J-J Charbonnier : "Les démonstrations scientifiques ont anéanti toutes les croyances"

Lors de cette interview, le Docteur Jean-Jacques Charbonnier nous dira pourquoi il préfère l’appellation “expérience de mort provisoire” à “expérience de mort imminente” et nous aidera à mieux comprendre ces expériences et hypothèses qu’il a émises sur l’existence d’une double conscience : analytique et intuitive extra-neuronale...

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Après avoir obtenu un doctorat en médecine en 1980, Jean-Jacques Charbonnier a exercé au SAMU (service d'aide médicale urgente) dans le cadre d’un stage entre 1980 et 1982. Ainsi, lors de l'une de ses premières gardes, ce jeune médecin a assisté pour la première fois à une mort “en direct” et a aperçu très clairement “une présence palpable” quitter le corps du blessé. Cette expérience transforma pour toujours le Dr. Charbonnier “de la même manière que peuvent l’être des personnes qui ont vécu une expérience de mort imminente”. C’est ce qui l’a conduit à devenir médecin anesthésiste-réanimateur, à se consacrer aux recherches sur le fonctionnement de la conscience et à étudier les expériences de mort imminente ou provisoire. Lors de cette interview, le Docteur Jean-Jacques Charbonnier nous dira pourquoi il préfère l’appellation “expérience de mort provisoire” à “expérience de mort imminente” et nous aidera à mieux comprendre ces expériences et hypothèses qu’il a émises sur l’existence d’une double conscience : analytique et intuitive extra-neuronale...

- Quand a été votre première rencontre avec les expériences de mort imminente (EMI) ?  Et qu'est ce qui vous a mené à les étudier ?

À la fin de mes études de médecine, alors que je m’apprêtais à devenir médecin généraliste, j’ai vécu une expérience particulière lors d’un stage que j’effectuais au SAMU (service d'aide médicale urgente); j’ai perçu très nettement le départ de l’esprit du blessé et je n’étais pas parvenu à le réanimer... Cette expérience que certains appellent «expérience de mort partagée» à changer ma vie, ma compréhension de la mort et m’a conduit à devenir médecin anesthésiste-réanimateur et à consacrer une bonne partie de ma vie aux recherches sur le fonctionnement de la conscience.

- Pourquoi préférez-vous l’appellation "expérience de mort provisoire (EMP)" à "expérience de mort imminente (EMI)" ?

Nous savons depuis une étude publiée en mars 2001 par les professeurs Visser Wienecke, Devries et Bakker dans le journal de neurophysiologie américain que 15 à 20 secondes après un arrêt cardiaque, l’activité électrique corticale cérébrale devient nulle : ceci correspond à ce que l’on appelle une mort clinique. La définition médicale de la mort clinique est très précise : elle correspond à un EEG (électroencéphalogramme) plat. À ne pas confondre avec la mort cérébrale qui est une mort clinique qui en se prolongeant devient irréversible. Et comme il faut, en général, plus de 20 secondes pour faire repartir un cœur arrêté, on peut en conclure que les expériences vécues pendant les arrêts cardiaques sont vécues pendant une mort provisoire avec un cerveau qui ne fonctionne plus. Il faut donc parler d’Expérience de Mort Provisoire : EMP et non EMI. Depuis environ à peine une petite trentaine d’années les réanimateurs utilisent un nouveau terme médical la ressuscitation (et non la résurrection) pour désigner ces retours à la vie après un arrêt cardiaque. Et pour parler de « retour » à la vie, il faut admettre que celle-ci était bel et bien partie (CQFD)1

- Comment définiriez-vous une expérience de mort imminente ou “cette chose” (titre de l’un de vos livres) ? Et pourquoi est-il si difficile de définir ce phénomène ?

L’Expérience de mort provisoire (EMP) est la mémorisation d’informations se produisant lors d’une expansion de conscience. Cette expansion de conscience se produit chaque fois que le cerveau réduit son activité de filtre et de trie réducteur. Ce phénomène est moins difficile à comprendre et à définir si on accepte le modèle que je propose sur le fonctionnement de la conscience mais il devient tout simplement impossible si on reste dans le dogme actuel du cerveau «sécréteur de conscience»

- Pouvez-vous nous donner un modèle type d'une expérience de mort imminente ?

