Éviter le bide

N'allez pas voir là quelque recommandation diététique.

          N'allez pas voir là quelque recommandation diététique. Nous vous parlons de spectacle, plus particulièrement de comédie. Non de théâtre, mais de cinéma.

( Il y a fort longtemps, le mot « bide » était un raccourci de « bidon », le ventre en langage familier. « Faire un bide » signifiait, lorsqu'on parlait de comédiens, « subir un échec ». Quand le spectacle tombait à plat et ne produisait pas ses effets sur le public, on disait que le comédien repartait en rampant, donc sur le « bide ».)

                         

images-1

 

  En allons-nous arriver à cette extrémité, celle d'un bide, au terme de plus de trois mois de Grand Débat. Le Grand Débat accouchera-t-il d'un grand embarras ? Un Bide pour tout dire. Bide plutôt que mascarade, cette dernière désignant une mise en scène trompeuse. Encore que les deux peuvent aller de pair. Et peut-être est-ce aujourd’hui le cas.

(Le terme de mascarade désigne une réunion ou un défilé de personnages déguisés et masqués, un déguisement étrange ou un accoutrement ridicule. Péjorativement, on l'utilise pour parler d'une mise en scène trompeuse.)

                                 

img-0683

 

            L’information nous fut donnée, sera-t-elle vérifiée, de l’arrivée à la nuit tombée, par la Porte de la Grille du Coq, entrée secrète du Palais de l’Élysée, de l’éminent neurologue et clinicien disparu il y a maintenant plus de 120 ans, connu dans le monde entier pour ses travaux sur l’ictérie et son traitement par l’hypnose, le Professeur Jean-Martin Charcot lui-même. Convoqué en haut lieu pour y donner son avis quant à la difficile question, il avait décliné avec condescendance amusée l'invitation faite quelques jours auparavant à 80 « grands intellectuels ».

                    

unknown-2

 

   Et quelle était la question que tenait à lui poser  le locataire des lieux. Celle de la meilleure issue à ces yeux à ce Grand Débat, issue propre à éviter un bide ? L’homme de l’art répondait : « L'usage de la violence et de l'hystérie serait un calcul très risqué. Face à l’ictérie ma préférence irait plus tôt à la pacifique et douce méthode hypnotique. »

  La méthode hypnotique ?

 

         Nous avons fait quelques recherches à ce sujet. Assez convaincu à cette issue, nous allons en quelques mots vous dire l'intérêt de la chose et les grands avantages qui pourraient en être retirés d’une habile application.

                     

images-2

 

          L'usage de l'hypnose pour convaincre et pour soigner remonte aux premiers chamans, ces prêtres des lointaines sociétés traditionnelles d'Asie et d'Amérique du Sud, prêtres censés communiquer avec le monde des esprits par le recours à la transe, l'extase ou le voyage initiatique.

   Le processus hypnotique crée un état de conscience amplifié modifiant ainsi le champ attentionnel et les perceptions sensorielles, entraînant de ce fait une sensibilité accrue aux suggestions. 

  Il est aujourd'hui repris avec succès dans le traitement de nombreuses affections. Par la création d'une sensibilité accrue aux suggestions et la modification du seuil de perception des douleurs, l'hypnose peut jouer un rôle considérable en thérapeutique. Nous vous en énumérerons quelques applications.

  L'hypno-analgésie peut tout d'abord soulager la douleur, la douleur postopératoire des prélèvements fiscaux, mais également les algies rebelles en rapport avec la baisse du pouvoir d'achat. Elle a également montré son efficacité dans les colopathies fonctionnelles consécutives à l'avalement de couleuvres, dans la fibromyalgie et les cystites à urines jaunes.

  Indication de confort encore, son usage dans les pathologies dermatologiques impactées par le stress social et fiscal, les ictères de toutes sortes, l'eczéma, jusqu'au xanthelasma, terme médical désignant les taches jaunes sur les paupières.

  Certains thérapeutes en préconisent également l'utilisation dans les troubles anxio-dépressifs mal contenus par les antidépresseurs pharmacologiques, troubles notamment liés aux pannes d'ascenseur, social tout particulièrement. Peuvent encore en bénéficier, les troubles du contrôle des impulsions, en particulier celles inclinant à la danse hebdomadaire autour des ronds-points.

 

         Il ya fort à parier que la méthode sera retenue en haut lieu, tant pour le coût modique de sa mise en œuvre que pour les effets attendus.

  Mais attention ! Les spécialistes sont formels. Si l'hypnose est bien connue pour son innocuité – primum non nocere, dit le vieil adage médical – et son absence d'effets secondaires – la fameuse iatrogènie – ses effets sont toujours transitoires et il faut souvent craindre des manifestations liées à la sortie trop rapide de l'état de transe hypnotique.

  À quelques semaines d'une consultation électorale, le risque n'est pas mince. Éviter le bide, peut-être, mais le four nous n'en sommes pas certains. Car cela risque de chauffer et les effronteries de reprendre de plus belle.

                                           

img-0676

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.