(De notre envoyé spécial Jean Casanova - Barcelonnette - Alpes-de-Haute-Provence 30 Mars 2015)
C'est toujours à Barcelonnette où se poursuit l'enquête de l'AAC (Agence de l'Aviation Civile), enquête non plus sur les causes de la catastrophe de la Germanwings, la low-cost de Lufthansa, mais celle destinée à rassembler les éléments qui serviront de base aux procédures assurancielles d'indemnisation des familles des victimes, longue et pénible séquence qui s'étalera sur plusieurs mois, voire plusieurs années, à Barcelonnette donc, que nous surprend l'annonce de David Puggada, sur Antenne 2, au soir de ce 29 Mars : « Désastreuse loi des séries ». (Toujours inimitable, David, quand il s'agit du poncif sensationnaliste). Nouveau crash aérien : celui d'un Airbus 380 gros porteur de la Solferinian Airlines s'écrasant sur la Cordillère des Urnes avec 1200 conseillers généraux à son bord. Aucun survivant parmi eux.
Péripétie extraordinaire et qui va simplifier la tâche des enquêteurs, le pilote et le copilote ont pu s'éjecter à temps, au moment de la chute de l'appareil dont, pour le moment, tout indique qu'elle n'est pas accidentelle, la procédure descente-pilotage automatique ainsi que le verrouillage intérieur du cockpit ayant été programmés par les deux hommes avant d'actionner leur siège éjectable au-dessus de la fameuse Cordillère des Urnes bien connue pour ses sommets aigus et ses arêtes tranchantes.
Les deux pilotes viennent d'être retrouvés et hélitreuillés sains et saufs par les hommes du peloton de Gendarmerie de Haute Montagne et transférés au Centre Hospitalier de Digne-les-Bains, où a été mis en place une cellule d'assistance psychologique. Première information et de taille : ils ne sont pas barbus et dans leurs antécédents de vols, il n'est fait aucunement mention des destinations La Mecque ou Djeddah. Un pan entier de l'habituelle élucubration médiatique s'écroule et c'est tant mieux.
C'est la consternation générale et l'incompréhension la plus totale, car comme je vous l'indiquai, tout concorde, à ce stade de l'enquête, pour affirmer que c'est volontairement que les deux hommes ont crashé leur appareil dans un gigantesque jeu de casse-pipe pour les 1200 infortunés conseillers généraux qu'ils avaient embarqué à l'escale précédente, témoignage de l'employé de la passerelle mobile à vérifier, avec les mots d'accueil suivants : « Montez à bord, puisque vous êtes de notre bord ! » Formule machiavélique qui, pour certains enquêteurs, accréditerait la thèse de la préméditation.
Et ce d'autant plus, la boîte rose de l'appareil ayant déjà parlé, que c'est en toute connaissance de cause que ces deux pilotes expérimentés avaient tracé le cap de l'appareil, négligé les alarmes sociales automatiques dont ils avaient verrouillé les émissions, rudoyant le reste de l'équipage avec des formules péremptoires telles que « il n'y a pas de cap plus à gauche », « tout à droite, c'est bon ». Les enregistrements des conversations à l'intérieur de la carlingue, bien avant que l'appareil n'ait pris sa dernière et fatale trajectoire, nous font entendre les habituels cris au loup bien connus de ces dernières semaines des deux pilotes ainsi que les cris d'apeurement d'une partie des passagers, apeurement en grande partie simulé ont indiqué les experts en phonologie consultés. Ce n'est qu'au moment du décrochage de l'appareil, probablement à la vue des aiguilles acérées du Massif des Urnes, que l'épouvante, à l'audition des enregistrements, semble avoir vraiment saisi les malheureux conseillers généraux.
Autre élément problématique pour la suite de l'enquête, les soignants de la cellule d'assistance psychologique n'en croient encore pas leurs yeux, l'extrême décontraction apparente des deux hommes dont la confidence de l'un à son comparse aurait été surprise par une des psychologues : « Tu vois, c'est sans danger ! On refait le coup dans six mois avec les conseillers régionaux. »
Bien entendu, chers lecteurs, au moment où tout ceci s'écrit, rien n'atteste la responsabilité pleine et entière des deux hommes dont l'anonymat est encore protégé, François H… Et Manuel V… Leur mise sous mandat de dépôt devrait être prononcée dans les heures qui viennent, plus pour les protéger des menaces proférées par les familles des disparus que pour entériner leur responsabilité et donc leur culpabilité.
De longues expertises psychiatriques sont à prévoir dans les prochaines semaines, à l'issue desquelles seront prononcées l'irresponsabilité et l'internement ou la responsabilité et la comparution devant les Assises du Suffrage Universel.
Les supputations et les commentaires vont actuellement bon train, on le comprend vu l'énormité de la chose. Certaines langues se délient aujourd'hui, affirmant la plus que prévisibilité de l'événement, véritable passage à l'acte impulsif et rappelant que les deux hommes avaient déjà plus que cassé du bois, il y a un an, lors d'un transport de conseillers municipaux.
En argot aéronautique militaire, casser du bois : endommager l'appareil à l'atterrissage.
Personnalités à la structure névrotique et narcissique, aurait affirmé un psychiatre ayant déjà connu et suivi quelques cas au dénouement aussi dramatique, et nous confiant : lorsque de telles personnalités apparaissent soudainement aussi sereines, après une grande période d'anxiété, cela ne doit pas rassurer, mais alerter ; le passage à l'acte a été décidé. Et c'est bien ce que semblent montrer l'emploi du temps et l'agenda des deux hommes ces dernières semaines : épisodes de fébrilité avec un pic à 49°3, mains tremblantes, propos incohérents (j'ai peur, mais je n'ai pas peur) pour le premier, M.V, forte attirance du second, F.H, pour les cérémonies dans les cimetières, le tout suivi ces derniers jours par l'affirmation de la béatitude et du quoi qu'il arrive, nous ne changerons rien.
Dégât collatéral immense et dont toute la mesure n'a pas encore été prise. La disparition des 1200 conseillers généraux, de braves gens pour la plupart et qui n'avaient pas fondamentalement démérité dans l'exercice de leurs fonctions à l'échelle des départements : aide sociale, protection maternelle et infantile, construction et entretien des collèges, prévention spécialisée, aides aux communes, enseignement artistique et entretien du patrimoine architectural et muséal…
Leur remplacement sera assuré dans de nombreux départements par des revanchards ou des ethniques qui avaient mené campagne ces dernières semaines sur le thème de la lutte contre les gaspillages et le mono-menu dans les repas de cantine. Quant au gaspillage, pourquoi pas et comment ne pas les entendre, sauf qu'à leurs yeux, le plus grand gaspillage s'appelle action sociale, leur prédilection étant la concession d'activités publiques à des entreprises privées lucratives.
Ce sera notre conclusion, couches populaires et monde du travail au sens le plus large, 99 % c'est mon estimation, ce crash, même s'il ne vous endeuille pas personnellement, aura de néfastes conséquences pour votre vie de tous les jours.
Ce n'est pas mon propre conseil, je suis astreint à la réserve, mais celui d'un ami, conseil dont vous noterez tout de suite le caractère partisan : à l'avenir n'affrétez plus et ne voyagez plus sur Solferinian Airlines. En langage populaire, les pilotes sont loin d'être clairs, même si les stewards sont bons garçons et les hôtesses accortes. Adoptez aux prochaines échéances la FDG Airlines, dont la visibilité médiatique est certes moins grande, allez savoir pourquoi, mais dont les équipages n'ont jamais failli dans les responsabilités que vous leur confiez.