Classiquement, les personnes qui vivent une EMP (expérience de mort provisoire) disent assister à leurs manœuvres de réanimation comme si elles étaient en dehors de leurs corps. Elles ont également la possibilité de voir des scènes qui se déroulent à très grande distance de leurs corps et de lire par télépathie les pensées des gens qui les entourent. Elles passent ensuite dans un tunnel au bout duquel elles pénètrent dans une lumière d’amour inconditionnel où elles reçoivent un enseignement : “il faut apprendre à aimer et à pardonner”. Elles se trouvent parfois plongées dans leur futur ou leurs vie futures, ainsi que dans leur passé ou même leurs vies passées. Elles comprennent que tout est juste et que nos épreuves terrestres sont là pour nous faire progresser. Elles rencontrent des défunts (famille ou amis) mais aussi les animaux qui les ont accompagnés. Il y a aussi souvent décrit une rencontre avec un être de lumière assimilé à Dieu, avec des anges ou avec des guides spirituels. En général, les expérienceurs n’ont pas envie de revenir dans leur corps physique, si bien que le retour à la vie est douloureux et nostalgique.

Au cours de vos recherches, vous avez rencontré plusieurs cas d'EMI, quels sont les témoignages qui ont le plus attiré votre attention ?
Ce sont ceux qui contiennent des informations vérifiables qui ne pouvaient pas être connues au moment de l’expérience. Par exemple Jean Morzelle qui donne la description bien précise d’une plaque située sous la table d’opération sur laquelle il est installé, Eben Alexander qui pendant son EMP voit une jeune femme qu’il ne connaît pas et apprend bien plus tard qu’il s’agit de sa sœur biologique décédée en la reconnaissant sur une photo, Pamela Reynolds qui décrit les instruments chirurgicaux et les temps opératoires de son  cerveau exsangue placé en hypothermie. Les trois cas que je viens de citer sont les plus célèbres mais il y en a des dizaines d’autres que l’on pourra découvrir dans mes livres.

Je ne comprends pas pourquoi vous continuez à parler d’EMI alors que je dis depuis le début de cet entretien qu’il faut remplacer le terme EMI par EMP (rires)

- Par définition, la mort est un phénomène biologique irréversible. Pourtant, les expérienceurs sont réanimés par le soin des médecins anesthésistes-réanimateurs. Pouvons-nous dire que les expérienceurs aient été réellement morts pendant une EMP? Et partagez-vous cette définition de la mort ?

La mort clinique n’est plus irréversible puisque l’on sait depuis peu refaire partir des cœurs arrêtés. Par contre, la mort cérébrale est aujourd’hui irréversible car les réanimateurs ne savent pas réanimer des cerveaux. Rien ne nous dit que cela ne sera pas possible un jour. On parvient à greffer des coeurs mais pas des cerveaux. Si le concept de conscience intuitive extraneuronale (CIE) que je propose est juste, une personne greffée avec un nouveau cerveau se réveillera avec une mémoire et une personnalité intacte et non avec la mémoire et la personnalité du donneur. La définition de la mort comme non retour à la vie est variable en fonction des progrès de la réanimation. Il y a cinquante ans, quand un médecin constatait un arrêt cardiaque il signait un certificat de décès et déclarait la mort réelle et constante de la personne. Aujourd’hui, on utilise des défibrillateurs cardiaques et la mort clinique est souvent provisoire.

- En quoi le phénomène de l’EMP a-t-il changé votre perception de la vie, de la mort et de l'après-vie, si après-vie il y a ?

Dans toute l’histoire de l’humanité, c’est la première fois que certaines personnes peuvent revenir d’une mort clinique. J’ai collecté des centaines de témoignages de personnes qui ont connu une EMP. Tous ces récits montrent qu’une vie après la mort clinique avec un cerveau non fonctionnel est possible. Dire qu’une vie après la mort est impossible relève dans ces conditions d’une croyance tout à fait illogique.

