Le syndrome du bébé secoué

Nous sommes aujourd’hui, par ce frisquet après-midi de Janvier, réfugié à la douce chaleur de son salon, au Café des Deux-Magots, à Saint-Germain-des-Prés.

( Les Deux-Magots - 6, place de Saint-Germain-des-Prés - Paris 6° )

                          

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           Nous sommes aujourd’hui, par ce frisquet après-midi de Janvier, réfugié à la douce chaleur de son salon, au Café des Deux-Magots, à Saint-Germain-des-Prés, bien loin de la vile multitude des rond-points de nos campagnes, en compagnie de la regrettée Laurence Pernoud. Laurence Pernoud, la célèbre puéricultrice, celle de J’élève mon enfant, trop tôt arrachée à l’affection de ses proches, il y a maintenant 10 ans. 

                               

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   Si nous interrogeons aujourd’hui la papesse de la puériculture, c’est après avoir pris connaissance de sa communication très remarquée il y a quelques jours aux Journées Françaises de Pédiatrie ouvertes au Palais des Congrès de la Porte Maillot. Communication à destination du grand public, à propos d’une affection en grande recrudescence, le Syndrome du bébé secoué

 

            Bonjour Laurence Pernoud. Permettez-nous tout d’abord de vous féliciter quant à l’opportunité de votre passionnante communication à propos de cette violence faite aux enfants, violence trop souvent méconnue, à laquelle le corps médical a donné maintenant ce nom si prosaïque, le Syndrome du bébé secoué. Qu’en est-il exactement ? Qu’est-ce que le syndrome du bébé secoué ? 

              

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  Merci cher ami pour votre si opportune curiosité à l’égard de ce syndrome en réalité beaucoup plus fréquent qu’on ne le croit. Même si celui auquel nous assistons tous les samedis depuis près de deux mois, est maintenant bien identifié, la fréquence de ce type de maltraitance est encore largement sous-estimée.

                        

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  Le syndrome du bébé secoué se produit lorsqu’un adulte, le plus souvent revêtu d’un gilet, secoue brutalement un jeune enfant ou un jeune président en le tenant par le tronc ou les épaules. Lorsqu’un bébé est secoué, sa tête, proportionnellement beaucoup plus lourde que celle d’un adulte, alors que ses muscles du cou sont plus faibles, sa tête ballotte de façon importante. Là est le danger ! Le cerveau du bébé est en effet mou et fragile, et les secousses sont dangereuses car elles peuvent le faire enfler – ceci, nous le savions déjà – mais également le faire saigner. 

 

           Laurence Pernoud, comment peut-on reconnaître les symptômes de cette maltraitance ? 

   Ils ne sont pas toujours évidents, tant le bébé ou le président cherchent souvent à donner le change. Mais doivent alerter, la somnolence et le retard à prendre la parole, l’irritabilité du propos, quelques fois aussi une véritable léthargie ou inversement, l'arrogance à propos de tout et de rien. 

   Attention, ce type de maltraitance peut avoir de considérables effets fâcheux sur le développement de l’enfant ou du président, nous voulons dire sur l'avenir de son quinquennat. Difficultés d’apprentissage, difficultés à tirer les leçons, troubles cognitifs et dénégations, jusqu’à la cécité et la surdité, certains médecins désignant ces deux symptômes comme analogues à celui d’un adulte bunkérisé.

                                  

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           Laurence Pernoud, quelles sont les causes habituelles à l’origine d’une telle maltraitance de la part des adultes, parents ou proches ?  

   Les pleurs persistants sont en général ce qui amène l’adulte à secouer l’enfant dont il a la charge. Mais pas seulement. Certains comportements de l’enfant, comme celui consistant à ne pas vouloir rétablir l’ISF, peuvent entraîner la colère de l’adulte, lequel ne parvient plus à contrôler ses émotions et ses gestes. Peuvent également augmenter le risque de ce type de passage à l’acte, certains facteurs comme les difficultés financières et la baisse du pouvoir d’achat, la précarité au travail, voire même la chose assez banale que constitue une hausse des taxes sur les carburants. 

 

         Laurence Pernoud, comment prévenir ce type de maltraitance ? 

   Évidemment, le plus simple et cela aurait valeur de symbole serait que l’enfant rétablisse l’ISF, ou au moins en manifeste l’intention. Pour un enfant d’à peine 18 mois, cela paraît malgré tout difficile. 

   Mais s’il y parvenait toutefois, dans ce cas, il conviendrait de le déposer soigneusement, non pas de ses fonctions, mais dans son berceau et de quitter sur la pointe des pieds la chambre présidentielle. Surtout, attendre soi-même d’être calmé, avant de le reprendre dans ses bras. 

   Par contre, si l’enfant vous paraît toujours aussi récalcitrant, je veux dire fiscalement parlant, le mieux est de demander pour sa garde l’aide d’une personne de confiance. Mais attention, pas de nounou, surtout en gilet jaune, en qui vous n’auriez pas confiance. 

                                    

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