Les mésaventures du soldat Donald Plump

Après l’injuste et douloureux procès en cour martiale qui lui fût fait...

                                      

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          Après l’injuste et douloureux procès en cour martiale qui lui fût fait, le soldat Donald Plump est de retour. Les bonnes nouvelles s’enchaînent. Après son acquittement, 2020 s’annonce pour lui sous les meilleurs auspices : la réélection à la tête de sa chambrée est en vue. La chose n'est cependant pas définitivement assurée.

 

          Donald Plump est de retour. Mais d’où revient-il ? Revivons ensemble son long chemin de croix devant la cour martiale de Fort Meade dans le Maryland.

                                  

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  2 Août 2020. Très tôt ce matin, extrait de sa cellule de la prison militaire de Fort Meade, où il regardait encore un dessin animé de Tom et Jerry, la télécommande à la main, elle ne comportait heureusement pas de bouton nucléaire, le soldat Donald Plump a comparu devant la cour martiale du Maryland.

  Après un bref délibéré, la Cour énonçait l’acte d’accusation. Le soldat Donald Plump devait comparaître en raison des 5 chefs d’accusation retenus contre lui, le plus grave, ce dernier étant passible de la peine de mort, l’« intelligence avec l’ennemi », des puissances étrangères emmenées par Vladimir et Xi manœuvrant secrètement pour obtenir sa reconduite à la tête de la caserne.

                             

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           Dans son réquisitoire, la juge, la Colonelle Denise Lindsey, estimait que le 1° classe de l’US Army, Donald Pump, héros reconnu des campagnes capillaires et immobilières, devait comparaître pour, nous énumérons : misogynie et propos sexistes réitérés ; complicité ouverte avec les suprémacistes sudistes du Klu-Klux-Klan et réveil des fantômes racistes de l’Amérique ; manquement au devoir militaire en faisant connaître son souhait de voir reporter, au prétexte de l'épidémie qui ravageait actuellement toutes les chambrées de la caserne, reporter son élection de chef de chambrée prévue au mois de Novembre, à l'issue de laquelle il craignait d’être contraint de restituer les clés de la caserne ; l’incrimination la moins grave restant le non respect de la coupe de cheveux réglementaire dans l’US Army.

   La défense du jeune prévenu s’est pourtant efforcée tout au long du procès de faire apparaître le soldat Donald comme un garçon naïf, plein de bonnes intentions et simplement désireux de voir l’Amérique renouer avec son passé glorieux. C’est un garçon qui veut le bien de l’Amérique, avait déclaré son avocat lors de sa plaidoirie.

   En vain ! N’essayez pas de nous trumper, avait enjoint fermement la Colonelle Denise Lindsey à l’avocat, le Commandant Woopy Allen. Restons-en aux faits, voulez-vous !

   C’est sur l’incrimination d’intelligence avec l’ennemi que finalement la défense a pu toutefois obtenir le succès décisif, incrimination non retenue, et sauver ainsi la tête du jeune militaire. C'est en effet une particularité du droit militaire américain que, lorsque l'incrimination déposée par l'accusation comporte plusieurs chefs, et c'est ici le cas, l'abolition d'un seul d'entre eux permet d'effacer tous les autres. C'est l'opportunité qu'a su saisir aujourd'hui son avocat, le Commandant Woopy Allen pour faire disculper totalement le prévenu. Ceci en faisant casser l'incrimination d'« intelligence avec l'ennemi ».

 

           Qu’est-ce donc que le crime d’« intelligence avec l’ennemi », cette incrimination de la plus haute gravité dans tous les codes militaires ?

                                          

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   L’« intelligence avec l’ennemi » désigne de façon générale toute action ou machination concertée avec une puissance étrangère ou ses agents, Vladimir ou Xi, peu importe, pour les engager à commettre des hostilités ou pour leur en procurer les moyens, mais également pour en obtenir le concours dans une compétition électorale.

   Elle peut être punie de mort. Seule circonstance à même d’atténuer la condamnation dans la jurisprudence française, le non-état de guerre au moment des faits.

    C’est ainsi qu’en 1894, le Capitaine Dreyfus était seulement condamné à la dégradation et au bannissement. Mata Hari, par contre, de son vrai nom Margaretha Geertruida, espionne, danseuse et courtisane, était fusillée au Château de Vincennes, le 15 Octobre 1917.

                                  

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                                        La belle Margaretha Geertruida, alias Mata-Hari 

 

          C’est par un artifice qui fera date dans les annales des différentes cours martiales du monde, que l’avocat du jeune militaire, le Commandant Woopy Allen, avait déclaré : « Vous êtes une cour martiale. Une cour martiale juge de la guerre, martial provenant du latin martialis, de Mars, le dieu de la Guerre. Une cour martiale juge de la guerre, mais elle juge aussi, dans cette incrimination, de l’intelligence du prévenu. Or, de celle-ci, l’intelligence, vous disculperez aisément le soldat Donald Plump. Il n’a jamais fait campagne dans le Génie ».

  

           Nombre de juristes reconnaissent aujourd’hui que l’incrimination différemment formulée – ainsi par exemple, « collusion avec l’ennemi » et non intelligence – aurait certainement été retenue et permis la condamnation. C’était là la faille que n’avait pas manquée d’exploiter le talentueux avocat.

           Quels seront nos propres commentaires ? Écartant « Maison-Blanche », ou « Maison flanche », nous opterons finalement pour « fou à lier », au lieu de « fou allié ». Les deux mon capitaine !

                                   

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