Pensez-vous qu’il est du ressort de la science de prouver, à l’aide des EMP, qu’il y a une vie après la mort ?
Les démonstrations scientifiques ont toujours anéanti de façon irréversible toutes les croyances. Quand on a pu démontrer scientifiquement que la Terre était ronde et qu’elle tournait autour du Soleil, la croyance de la Terre plate au centre de l’univers a totalement et irréversiblement disparu. Au moment de cette révélation révolutionnaire, cette croyance était pourtant très forte et tout le monde y croyait. Aujourd’hui, la majorité des gens croient que la conscience est fabriquée par le cerveau. Comme je le disais plus haut, le jour où on parviendra à greffer un cerveau à une personne qui se réveillera avec sa conscience initiale et non pas avec celle du donneur, on aura prouvé de façon définitive et irréversible que la conscience est Extraneuronale et qu’il y a bien une vie après la mort de la matière. D’après les experts cette prouesse médicale pourra se réaliser dans environ une centaine d’années. Les EMP nous mettent sur cette piste mais ce ne sont que des témoignages humains et ne peuvent donc pas être considérés comme des preuves scientifiques.

- Pourquoi le phénomène de l’expérience de mort provisoire est-il toujours considéré par certains comme faisant partie de l’ésotérisme ? Et comment combattre une telle tendance ?

Les faits sont têtus. Les témoignages d’EMP sont avec les progrès de la réanimation de plus en plus nombreux et de plus en plus probants. Les croyants matérialistes qui sont persuadés que le cerveau fabrique la conscience sont désemparés devant tous ces récits qui contredisent leur croyance. Alors, ils préfèrent assimiler les EMP à des phénomènes ésotériques vécus par des menteurs, des fous ou des victimes d’hallucination. Mais cette tendance habituelle va nécessairement disparaître progressivement par la force des choses.

- D’autres considèrent aussi que les EMP sont des expériences hallucinatoires dû à un dysfonctionnement du cerveau…

Admettre cette théorie hallucinatoire du dérèglement cérébral lors de l’arrêt cardiaque est la plus confortable car la moins dérangeante pour nos sociétés matérialistes. Mais elle ne tient pas la route une seconde devant la logique de certains témoignages d’EMP. Par exemple, comment une hallucination donnerait-elle la possibilité de recevoir une information inconnue et vérifiable secondairement ? Comment une hallucination permettrait-elle de rencontrer un défunt inconnu et reconnu ensuite sur une photo appartenant à une personne que l’on n’avait jamais rencontré de sa vie? Comment une hallucination permettrait-elle de décrire une scène se déroulant à des kilomètres de son corps physique ?

- Vous avez émis l’hypothèse selon laquelle il y aurait une double conscience : analytique et intuitive extra-neuronale. Comment en êtes-vous arrivé à prouver leur existence ? Quel est le domaine d’activité de chacune d’elles ? Quelle est la différence entre elles ? Où se situent chacune d’elles ? Et que pourrait expliquer la conscience intuitive extraneuronale ?

La modélisation de la Conscience Analytique Cérébrale (CAC) et de la Conscience Intuitive Extraneuronale (CIE) a été présentée dans une thèse de doctorat en médecine que j’ai dirigée et qui a été soutenue le 15 décembre 2014 par François Lallier à la faculté de médecine de Reims. Cette thèse portait sur l’étude de 118 cas d’EMP et dans la discussion nous avons exposé ce concept nouveau du fonctionnement de la conscience CAC et CIE. La CAC est l’activité du cerveau qui fait le tri des informations reçues par nos cinq sens. La CAC exclue les informations qui ne sont pas conformes à nos apprentissages. La CAC déforme la réalité pour rendre nos perceptions acceptables en fonction de ce que nous avons appris. Tout ce qui est jugé inacceptable par la CAC est supprimé. Par exemple, dans une illusion d’optique la CAC va supprimer certaines lignes incohérentes pour les remplacer par d’autres afin de rendre une image conforme à nos apprentissages. Plus nos apprentissages sont longs, plus la CAC est présente. Les enfants ont donc moins de CAC que les adultes.

