamophobie en permanence permet de se poser en victime, la victimisation étant une technique très ancienne de manipulation ; d’autre part, comme le souligne, Lydia Guirous dans son ouvrage intitulé « Allah est grand, la République aussi » « L'islamophobie déplace la question du racisme sur le champ du religieux. De fait, cela permet de réintroduire à haute dose le fait religieux dans le débat public. » La boucle est bouclée…

Quelle représentativité ?

C’est tout le problème avec la dénomination « société civile », un terme vague qui recouvre tout et n’importe quoi. Un petit groupe de personnes peut créer une association ou une ONG, il s’auto-organise, s’autocontrôle et se proclame représentatif d’une communauté. A ce titre, il en devient le porte-parole devant toutes les institutions sans avoir besoin de démontrer quel est son véritable poids dans la société et sans aucune élection.

Ils ne sont pas élus mais parlent au nom des citoyens qui ne leur ont rien demandé. Cette « coalition informelle » ne représente qu’elle-même, très bien organisés, les Frères musulmans restent ultra-minoritaires en Europe et ne peuvent pas s’arroger le droit de parler au nom des musulmans. En revanche, ils pèsent lourd grâce à leur stratégie d’entrisme bien huilée au sein des partis politiques et des médias et à leur puissance financière, ils sont largement subventionnés par le Qatar.

Conclusion

Pour toutes ces raisons la Commission européenne et surtout le Parlement européen, qui lui est élu, ne doivent pas tomber dans le piège qui leur est tendu sous le prétexte d’une islamophobie fantasmée. En recevant ces organisations à Bruxelles ou à Strasbourg, en écoutant leurs doléances, ils les légitimes et leur permet de mettre en œuvre leur agenda : la propagation de l’islam radical et intolérant.

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