Big Brother

Big Brother (Grand Frère) est un personnage de fiction, figure centrale du roman 1984 de George Orwell. Serait-il de retour ?

                                            

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        Big Brother (Grand Frère) est un personnage de fiction, la figure centrale du roman 1984 de George Orwell.

  Chef de parti et donc de l'État d'Océania, sa maxime officielle était « Big Brother is watching on you », ce qui, dans la pratique de tous les jours consistait en la présence de « télécrans » à chaque domicile, télécrans surveillés en permanence par de dévoués séides, on appelle des darmanides.

                                 

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  1984, écrit en 1949, reste toujours aujourd'hui la référence du roman d'anticipation. Son héros, Big Brother, est devenu la figure métaphorique du régime policier quasi totalitaire, de la société de surveillance et de la réduction des libertés. Mort en 1950, Georges Orwell n'a pu voir l'année 1984, encore moins celle de 2020. 1984 préfigurait-il pourtant 2020 ?

                                     

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          En pleine polémique autour du projet de Loi Sécurité Globale, projet confronté à une large opposition citoyenne soucieuse des libertés publiques, viennent de paraître au JO plusieurs décrets ouvrant de nouvelles possibilités de fichage des populations.

  Ils portent sur la réforme de fichiers gérés par la Police Nationale et relatifs à la prévention des atteintes à la sécurité publique. Jusqu'ici étaient conservées dans ces fichiers « les informations concernant les personnes dont l'activité indiquait qu'elles pouvaient porter atteinte à la sécurité publique et être impliquées dans des actions de violence collective ». (Ces italiques présentes pour signaler le caractère officiel de l'information).

  Nous avons dit activités. Désormais, en vertu de ces nouvelles dispositions, Big Brother est parmi nous, seront également fichées les personnes, non plus en fonction de leur « activité », mais de leurs « opinions politiques, convictions philosophiques ou religieuses et appartenance syndicale ». (Idem pour les italiques).

 

         Une question se pose : sous couvert de lutte antiterroriste, le gouvernement est-il devenu un ennemi des libertés publiques ? La loi demeure. Imaginons l'usage que pourrait faire de ces nouveaux fichiers un autre gouvernement, pressenti lui comme encore plus extrémiste.

                              

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La CNIL (Commission Nationale Informatique et Libertés) dont l'avis n'a pas été retenu dans l'élaboration de ces décrets, tire la sonnette d'alarme, préoccupée par l'étape suivante, l'alimentation de ces fichiers par les systèmes de « reconnaissance faciale ».


         Reste à s’interroger sur les raisons d’un tel acharnement. Probablement peu porteur sur le plan électoral et même vraisemblablement contre-productif, à 18 mois d’une échéance majeure. Que cherche donc le pouvoir en place ?

  L’hypothèse la plus plausible serait que l’immense tâche de déconstruction de l’État Social à la française qui reste encore à mener pour ce gouvernement et ses successeurs nécessite le flicage et la mise au pas de toutes les oppositions politiques, syndicales et citoyennes. Il ne sera pas simple, la rue va gronder, de poursuivre le démembrement du système de retraite par répartition, de la Sécurité Sociale basée sur la cotisation, ce salaire différé, du principe même du service public. De tout ce qui porte encore en germe le principe d’une société basée sur le Commun.

  Nous saluerons le dévouement d’Emmanuel qui, risquant le désaveu électoral, fait malgré tout le job pour lequel il a été sélectionné. À moins qu’il ne s’agisse d’une tactique des plus subtiles : amener à revoter Macron pour éviter qu’un dangereux populiste ne s’empare des dangereuses lois du même Macron.

 

          Mais revenons au flicage généralisé. Et ne restons pas sûr cette inquiétante impression. Adoptons plutôt une positive attitude.La Sécurité représente une manne financière importante. D'ici à 2022, le marché mondial de la reconnaissance faciale devrait générer 8 milliards d'euros de revenus et gonfler significativement le PIB. 

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