La CIE est la source d’informations délocalisée qui nous caractérisent et qui sont captées et traitées par la CAC. La CIE n’est pas produite par la matière ; elle est donc immortelle. Elle peut se relier à d’autres sources d’informations délocalisées. Les informations dissonantes de la CIE sont filtrées et censurées par la CAC car non conformes aux apprentissages. Pendant l’arrêt cardiaque, le cerveau est inactif. La CAC ne fonctionnant plus, la censure ne se fait plus jusqu’au retour à la vie où la CAC se réactive et fait oublier l’expérience dans la plupart des cas; il n’y a que 12 à 18 % d’expérienceurs lors des arrêts cardiaque. La CIE permet de comprendre non seulement l’expansion de conscience vécu lors d’un arrêt cardiaque, mais aussi d’autres phénomènes comme l’intuition, la prémonition, l’inspiration, la médiumnité, la voyance, la vision à distance du corps, la télépathie...On retrouve d’ailleurs toutes ces perceptions dites « extrasensorielles » dans les récits d’EMP.

- Vous avez dit lors d'une conférence à la "Maison de la mutualité" le 4 février 2017 que parmi les personnes qui ont vécu un arrêt ou une mort clinique, seulement 12 à 18% des adultes disent avoir vécu une expérience de mort provisoire contre 65% chez les enfants. Pourquoi une si grande différence ?

Mon concept permet d’expliquer facilement cette différence. Je l’ai dit plus haut, la CAC qui censure les informations de la CIE est moins développée chez les enfants car les apprentissages matérialistes ne sont pas encore en place. Les enfants mémoriseront donc cette expérience beaucoup plus facilement que chez les adultes. La réduction de la CAC chez les enfants explique que jusqu’à l’âge de 7 à 8 ans ils peuvent avoir des perceptions médiumniques, ils jouent avec des amis invisibles et ont des réminiscences de vies antérieures. Ensuite, l’éducation parentale et l’école les formatent pour que leur CAC censure toutes ces informations.

- Pourquoi toutes les personnes qui ont vécu une mort clinique n’ont-elles pas tous vécu une expériences de mort provisoire ?

La Conscience Analytique Cérébrale (CAC) censure les informations reçues dès le retour à la vie. L’expérience est trop dissonante dans nos sociétés matérialistes : la décorporation, la télépathie, le contact avec les défunts, tout cela et le reste est très vite oublié. C’est la même chose quand on se réveille après une nuit de sommeil. On rêve toutes les nuits et plusieurs fois par nuit, et pourtant, à moins de noter dès le réveil les informations données par notre Conscience Intuitive Extraneuronale (CIE) pendant la nuit, il est impossible de s’en souvenir pour une majorité de personnes.

- Les titres des livres, dont les vôtres, qui traitent de la thématique des expériences de mort provisoire repoussent les lecteurs potentiels à cause de leur prétentions de détenir la vérité “La preuve du Paradis”, “La vie après la vie” ou “Les preuves scientifiques d’une vie après la vie”. Ne pensez-vous pas que l’esprit mercantile des maisons d’éditions explique cette tendance ?

Si ces titres repoussaient les lecteurs nos éditeurs ne les auraient pas choisis ! Ils sont précisément choisis pour faire vendre un maximum de livres. Il est normal qu’un éditeur souhaite vendre le plus de livres possibles. Il serait totalement absurde de soutenir le contraire. En France, nous avons un vrai problème avec l’argent. On a tendance à croire que l’argent est forcément malhonnête ou sale. Je ne le pense pas. L’argent est de l’énergie. Il peut également servir à faire de très belles actions.

- En 2012, un colloque a été organisé à la faculté de médecine de Casablanca (Maroc) autour de la thématique des expériences de mort provisoire avec la présence de plusieurs experts des EMP dont Sonia Barkallah et des “expérienceurs” marocains qui ont accepté de témoigner pour la première fois. A quand une conférence une Maroc ?

Je suis très pris. J’ai dû refuser cette même invitation à la faculté de médecine de Casablanca car elle m’a été proposée quelques mois seulement avant sa réalisation. Mon calendrier pour les conférences ou colloques doit se prévoir au moins un an à l’avance. J’irais avec plaisir au Maroc si on me renouvelle cette invitation dans des délais suffisants.

1- L'abréviation CQFD signifie "Ce qu'il fallait démontrer" qui sert de conclusion à une démonstration (dictionnaire Larousse)

Prochainement, nous réaliseront une interview avec le Docteur Jean-Jacques Charbonnier autour du TCH (Trans Communication Hypnotique) sujet de son dernier livre : "Contacter nos défunts par l’hypnose".

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